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Théâtre de la Colline  (Paris)  février 2013

Comédie dramatique d'après la pièce éponyme de Ferdinand Bruckner, mise en scène Richard Brunel, avec Cécile Bournay, Angélique Clairand, Clément Clavel, Murielle Colvez, Claude Duparfait, François Font, Mathieu Genet, Marie Kauffmann, Martin Kipfer, Valérie Larroque, Sava Lolov, Claire Rappin, Laurence Roy et Thibault Vinçon.

À l’époque de l’Allemagne de Weimar, Ferdinand Bruckner a été un auteur de théâtre plus célèbre que Brecht.

En découvrant l’une des ses pièces les plus ambitieuses, "Les criminels", on comprend cet engouement, notamment dans un premier acte qui tente une écriture polyphonique suivant simultanément plusieurs intrigues qui s’interpénètrent parmi les habitants d’un même immeuble, miné par les conséquences sociales et psychologiques de la violente crise économique allemande du début des années 1920.

Sans doute, sera-t-on aujourd’hui moins concerné par le deuxième acte, qui reprend le même principe de l’unité de lieu associé à une pluralité d’actions, mais qui se déroule dans un endroit qui rend toujours redondante la théâtralité : le prétoire d’un tribunal.

On retrouvera dans le troisième acte l’immeuble du premier, mais pour y découvrir avec une tension plus vive ce que sont devenus les principaux accusés qui viennent d’être jugés "criminels" ou exonérés de toute responsabilité.

Il est indéniable que Richard Brunel et ses quinze comédiens ont fourni un travail de titans pour coordonner cette pluralité d’actions et de personnages et les animer sur le plateau d’un théâtre. Richard Brunel a choisi une scène circulaire dans laquelle on peut voir évoluer les différents protagonistes, le "manège" tournant sur une action pour repartir très vite vers une autre.

En presque trois heures, Richard Brunel retranscrit ainsi l’univers de Ferdinand Bruckner, le fait mieux comprendre et en montre indirectement les limites. Car la vision du monde de Bruckner paraît plus datée que celle de Brecht en confrontant frontalement les individus aux institutions, en ne leur promettant aucune forme de transcendance, ni en exaltant le combat social et la lutte contre les puissants.

Le héros de Bruckner est seul face à son destin, seul face à son oppresseur immédiat et n’est à la recherche d’aucune solidarité organisée.

Au final, on retiendra de cette "superproduction" l’astucieuse scénographie d’Anouk Dell’Aiera qui se sort de ce dispositif circulaire en multipliant et en variant bien les effets qu’il induit, bien aidée en outre par les très beaux contrastes entre les ombres et les lumières concoctées par David Dubrinay.

On répétera que l’ensemble aurait pris plus de relief en élaguant dans ce second acte trop didactique, trop académique et très difficile à redynamiser. On soulignera enfin l’ambition louable de Richard Brunel qui a cherché à monter une pièce qui paraissait sur le papier impossible à monter dans les conditions de production actuelle. Incontestablement, il y a réussi.

C’est désormais au spectateur de dire si cette résurrection des "Criminels" de Ferdinand Bruckner était ou non une ardente nécessité.

 

Philippe Person         
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