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Jérôme Palteau  mars 2013

Réalisé par Jérôme Palteau. France. Documentaire dramatique. 1h37. (Sortie 20 mars 2013).

À Clairoix, dans l’Oise, le 11 mars 2009 restera à jamais une date historique : ce jour-là, les 1120 salariés de l’usine de pneus Continental reçoivent une lettre de licenciement. C’est le premier acte de ce que Jérôme Palteau appelle "La Saga des Conti".

En général, les "sagas" sociales ont des scénarios stéréotypés. Après l’évocation du sort tragique qui attend les salariés licenciés, quelques tours de piste des grands leaders syndicaux et politiques (quand ils sont en période électorale), quelques manifestations aussi symboliques que sporadiques, interviennent les voix de la raison, celles des commentaires économiques qui font l’oraison funèbre d’une entreprise qui n’était plus viable, qui n’avait plus d’avenir.

C’est bien triste pour les travailleurs, mais ces choses-là les dépassent, n’est-ce pas ? Pour eux, le mieux, c’est donc d’aller sagement, sans se lamenter et le plus vite possible, prendre leurs marques chez Pôle Emploi.

Chez les Conti, on avait sans doute vu et revu ce feuilleton monotone qui passe en boucle dans les JT de 20 heures et l’on avait en tête une variante plus assez utilisée : celle de la lutte sociale, du combat acharné contre la multinationale allemande qui voulait fermer un site rentable pour complaire à leurs actionnaires.

"La Saga des Conti" de Jérôme Palteau raconte par le détail comment "les Conti" ont réagi et agi pour contredire les défaitistes de tous poils : oui, c’est possible de "triompher" de l’adversité capitaliste quand on est déterminé à résister, quand on sait s’organiser et qu’on croit jusqu’au bout que le pot de fer peut être vaincu par le pot de terre. Immergé dans la lutte, toujours là lors des grands moments violents et émouvants.

Jérôme Palteau reconstitue cette histoire avec empathie et sans emphase. Il montre l’importance du leader cégétiste des "Conti", le charismatique Xavier Mathieu, mais n’en fait que la figure de proue de la lutte. Grâce à Jérôme Palteau, on découvrira combien le portrait insidieux qu’en faisaient les médias officiels était une caricature.

À l’écoute des travailleurs en lutte, s’appuyant sur l’expérience d’un expert en conflits sociaux, Roland Szpirko, retraité de Chausson qui ne cache pas son appartenance à Lutte Ouvrière, Xavier Mathieu n’est pas le "casseur" qui n’a pas voulu se repentir devant David Pujadas. On verra d’ailleurs dans le film de Jérôme Palteau la scène filmée de l’intérieur du fameux "saccage" de la sous-préfecture de Compiègne. Les cinéphiles s’amuseront de cet effet "Rashomon" ou "Liberty Valence" qui permet de voir ce que les télés n’ont pas pu ou pas voulu montrer.

Dans "La Saga des Conti", la parole est donnée à ceux qui devraient toujours parler mais qui se la font d’habitude confisquer par des porte-voix peu fiables, par ces oligarques syndicaux qui n’ont d’ailleurs jamais trouvé le temps de venir les soutenir…

À défaut d’un hypothétique "grand soir" qui n’arrive jamais, on vivra avec les "Conti" quelques beaux petits moments, comme celui où ils s’en vont rejoindre leurs homologues allemands. Mini internationale ouvrière reconstituée au pays de Karl Marx, cette manifestation fraternelle à Hanovre a une valeur inappréciable et l’on n’aura pas peur d’écrire que c’est un vrai moment cinématographique que capte le réalisateur.

"La Saga des Conti" de Jérôme Palteau redonnera espoir à ceux qui ne se contentent pas de s’indigner. C’est aussi un film qui a déjà valeur de document historique et qu’il faut voir pour comprendre les bruissements sociaux qui ne peuvent que s’amplifier aujourd’hui et demain.

 

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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