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Interview  (Paris)  27 novembre 2004

10 h 30, dans un petit troquet de la rue du faubourg Montmartre, près du Théâtre du Nord-Ouest où une représentation de "La main passe 2004" doit se dérouler à 12 h, nous retrouvons avec plaisir Mitch Hooper, adaptateur et metteur en scène, avant une répétition à l'italienne.

Horaire un peu rude pour qui n'est pas du matin et un café s'impose. Et puis, les comédiens arrivent et il faut songer à optimiser ce court moment.


Quand nous avions rencontrés en mars 2004, vous nous aviez dit être tenté par monter un Feydeau dans le cadre de la saison Feydeau programmée au Théâtre du Nord-Ouest. Comment s'est concrétisé cette tentation et pourquoi votre choix de La main passe ?

Mitch Hooper : J'étais tenté par les petites pièces de Feydeau écrites à la fin de sa carrière qui sont plus simples à monter. Ce sont des pièces en un acte avec moins de comédiens. Mais Jean Luc Jeener m'a incité à monter une grande pièce de Feydeau il avait reçu beaucoup de propositions de personnes intéressées par les pièces courtes. J'ai donc lu la plupart des grandes pièces de Feydeau et La main passe m'a plu par sa modernité J'étais juste un peu gêné par la longueur et l'énormité du travail. Et en fait, c'est en décidant de couper toutes les scènes avec domestiques, qui n'apportaient rien à l'intrigue et ce n'est pas toujours le cas dans le théâtre de Feydeau, que j'ai vu comment je pourrais maîtriser le sujet et faire une adaptation qui fonctionnerait.

Avec la modernisation de quelques éléments trop datés, comme l'appareil enregistreur par exemple, le phonographe étant remplacé par une caméra vidéo, ça devenait une pièce traitant un sujet contemporain, qui peut se passer aujourd'hui, ce qui n'est pas le cas de toutes les pièces de Feydeau dont certaines sont très ancrées dans la Belle Epoque. Ça m'intéressait de faire abstraction des distractions telles les costumes, je ne pouvais d'ailleurs pas financer tous les costumes, et qui ne m'intéressent pas dans le travail. J'ai donc décidé de faire un Feydeau moderne et j'ai rassemblé les acteurs. Ensuite tout a été relativement facilement.

Votre travail d'adaptation a eu lieu en amont de la recherche des comédiens qui composeraient la distribution?

Mitch Hooper : Oui.

Comment avez-vous choisi les comédiens?

Mitch Hooper : Il y a des comédiens que je connaissais bien pour avoir déjà travaillé avec eux. Ainsi le choix de François Raison, qui joue Chanal le mari et Anatole de Bodinat, l'amant, s'imposait à moi. J'ai travaillé avec eux dans "Le long voyage vers la nuit". A la lecture de la pièce, il était évident que Feydeau avait écrit pour eux ! Pour les autres, j'ai cherché un peu plus loin mais le choix s'avère bon.

Et pour Anthéa Sogno qui interprète Francine, celle par qui tout arrive?

Mitch Hooper : Anthéa Sognon m'a contacté quand elle a su que je montais la pièce. Elle avait mis en scène et joué "Ciel mon Feydeau" qui a fait plus de 400 représentations la saison dernière ! Et apparemment, elle en redemandait. Cela l'intéressait de travailler avec moi en tant que comédienne uniquement. Et il est évident qu'il s'agit d'un rôle pour elle !

Pour quelles raisons avez-vous inclus des intermèdes ?

Mitch Hooper : Les intermèdes s'avéraient nécessaires pour assurer le changement de décor et constituaient aussi l'occasion d'approfondir un peu l'émotion et d'imposer une image forte avant chaque acte, de renforcer l'intrigue autour d'un personnage qui était un peu perdu de vue dans les scènes qui suivraient; Je voulais imposer une image de souffrance pour ne pas oublier l'émotion sous-jacente au texte.

Vous parlez d'émotion. Or ces intermèdes déclenchent le rire ce qui paraît curieux.

Mitch Hooper : Non, car l'émotion est à la fois sincère et drôle. L'émotion des autres, vue de l'extérieur, est souvent matière à rire.

Les pièces de Feydeau sont souvent montées en privilégiant l'aspect rire et rire français. Or, La main passe 2004 se positionne davantage dans un registre humour anglais. Bien sûr, cela paraît facile de dire cela quand on connaît vos origines mais en êtes-vous conscient?

Mitch Hooper : On me le dit beaucoup mais je ne réfléchis pas à mon humour. Peu importe d'ailleurs. La plupart des Feydeau que je vois actuellement ne me satisfont pas car ils ne prennent pas le propos avec suffisamment de sérieux. Quelques grimaces ou tomber par terre ne suffisent pas pour faire rie. S'il n'y a pas un fond de sérieux, le comique m'intéresse moins. Ce qui m'intéressait est d'aller au fond de l'émotion et de la sincérité des personnages pour voir si cela fonctionnait toujours et si cela faisait rire.

Quel est votre intérêt majeur pour cette pièce?

Mitch Hooper : C e qui m'a interpellé est le regard porté sur le couple qui est particulièrement juste. C'est cruel mais très bien vu. Cette pièce ne 4 actes m'a fait pensé à Tchékov par seulement par le format mais parce que Feydeau saisit parfaitement un point commun universel qui est de voir midi à sa porte et de ne pas comprendre les autres, de ne pas les écouter même. Ce qui est très juste. Une scène, celle où les 2 ex-époux se retrouvent et ignorent totalement, de manière monstrueuse, l'amant, m'a vraiment donné envie de monter la pièce. En 2 minutes, il y a un renversement de situation atroce…mais très drôle.

Question incontournable : votre actualité immédiate est ce Feydeau, quels sont vos projets à court et moyen terme?

Mitch Hooper : A court terme, mon projet est toujours Feydeau car le but est de trouver une salle dans laquelle "La main passe 2004" pourrait avoir une programmation en continu après le mois de décembre durant lequel elle est programmée en alternance au Théâtre du Nord-Ouest. Ce n'est pas toujours simple mais c'est mon but.

Y a-t-il d'autres projets ?

Mitch Hooper : Non, pas dans l'immédiat pour ce qui me concerne. En revanche, pour la Compagnie du Théâtre Vivant, en 2005, "L'envol" la pièce écrite et mise en scène par Carlotta Clerici, avec notamment Anne Coutureau et Yvan Garouel, sera représentée au Vingtième Théâtre du 17 mars au 8 mai 2005.

Dans l'actualité théâtrale, y a-t-il un spectacle qui a particulièrement retenu votre attention ?

Mitch Hooper : Oui. J'ai vu "Dis à ma fille que je pars en voyage" de Denise Chalem au Théâtre du Rond Point qui mérite vraiment le détour. La pièce est excellente et très bien jouée.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose à propos de sLa main passe 2004s ?

Mitch Hooper : Non. Le travail doit parler pour lui-même. En principe.

 

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La chronique de "La main passe 2004"

Représentations au Théâtre du Nord-ouest les 5, 11, 14, 15, 21, 23, 26, et 28 décembre 2004 à 20 h 45 et le 22 à 17 h


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