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puce Ben Gibbard - Aaron Espinoza
Café de la Danse  (Paris)  mercredi 5 décembre 2012

Public conquis à Ben Gibbard. En attendant, la première partie est assurée par Aaron Espinoza, leader du groupe Earlimart, en solo également. Accompagné d’une guitare et de pédales de loops et d’effets, on se perd un peu dans tout ça et le public n’y est pas, à part les connaisseurs qui apprécient le troisième morceau, "Heaven Adores You", hommage à Elliott Smith. Malgré tous ces effets, il lui manque tout même une énergie de groupe. Aaron parle beaucoup de son ami Ben Gibbard, qu’il supplie de revenir vivre à Los Angeles pour qu’ils se voient plus. Moi aussi, j’aimerais le voir plus…

Après un changement de plateau de 20 minutes, Ben Gibbard entre en scène à 21h. Il ouvre le bal avec "Shepherd’s Bush Lullaby" qui ouvre également son album solo Former Lives, a capella dans les deux cas. Ecoute religieuse à la première seconde.

Il poursuit avec deux morceaux du même album, "Lily" et "Oh Woe" et donne la note de ce soir : il jouera seul avec une guitare, sans effet. Un piano noir derrière lui, j’attends impatiemment le moment où il y prendra place.

Ben Gibbard est certes là pour promouvoir son album, mais il n’en oublie pas moins les fans de la première heure, autrement dit, les fans de Death Cab For Cutie et de The Postal Service, en offrant "Such Great Heights" que certains entonnent déjà.

Vient ensuite le sublime "Willamine" de l’album One Fast Move or I’m Gone (2009), collaboration avec Jay Farrar pour un film documentaire du Jack Kerouac. Retour en 2003 avec "Title & Registration" de l’album Transatlanticism. Ben annonce ensuite une chanson sur l’insomnie, "Dream Song" extraite de Former Lives, et réalise qu’il a écrit beaucoup de morceaux sur ce thème.

Puis il y a "Cath" et "Grapevine Fires", parmi les meilleurs morceaux de l’album Narrow Stairs, avec entre les deux "When The Sun Goes Down On Your Street", chanson qui n’est pas sortie sur CD. Poursuite de la promo de son album solo avec "Lady Adelaide" qui n’a toujours pas trouvé l’amour et "Something’s Rattling", originairement "Cowpoke", un vieux standard de la musique country dont Ben changé les paroles. Il en plaisante même : "Les cow-boys sont si Américains !". S’ensuit "One Fast Move or I’m Gone" et Ben quitte provisoirement sa guitare pour s’installer au piano. Enfin !

Et ça en valait la peine, à commencer par un des plus beaux morceaux de Death Cab For Cutie, "Passenger Seat" (sur l’album Transatlanticism). Seul à la guitare ou au piano, il a une présence et une énergie folles, je ne ressens même pas le manque d’autres musiciens. Quelqu’un du public tente de taper ses mains en rythme mais Ben en est presque perturbé. Il est également très agréablement surpris par le public assis en tailleur dans la fosse et très attentif (je pense qu’une trentaine de personnes est repartie avec un torticolis, ce soir).

L’interlude piano se poursuit avec "Duncan Where Have You Gone" de Former Lives, "Unobstructed Views", seul titre de la soirée extrait de Codes and Keys, le dernier opus de Death Cab For Cutie. Ben aime bien faire des reprises. Si, il y a quelques années, il surprenait au second degré avec Avril Lavigne ou Cyndi Lauper, c’est plus sérieusement qu’il interprète "Linger On Pale Blue Eyes" du Velvet Underground. La partie piano se termine avec "Soul Meets Body" (Plans). Ben reprend alors la guitare et pris soudain d’autodérision, se moque de sa chemise à carreaux  (et de celle de son prédécesseur sur scène) : "Avec nos chemises, on croirait qu’on fait partie d’un groupe de reprises de Neil Young. J’aime beaucoup Neil Young, je pourrais être dans le Crazy Horse, mais je serais le mec conservateur de Crazy Horse. Mais j’y peux rien, c’est mon style".

"Teardrop Windows" (Former Lives), "Crooked Teeth" (Plans) et "The District Sleeps Alone tonight" (The Postal Service) finissent cette première partie. En revenant, Ben parle de son amour pour Paris et est ravi d’en faire la dernière étape de cette tournée européenne avec Aaron Espinoza, mais est frustré de n’avoir vu que des trains et des gares s’enchaîner. On peut prendre "You Remind Me of Home" (Home EP) pour soi, tellement il a l’air de se sentir bien.

Après le drôle "Hard One to Know" (Former Lives), Ben se prend les pieds dans le tapis en essayant d’annoncer le titre suivant : "Le prochain morceau parle de… Hum. Je suis un très grand fan de Simon & Garfunkel, j’ai tous les albums, des enregistrements lives… et à chaque fois on voit Art Garfunkel qui parle des chansons et les explique alors qu’il n’a jamais rien écrit. C’est Paul Simon qui a tout fait ! Mais j’aime bien Garfunkel quand même. Bref, j’essaie de vous présenter un morceau en vous expliquant ce que faisait un autre gars… je devrais me taire". Et il fait bien de se taire vu ce qui suit : un troisième morceau de The Postal Service, "Recycled Air" sur lequel certains fans chantent le "papapapapapapapa…".

On termine avec le tube attendu de l’album Plans, "I Will Follow You Into the Dark". Le public est tellement à l’écoute que personne n’ose chanter réellement. Tout le monde chuchotte et c’est assez plaisant ainsi (en plus de nous épargner les voix fausses). C’est vraiment fini cette fois, une standing ovation ne le fera pas revenir, mais le rendez-vous est déjà pris pour plus tard. Pour ceux qui y prêtent attention, il a repris du poids, s’est coupé les cheveux comme avant. Il n’a pas repris ses lunettes mais le divorce lui va bien.

Je ressors des étoiles dans les yeux, et les quelques frissons qui me parcourent encore le corps n’ont rien à voir avec l’hiver parisien. Merci Monsieur Gibbard. See you soon !

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Treble & Tremble de Earlimart

En savoir plus :
Le site officiel de Ben Gibbard
Le Facebook de Ben Gibbard
Le site officiel d'Earlimart
Le Myspace d'Earlimart
Le Facebook d'Earlimart

Crédits photos : Jasmina Vulic


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