Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce La tour de la Défense
Vingtième Théâtre  (Paris)  février 2013

Comédie de Copi, mise en scène de Thomas Ress, avec Ayouba Ali, Virginia Danh, Guillaume Ferrandez, Franck Jouglas, Nicolas Phongpheth et Romain Sandère.

Quelle bonne idée d’en revenir à Copi ! Et de le faire avec conviction, avec finesse et sérieux. Car Thomas Ress et ses comédiens, une véritable troupe, ne se permettent pas la facilité du second degré.

Le metteur en scène fait vivre le crescendo de cette réunion improbable au treizième étage d’une tour de la Défense pour un Réveillon de la Saint Sylvestre qui commence dans le peu conventionnel, se poursuit dans le saugrenu pour finir dans le feu, le sang, le drame le plus insupportable, mais aussi par la naissance d’un bel amour.

On est ici au cœur des années 1970, celles de la contre-culture, des combats pour la différence. Souffle l’esprit pré et post-soixante-huitard, celui d’Hara-Kiri et de Charlie-Hebdo, frémit le théâtre d’Arrabal, la démesure du cinéma de Jodorowski et le rire tonitruant des dessins de Roland Topor.

On est aussi avant la triste "invention" du Sida. Les mœurs sont entravées, mais ceux qui osent jouir sans entrave peuvent aller jusqu’au bout du désir et du plaisir.

C’est le cas chez Copi, Argentin parisien dont les dessins et le théâtre sont peuplés d’homosexuels et de travestis en quête d’amour ou de cri d’amour. Chez Copi, rôde le fantastique, tournoie l’absurde, avec une morale subversive très simple : avant tout, il faut rire de tout.

Thomas Ress réussit parfaitement à retransmettre cette ambiance qu’on aurait crue désormais bien éloignée des préoccupations du jour. Sa réussite s’explique d’abord parce que l’action se déroule dans l’intérieur très moderne d’un appartement des années 1970 qui n’est pas surchargé d’éléments design de l’époque qui en ferait quelque chose d’un mauvais goût kitsch ou daté.

La scénographie travaille d’abord sur la fluidité des personnages et de leurs mouvements aberrants dans ce grand appartement : les boas et les mouettes peuvent y surgir à tout moment, ils y seront accueillis et intégrés sans problème dans la salle de bains ou dans la cuisine. Quant aux landaus, ils s’y déplacent sans heurts et au-delà du malheur.

Dans cet univers où l’on mange beaucoup et toutes sortes de mets, il y a surtout l’exaltation de l’insatiable appétit de personnages qui ne sont pas les simples caricatures qu’on attend.

Presque contemporaine d’une pièce où le Père Noël était qualifié d’ordure et les travestis moqués au fer rouge, "La tour de la défense" a, elle, une vraie dose de compassion pour Micheline, son travesti, et évite toute dérision malsaine. Copi ne se moque jamais de ses personnages et préfère créer des actions inattendues qui entraînent le rire.

On appréciera tous les protagonistes de ce spectacle vif et jamais vulgaire qui réhabilite une époque anticonformiste dans laquelle personne n’avait à se justifier ni à peser le court et le contre avant de porter sa voix sur scène.

Aujourd’hui encore, en voyant cette farce aussi grinçante qu’émouvante, on découvrira que Copi, en vrai analyste de la société, avait choisi de faire un pied de nez à ce "politiquement correct" qui n’en était qu’à ses prémisses mais dont il devinait déjà les ravages futurs.

"La tour de la défense" est un régal théâtral, un vrai divertissement qui transcende bêtise et méchanceté pour proposer la possibilité finale d’un amour impossible.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 28 février 2021 : Vaccin contre la morosité

Pas encore de vaccin, pas encore d'espoir de voir réouvrir les lieux culturels mais toujours notre sélection pour agiter vos sens et continuer de soutenir les artistes qui en ont bien besoin. Et n'oubliez pas, tous les jours un programme différent sur la TV de Froggy's Delight.

Du côté de la musique :

"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
et toujours :
"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Fanny et Alexandre" d'Ingmar Bergman
"La Fuite !" de Mikhaïl Boulgakov
"King Kong Théorie" de Virginie Despentes
"Les Topor #2 - Prix de l'inattendu" au Théâtre du Rond-Point
"Chantons, faisons tapage" de Thomas Jolly et Laurent Campellone
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"J'aime beaucop ce que vous faîtes" de Carole Greep
"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
"Chers" de Kaori Ito

Expositions :

en virtuel :
"Léon Spilliaert - Lumière et solitude" au Musée d'Orsay
"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des Impessionnismes à Giverny
"Figure d'artiste" au Musée du Louvre
"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
"Le dessin sans réserve" au Musée des Arts Décoratifs
"Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal' à l'Institut du Monde Arabe
"Ivan Navarro - Planetarium" à la Galerie Templon

Cinéma :

at home :
"A la recherche de Vivian Maier" de Charlie Siskel et John Maloof
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Brigades du Tigre" de Jérôme Cornuau
"There will be blood" de Paul Thomas Anderson
"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
"Mishima, une vie en quatre chapitres" de Paul Schrader

Lecture avec :

"Diamants" de Vincent Tassy
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=