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puce Pialat, peintre & cinéaste
Cinémathèque Française  (Paris)  Du 18 février au 16 juillet 2013

Dans sa chronique "Print the legend" , parue dans le numéro des Inrocks du 7 novembre 2012, Serge Kaganski raconte "le jour où on s’est fait engueuler par Maurice Pialat".

Revenant après une première journée d’interview, Kaganski et ses amis se font agonir par le cinéaste barbu et irascible : "Ce qu’on a fait hier était nul, tout est à jeter ! J’espérais que vous me rentreriez dans le lard, mais vous étiez là comme deux fans bêlant d’admiration, ce n’est pas possible !".

Cette scène se passait en décembre 1992 et, en visitant la riche expo consacrée par la Cinémathèque Française à Maurice Pialat, l’on se dit que s’il revenait aujourd’hui sur terre, il aurait peut-être les mêmes mots pour ceux qui ont voulu lui rendre un bel hommage.

Comment Pialat aurait-il supporté qu’on le présente comme un cinéaste admirable, un grand maître du 7ème art ? Aurait-il aimé qu’on le mette sur un piédestal, qu’on retrace son parcours comme un chemin, certes pavé d’embûches et de chausse-trapes, mais conduisant à la production d’une dizaine de films le plaçant au plus haut parmi les cinéastes français ?

Aurait-il toléré qu’on le range dans la "grande Histoire" du cinéma français, entre Renoir et Truffaut ? On ne reprochera pas aux organisateurs de l’exposition "Pialat peintre & cinéaste" - Florence Tissot et Serge Tubiana - d’avoir voulu, voire trop, bien faire. Mais il faudra, à celui qui parcourt cette exposition, avoir dans ses écouteurs imaginaires la voix bourrue de Maurice, sa manière inimitable de chercher des poux partout, pour passer outre la vision d’un Pialat lisse.

Quand, par exemple, on le voit au travail dans des vidéos passionnantes, on a des passages "soft", des propos détendus et pas ces colères homériques qui étaient sa marque de fabrique. On aura ainsi sous les yeux une intéressante répétition d’une scène de "Police " celle où Gérard Depardieu "chauffe "une petite policière surnommée LSD - pour des raisons que l’on laissera découvrir au visiteur.

On en apprendra alors beaucoup sur la "méthode Pialat" pour créer ou recréer son fameux naturalisme. Cependant, on n’aura pas la vérité habituelle, celle que racontent les proches collaborateurs de Pialat, et qui passait par une stratégie de la tension, une tension nécessaire à l’attention de ces acteurs à qui le grand Maurice reprochait leur penchant à la fainéantise, leur manque de générosité dans leur métier qui les conduisait à ronronner dans leur routine.

Pour sortir le grand jeu, il fallait qu’il les bouscule, les provoque… Et ce n’était pas simplement les acteurs qui devaient en prendre pour leur grade. Du producteur au consommateur, Maurice Pialat aimait mettre tout le monde au pied du mur, pas gratuitement, pas par esprit de provocation, mais pour arriver à ce qu’ils s’impliquent dans ce qu’il cherchait, c’est-à-dire ce qui pouvait approcher la vérité cinématographique.

Ce qu’on découvrira dans cette exposiiton, en consultant les cahiers manuscrits de Maurice comme en regardant ses travaux divers, c’est cette perpétuelle recherche qui le hantait. Qu’il soit peintre, acteur, auteur de pièces ou de scénarios, qu’il ait conçu des choses chimériques ou enfin réussi à les mettre en bobines cinématographiques, Pialat cherchait, et même s’il n’était pas toujours satisfait du résultat, trouvait mieux que les autres.

Dans l’exposition de la Cinémathèque, on trouvera aussi de beaux documents comme cette lettre de Simone Signoret, qui avait refusé de jouer dans "La Gueule ouverte" et qui, après avoir vu le film lui confesse : "J’ai bien compris pourquoi je vous avais dit NON. Parce que dans le fond c’est à la mort que je disais non, pas à vous."

Ou cette autre lettre, à propos de "Van Gogh" dans laquelle Godard lui avoue son admiration : "Votre œil est un grand cœur qui envoie courir les files et les garçons, les espaces, les temps et les couleurs, comme d’enfantines bouffées de sang."

On sera aussi touché par ce "cahier de titres" dans lequel Pialat répertorie tous les titres possibles pour "À nos amours : "La reconnaissance du ventre", "Fais-moi sauter sur tes genoux, Papa", "Combien d’heures avaient les jours"; "Les Fossettes de Suzanne"…

Qu’on soit fin connaisseur de l’œuvre de Pialat, ou qu’on ne le connaisse pas plus que ça, on prendra plaisir à cheminer dans cette expo qui lui est consacrée, même si le Maurice qui s’y dessine est plus consensuel que le vrai…

 

En savoir plus :

Le site officiel de la Cinémathèque Française


Philippe Person         
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