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puce Festival Les Paradis Artificiels #7 (édition 2013) - lundi 15 avril
Heymoonshaker - John Fairhurst  (La Péniche, Lille)  du 8 au 18 avril 2013

Et si un jour, perchés dans vos Paradis Artificiels, quelqu’un venait vous parler et de "blues" et de "beatbox" ? Votre curiosité ne serait-elle pas un tantinet titillée ? Quasi aveuglément, je suis partie à la rencontre des Heymoonskaker, rien qu’à l’idée de voir de mes propres yeux un groupe qui pouvait réunir ces deux styles.

Le groupe Heymoonshaker est un duo anglais. On raconte, de façon idyllique, que les deux musiciens, se sont rencontrés trois ans plus tôt, alors qu’ils parcouraient les rues de la Nouvelle Zélande, eux et leur "instrument". J’imagine le choc, la curiosité, l’enthousiasme, le partage lors de la découverte.

D’un côté, Andy Balcon, le côté blues. Muni d’une guitare et de sa voix érayée, il réussit à lui seul cette prouesse de réveiller les fantômes du blues. Son regard, quand il chante, est hypnotique. On le croirait possédé par la musique. Il rugit, il gémit, au bord de l’apoplexie. Chaque parole, chaque émotion, chaque trémolo, il les déniche au plus profond de son être. Il étonne par sa puissance inquiétante. De l’autre, Dave Crowe, le côté urbain. Muni de sa bouche comme caisse de résonance, comme instrument de musique, il offre un "human beatbox" d’une qualité impressionnante. Fermez les yeux et vous n’y verrez que du feu : est-ce un enregistrement ? Mais fermer les yeux serait dommage. Le jeu scénique du beatboxer est tout aussi fascinant que son acolyte. C’est d’ailleurs souvent vers lui que les yeux se tournent. Ils vibrent à son rythme, parfois lent, parfois rapide, sans cesse en mouvement, ils esquissent des gestes, miment des frappes. On a envie de savoir comment ces bruits de cymbales, de caisses nous parviennent si réelles ? Sa technique, il la maîtrise jusqu’au bout des ongles. Très vite, on entrevoit des passages électro, dubstep. Jusqu’à nous plonger dans de véritables saynètes digne de films de science fiction.

Beatbox et blues sont-ils deux genres si différents ? En y réfléchissant, les deux genres sont faits pour s’unir. Le blues tire ses racines des chants populaires afro-américains. Genre ancien, le blues ne perd rien aux travers les âges et les décennies. C’est une musique qui vient des tripes, comprise de tous. Elle continue à se déployer, universelle. On pourrait croire que le human beatbox, tel que le pratique David Crowe, est une technique récente, déconnectée du vieux Blues. On raconte que le human beatbox est né dans les ghettos de New York, dans les années 70. Le hip-hop s’est emparé des techniques vocales qui existaient déjà : le jazz et son scat, les musiques traditionnelles indiennes et leurs percussions vocales ou konnakol "les percussions vocales" et d’autres pour réaliser ces boîtes à rythmes étonnantes. C’est, de fait, quelque chose qui vient du corps et dont finalement tout le monde peut se saisir.

Il fallait un jour faire ce croisement. Les deux musiciens de Heymoonshaker ont été très fins en choisissant de fusionner. Ils ont compris qu’ils donneraient au public une musique humaine et universelle mais aussi qu’ils étaient là où il fallait, au bon moment : de pleins pieds dans l’ère de la dubstep. Du reste, le duo est comme connecté sur scène : il s’écoute, s’énerve, s’émeut, ensemble. Il communique surtout une grande générosité, une musique physique, vibrante et hypnotique.

En première partie, John Fairhurst était invité par les Heymoonshaker. Je l’imagine tel un cowboy solitaire, flânant sur les routes du monde entier pour jouer, juste jouer du blues. Sur scène, il en donne l’image : seul, muni de sa guitare dobro qu’il fait souvent sonner chaud et entraînant avec un bottleneck voire même parfois un couteau. Assis sur une caisse, il frappe du pied le rythme. Rien de plus. Nous voilà déjà dans l’ambiance. John Fairhurst a une voix rauque qu’il déploie parfois pour envelopper ses morceaux et nous emmener dans les plus lointains troquets américains. Assez étonnant pour un anglais pur souche en fin de compte. Mais je ne peux pas réduire John Fairhurst à cette simple description. J’ai été bluffée par sa virtuosité à la guitare. Ses morceaux sont finement composés, mêlant différentes influences : orientales... John Fairhurst paraît surtout infatigable, prêt à tout donner à son public. Un artiste généreux à suivre, sans aucun doute.

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Festival Les Paradis Artificiels
Le Myspace du Festival Les Paradis Artificiels
Le Facebook du Festival Les Paradis Artificiels
Le site officiel de Heymoonshaker
Le Facebook de Heymoonshaker
Le site officiel de John Fairhurst
Le Bandcamp de John Fairhurst
Le Myspace de John Fairhurst
Le Facebook de John Fairhurst


Rachel Debrincat         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
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et toujours :
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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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