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Interview  (Galerie 28, restaurant Pétrelle, Paris)  mardi 19 mars 2013

Manu, alias Emmanuelle Monet, l'ancienne chanteuse de Dolly, sort son second disque studio solo La dernière étoile. Nikko, alias Nicolas Bonnière, l'ancien guitariste de Dolly, en a écrit la plupart des musiques. Le disque semble, à la première écoute, apaisé. Pourtant l'écriture de Manu est de plus en plus libre, et on sent la colère poindre, affleurer derrière la musique. Mais, après la session à laquelle a participé Nikko, c'est une (toujours) jeune femme souriante, enthousiaste qui nous parle de cette dernière, et bonne, étoile.

Tu as mis trois ans à préparer ton premier album, puis presque cinq ans pour celui-ci, La dernière étoile. Est-ce du perfectionnisme ?

Manu : C'est vrai qu'il s'est passé beaucoup de temps entre les deux albums. Mais il y a eu le CD/DVD live qui a fait la liaison. La Dernière Etoile a été plus long à composer parce que mon binôme Nikko était en tournée avec Eiffel. Lorsque j'arrivais à l'attraper, on travaillait ensemble sur mes morceaux. Ensuite, pendant six mois, nous avons démarché les maisons de disques. Lorsque nous nous sommes rendus compte que les propositions que nous avions étaient toujours en attente, nous avons alors décidé de sortir l'album par nous-mêmes. Voilà pourquoi cela a mis plus de temps qu'initialement prévu. Travailler pour le label est un autre métier. Il faut porter différentes casquettes. Mais c'est le lot de beaucoup de musiciens aujourd'hui. L'industrie du disque change, et il faut s'adapter. Mais concilier tout cela est difficile, et ça prend du temps.

C'est donc aussi ce qui explique la sortie de l'EP "Que fais-tu ?" en digital en janvier dernier ?

Manu : Oui, ça permettait de faire patienter avant la sortie du nouvel album en avril. Et c'est un format plus facile à lancer.

Il me semble que l'écriture de cet album met plus en avant la sonorité des mots que sur l'album précédent et sur les albums de Dolly.

Manu : Oui. Cela vient certainement de ma manière de travailler qui a légèrement évolué. Désormais, je fais des prises de notes. Par exemple, pour une chanson comme "J'attends l'heure", j'avais déjà des notes pour la mélodie, et je savais quels mots exacts je souhaitais attacher à cette mélodie. C'est plus de travail, plus de recherche en amont.

Par contre, dans les mélodies, on retrouve des gimmicks de Dolly plus que sur le précédent album, Rendez-vous. La production de Clive Martin, qui avait produit presque tous les albums de Dolly, en est-elle la raison ?

Manu : Non. Clive est arrivé à la fin pour mixer. Toute la production et la réalisation ont été effectuées par Nikko. C'est sûr qu'on doit retrouver du Dolly, c'est ma famille musicale. Quoiqu'il en soit, ce n'était pas prémédité puisque Clive a vraiment mixé le son que recherchait Nikko à partir de mes démos. Nikko avait une idée très claire, dès le début de l'écriture du disque, de la couleur musicale qu'il souhaitait donner à l'album. Clive s'est mis complètement au service des chansons. Il a été fidèle aux prémixes de Nikko, tout en sublimant le son.

Le thème principal abordé sur cet album est le temps qui passe, et la couleur en est assez nostalgique. La rythmique du premier morceau donne le ton au reste de l'album.

Manu : Ce n'est en effet pas un hasard que l'album s'ouvre avec le son d'un mouvement de balancier et que ce soit "J'attends l'heure" qui suive. Par contre, ce n'était pas prémédité, mais force est de constater que c'est bien le thème qu'on retouve tout au long de l'album. Cela doit être l'âge (rire). Cela correspond aussi aux notes que j'avais prises. "J'attends l'heure" est sur le temps qui file. "Le Paradis" correspond à l'histoire que l'un de mes amis m'a racontée et qui m'avait touchée. Il est retourné sur les lieux de son enfance. On est donc encore une fois sur le retour en arrière. C'est un thème qui est revenu malgré lui.

On peut aussi remarquer ton changement de look par rapport à Rendez-vous, et le changement de couleur dominante sur la pochette.

Manu : Le petit personnage avec ses cheveux de couleur rouge sur le premier album me plaisait bien. Je me disais qu'il fallait une cohérence, on l'a donc gardé sur le site, et pour le DVD. Mais cette histoire cheveux rouges ne m'allait pas vraiment. J'ai repris la couleur que j'ai durant l'été, que j'entretiens l'hiver. J'étais comme ça pendant des années, mais ça se voyait moins lorsque j'avais les tresses.

Sur le clip de "Que fais-tu", pourquoi cette parodie de square dance ? C'est d'autant plus étonnant qu'après la chanson en japonais sur Rendez-vous, tu donnes l'impression de faire un virage à 180°, de te tourner de l'extrème-orient vers le far west.

Manu : Ce n'est absolument pas une parodie. C'est un hommage. Encore une fois, c'est un concours de circonstances. Il y a quelqu'un de ma famille qui fait partie d'un club de country. Cela m'intriguait. Je suis allé voir. Je me suis dit que ce serait génial si les membres du club pouvaient faire une chorégraphie sur "Que fais-tu?", qui musicalement s'y prêtait bien. Mais ce n'était absolument pas prémédité. Par contre, je continue à regarder vers l'Asie. J'ai un second morceau en japonais, qui n'est certes pas sur l'album mais qui existe quand même. Je louche entre les deux continents (rires).

France Cartigny a aussi participé à ce disque.

Manu : Oui, j'aime beaucoup ce que fait France Cartigny. Je butais sur deux chansons. Je les lui ai alors confié car je savais qu'elle, y arriverait. Je ne sais pas si elle avait fait cela auparavant, en tout cas, elle ne l'avait pas fait depuis longtemps. Elle a pondu ça très vite. "A toute vitesse" le bien nommé. Elle a aussi écrit "La routine". Elle a un regard très proche du mien, mais en même temps un univers bien à elle. Elle m'emmène très loin avec des mots qui me touchent beaucoup. Sinon pour les deux textes où il y a de l'anglais, j'ai travaillé avec Tom Windrif Pochy parce que je ne suis pas bilingue.

Le morceau "La dernière étoile" a-t-il une histoire particulière ? Je le trouve, par son atmosphère et son traitement, à part sur l'album. Et c'est lui qui donne le titre à ce second album.

Manu : Déjà, c'est un morceau que j'aime beaucoup, écrit avec Nikko, qui concilie désillusion et espoir. Tout le monde, moi y compris, me semble actuellement flotter entre ces deux eaux-là. Après, il est à part car plus puissant que les autres titres de l'album. Je me suis posé jusqu'à la fin la question d'intégrer au disque un morceau speed, en me disant que ça manquerait à certains auditeurs qui nous suivent depuis longtemps. Certaines personnes me disent "c'est moins rock'n'roll", or ce morceau me semble plus rock que bien d'autres titres que j'ai écrits par le passé. Faire du speed pour du speed ne m'intéresse pas. Mais "La dernière étoile" est puissant, tendu. Pour moi, c'est ça le rock. Cela n'a besoin d'être un morceau binaire qui va très vite. Et puisque je suis encore rock'n'roll, je souhaitais baptiser l'album du titre de cette chanson.

C'est le mot "fidélité" qui me semble décrire le mieux ce disque. Fidélité au public, à une ligne artistique, à des collaborateurs... Est-ce un trait de personnalité chez toi ?

Manu : Oui, complètement. Du moment où on ne me plante pas de couteau dans le dos, je suis fidèle en amitié, en amour, dans les rapports professionnels... Ce sont des valeurs que l'on m'a inculquées, qui me semblent naturelles. Je m'entoure en plus de gens qui fonctionnent comme moi. Cette fidélité est importante. Fidélité du public, car sans les gens qui nous suivent, nous ne sommes rien. Les gens avec qui je travaille m'apportent tellement d'émotions que ce n'est là même pas de la fidélité, cela va de soi. D'ailleurs, la chanson où je disais "je suis fidèle parfois", ce n'est pas moi qui en ai écrit le texte.

A propos de la tournée, y a-t-il des dates qui doivent se rajouter car certaines grandes villes sont oubliées ?

Manu : Oui, c'est un problème de calendrier. J'aurais aimé aller jouer à Lille, à Strasbourg, à Montpellier, à Lyon, à Caen... Mais en sortant le disque en avril, on se retrouve avec des salles déjà bookées sur mai, et qui ensuite ferment en juin. Nous ferons certainement quelques festivals durant l'été. La tournée reprendra à la rentrée, et j'espère que nous passerons dans les villes que nous ne pouvons pas faire avant. La tournée s'étirera en longueur. J'ai mis longtemps à sortir cet album, j'espère bien le faire vivre jusqu'en 2014.

Retrouvez Manu
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Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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