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Le Fil  (Saint-Etienne)  vendredi 19 octobre 2012

Et si on débutait le week-end par une soirée au Fil de Saint-Etienne ?

Vendredi 19 octobre, le temps lourd, incroyablement chaud, laisse déjà présager que la soirée sera douce. Trois groupes sont à l’affiche ce soir, trois groupes dont les deux premiers partagent un même champ lexical - "Mustang" et "Rover" - coïncidence qui déjà me fait esquisser un sourire, comme une promesse de voyage viril. La salle est loin d’être pleine, je me perds un peu à observer la foule, à palper l’ambiance, la sonder, l’apprécier. Je ne sais pas qui j’attends.

Et trois jeunes hommes entrent en scène, Mustang. La première image qui me frappe : les spots qui se réfléchissent sur la boucle du gros ceinturon. Chemises cintrées, jeans moulants... Dès les premiers accords, je ne suis plus là mais quelque part entre un jukebox et un flipper à siroter un lait fraise en robe à pois aux côtés d’Elvis.

Energique, dynamique, dès la fin de la première chanson je me déhanche. Je me retourne et m’attends à voir la foule danser également, lancer leur partenaire pour un rock endiablé. Certes le public est calme, un peu statique même, mais je sens malgré tout quelque chose d’électrique !

Jean Felzine (chant, guitare, clavier) nous emmène de sa voix veloutée, et les titres s’enchaînent pour du rock aux sonorités des années 50/60. Le clavier à l’accent un peu kitch agrémente le tout d’un ton pourtant moderne. Le jeu de scène participe également à créer ce groove, Johan Gentile (basse guitare) joue aussi bien des mains que des genoux, et l’on sent sur scène que les trois garçons (Rémi Faure, batterie) prennent un plaisir immense !

Les textes sont simples, avec des chansons comme "Le pantalon", "Peut-être" ou "Anne-Sophie", et la simplicité du verbe participe à cette énergie pure, sexy, qui percute et traverse. Je regrette simplement de ne comprendre tous les mots qui parfois sont un peu noyés dans le phrasé langoureux.

Pour clore ce beau moment, les trois Clermontois ont choisi un morceau de leur EP Mustang Reprend, une chanson de Georges Brassens, "Je me suis fait tout petit". Le talent musical se savoure également, on reconnaît les accords, le style et pourtant l’appropriation est étonnante. Les mots résonnent : "Je me suis fait tout petit devant une poupée qui ferme les yeux quand on a la couche" et le texte magique de Brassens prend alors une dimension sensuelle et "croonesque". Un moment atemporel et énergisant avec ce premier groupe charismatique, décapant au goût d’un rétro actuel.

La salle semble se remplir un peu plus, les gens commencent à se masser au bord de la scène. On sent que le groupe le plus attendu va bientôt faire son entrée. Un silence presque religieux envahit le Fil et Rover monte sur scène... emplit la scène.

Thimothée Régnier entonne les premières notes, le son devient matière, palpable et semble sortir du sol. Les nappes de musique transportent, le silence presque mystique de l’assemblée nourrit cette tension. J’ai quitté les années 50, je suis plus loin encore. Le chanteur est charismatique, un géant aux traits fins, chemise noire et veste en velours violet. Il a quelque chose de rococo et dandy à la fois, une touche romantique dans ce que ce mot porte comme émotion, création et sensibilité écorchée. La voix est ronde, enveloppante, maîtrisée, une voix qui surprend, profonde, aux graves suaves et aux aigues d’une douceur angélique. Je me sens bien…

Sur la droite, une jeune femme porte un chapeau sur lequel je peux lire "ROVER" tandis que derrière moi, je vois sur de nombreux visages des sourires béats…

Moment artistique incarné. Le son est puissant, teinté de rock et de pop, cette musique a quelque chose de nostalgique, comme un spleen qui saisit, serre la poitrine et rappelle des instants de son enfance, un goût de paradis perdu.

La salle se réchauffe et le géant de Rover fait glisser le foulard noir et argent qu’il noue sur le pied du micro. Le foulard ondule au rythme du tube "Aqualast" très attendu par le public et reconnaissable dès les premiers accords. On peut d’ailleurs regretter que quelques personnes aient quitté le concert juste après.

Les arrangements sophistiqués de l'ensemble des instruments crée un équilibre harmonieux. Le chanteur parvient à nous émouvoir, les guitares impriment les mélodies dans mon cerveau tandis que la rythmique me séduit et me transporte.

Le temps est presque figé, et pourtant il semble malheureusement s’écouler pour les musiciens qui ne font pas toujours preuve d’engouement pour leur venue Stéphanoise. En effet, on peut être surpris par le public peu nombreux face à ce groupe montant, mais j’avoue avoir été un peu déçue par le manque de présence scénique et de partage de certains musiciens. Le nom des titres ne sera pas prononcé, peu d’interaction avec le public et malgré les applaudissements et les tentatives de rappels, Rover ne reviendra pas sur scène.

Un concert convainquant, musicalement abouti mais qui me laisse sur ma faim et avec une pointe de frustration, sentiment qui, d’après ce que j’entends autour de moi, semble partagé. 

Le public s’amenuise tandis que la scène se prépare à accueillir le dernier groupe. Le nom dénote : We Were Evergreen. Tout de suite un univers se dresse, acidulé, à la fois frais, sucré, un mélange étonnant d’électro et de pop. L’énergie est présente, malgré un public clairsemé, le chanteur vêtu d’une chemise et de chaussures roses ouvre le concert au son du ukulélé avec candeur et peps. Au xylophone et à la sono, une jeune femme à la tunique dorée semble elle aussi traversée par ces mélodies colorées, accompagnée par le guitariste à la mèche folle.

Ce trio hors du commun partage une même spontanéité, et la complicité musicale qu’il dégage est plaisante à partager. La musique devient ludique et prend une allure de conte. Je me laisse entraîner, et malgré la fatigue qui commence à se faire sentir le groupe parvient à me faire bouger encore.

Nous avons le plaisir de découvrir plus longuement la voix chaude et suave de la chanteuse pour un titre "Eighteen" qu’elle accompagne à l’harmonica, puis comme le dit le chanteur avec humour, afin de se caler sur la thématique de la soirée ils proposent au public une dernière chanson "Vintage car".

Le concert se termine comme il a commencé, dans l’énergie et la bonne humeur avec une batucada enflammée qui nous laisse un goût de liberté retrouvée.

00h20. Le public peu nombreux quitte le Fil et tandis que je savoure le vent chaud, je songe que le week-end a bien débuté, la soirée a été douce avec des beaux moments musicaux et des groupes éclectiques.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Rover
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Le site officiel de Mustang
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Le site officiel de We Were Evergreen
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Crédits photos : Eric Ségelle (Toute la série sur Taste of Indie)


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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
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