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Interview  (Paris)  lundi 1er avril 2013

Tue-Loup a sorti son neuvième album, sobrement intitulé 9, à la fin de l'année 2012, et l'a réédité en vinyle à l'occasion du Disquaire Day 2013. L'esthétique de l'objet, noir et blanc, rejoint l'éthique du groupe, des chansons françaises rock sans concession. Une citation d'Alain Bouvier zèbre le recto du disque comme un coup de fouet : "Un jour, j'écrirai une chanson belle comme une banque après un bombardement". Le ton est donné.

Avant leur concert parisien en mars dernier, nous avons rencontré les sarthois pour une session. L'occasion aussi de poser neuf questions à Xavier Plumas, chanteur, compositeur et parolier de ce groupe à part dans le paysage rock français.

Cet album donne l'impression d'un retour aux racines pour Tue-Loup. Était-ce un choix après une période d'expérimentations sur "Rachel au rocher" ou "Le goût du bonbon" ?

Xavier Plumas : Plusieurs personnes m'ont déjà dit cela, mais je ne vois pas pourquoi. Ce n'est pas réfléchi, en tout cas. Sur les premiers albums de Tue-Loup, je jouais exclusivement acoustique alors que, sur "9", tout est électrique. Après, peut-être est-ce dû à la composition des morceaux. Ou plutôt à l'énergie que nous avons mis dans le disque. Il a été fait de manière spontanée, même s'il a été enregistré deux fois avec deux batteurs différents. C'est peut-être cette spontanéité qu'on retrouve à l'écoute, et qui rappelle les premiers enregistrements de Tue-Loup. Pour ma part, je considère "9" plus comme une synthèse de tout ce qu'on a pu proposer depuis nos débuts, les chansons des premiers albums et les digressions qu'on a pu faire ensuite du côté du jazz et du post-rock.

Dès "Le couchant", la chanson qui ouvre l'album, on entend le son de clochettes comme celles d'un troupeau. Souvent on assimile votre musique à la terre. Ne pensez-vous pas que c'est cela qu'on retrouve de manière plus évidente dans ce nouvel album ?

Xavier Plumas : Disons que nous sommes un groupe terrien qui essaie de prendre de l'altitude. En l’occurrence, "Le couchant" est un couchant sur la mer, même si ce n'est pas explicite dans le texte. Mais c'est ainsi que je l'imaginais en l'écrivant. Les chansons sont inspirées du milieu dans lequel je vis, de ce que je vois au quotidien. Je vis à la campagne, mes métaphores sont plus bucoliques qu'urbaines.

Pourtant, les références à l'eau et à l'élément liquide sont présentes tout au long de l'album.

Xavier Plumas : Il n'y a pas que dans cet album, c'est le cas dans plusieurs de mes chansons. Je l'avais aussi remarqué sur mon album solo. L'élément liquide est souvent présent dans mes chansons. J'adore la présence de l'eau, c'est certainement lié. Mais ce n'est pas forcément la mer ou les rivières, c'est l'élément liquide en général. Encore une fois, ce n'est pas réfléchi, c'est toujours a posteriori que je m'en rends compte.

"Margot", sur l'album, est plus à rapprocher de "Brave Margot" de Brassens, de "Margot" de Murat ou de "Margot la ventouse" de Paul Meurisse ?

Xavier Plumas : Je ne connais pas celui de Paul Meurisse. Mais, en l'occurrence, c'est une reprise. Il y a toujours une reprise sur nos disques. C'est une sorte de gimmick chez Tue-Loup. "Margot" est la reprise d'une chanson d'un groupe folk des années 70 qui s'appelait Malicorne. Je les ai découvert très jeune, grâce à mon oncle. C'était une musique qui m’envoûtait un peu. En fait, ils sont du Berry mais, pour l'anecdote, ils s'appelaient ainsi en raison d'un village sarthois qu'ils avaient découvert lors d'une tournée. "Margot", l'originale, est interprétée a cappella à deux voix. J'invite tout le monde à aller l'écouter parce qu'elle est très jolie. Nous en avons fait une version plus riche au niveau sonore, mais pas forcément plus belle (rires).

"Mark Mark" serait-elle un hommage à Mark Hollis ?

Xavier Plumas : En effet. Le disque solo de Mark Hollis est, et restera, un de mes albums de chevet. Par contre, l'inspiration de ce morceau est plus à chercher du côté du dernier album de Talk Talk, "Laughing Stock". C'est une référence assumée. Je l'ai appelé "Mark Mark" pour ne pas être accusé de plagier, mais c'est clairement un hommage à Mark Hollis. Je l'ai laissé en instrumental parce que je ne me serais pas tenté à chanter comme lui (rires).

Le traitement de "Marinette" est très électrique. N'est-ce pas un paradoxe, alors que cette chanson traite de la mort ?

Xavier Plumas : En fait, c'est inspiré d'une histoire vraie, celle de ma voisine qui s'est noyée dans sa mare. L'humeur que j'ai essayé de mettre dans ce morceau est autant le recueillement qu'on peut être invité à partager en période de deuil, qui est présent dans le tempo et dans les nappes d'orgues, mais aussi la violence par le traitement électrique. C'est toujours très violent d'apprendre la mort de quelqu'un. C'est un séisme intérieur. En faire une chanson électrique ne me semble pas incompatible. C'est une sorte de messe intérieure électrique.

Sur "En partance", vous abordez le thème de l'errance. Mais chez vous, l'errance se fait à proximité d'un lieu. L'errance est-elle très différente du voyage ?

Xavier Plumas : Sur ce disque, c'est en effet beaucoup plus le thème de l'errance qui revient. Ce n'est pas toujours le cas, il m'arrive d'aborder dans certaines chansons des lieux très éloignés de chez moi, où je me suis retrouvé à l'étranger. Mais sur "9", un peu comme dans les livres de Jean-Loup Trassard, on ne quitte pas un rayon d'environ un kilomètre. Je vois ce disque comme un chemin de rédemption à travers la nuit. Ça commence avec "Le couchant", au crépuscule, et ça se termine à l'aube avec "Les chevauchées", et même jusqu'en début d'après-midi. "En partance" ne signifie pas forcément partir loin de chez soi physiquement, mais intérieurement.

"Les chevauchées" donne une impression d'apaisement. Vous-même, dans quel état d'esprit êtes-vous au moment de la sortie du disque ?

Xavier Plumas : Je suis surtout ravi que ce disque sorte enfin. C'est très frustrant d'avoir des disques qui dorment, comme ça, dans les tiroirs. J'en ai encore trois à sortir, sous mon nom ou sous le nom de Tue-Loup. C'est de plus en plus en dur de trouver des labels qui acceptent de sortir des groupes comme nous, avec une notoriété toute relative. C'est forcément un risque financier pour les gens qui se lancent dans l'aventure. Mais il ne faut pas désespérer. Ce disque a quatre ans. Je ne suis donc forcément plus dans le même état d'esprit que lorsque j'ai écrit les chansons de ce disque.

D'ailleurs, n'avez-vous pas l'impression d'être en constant décalage par rapport à votre musique lorsque vous êtes en promo ou en tournée avec un album écrit plusieurs années auparavant ?

Xavier Plumas : C'est vrai. Mais je crois que c'est vrai pour tout artiste qui doit promouvoir son travail, que le décalage soit de quatre années ou de six mois. Ce décalage est là tout le temps, ça ne change pas grand-chose. A titre personnel, ça ne me dérange pas parce que j'ai l'impression qu'il y a une cohérence dans ce que j'essaie de proposer depuis le début.

C'est Dylan qui disait "On écrit toujours la même chanson". On essaie de changer d'angle, de point de vue, mais on raconte toujours un peu la même chose. Alors, non, ce n'est pas si gênant que ça. Je suis d'ailleurs toujours assez surpris lorsque j'entends des artistes dire que la promo est une torture, qu'ils n'aiment pas ça. C'est vrai que ce n'est pas la partie la plus drôle de ce boulot mais pour ma part, je suis toujours surpris et flatté que des gens s'intéressent à ce qu'on fait. Alors ce n'est pas une épreuve pour moi d'en parler, même si les morceaux commencent à dater.

Retrouvez Tue-Loup
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En savoir plus :
Le site officiel de Tue-Loup
Le Facebook de Tue-Loup

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Laurent Coudol         
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# 29 mars 2020 : On continue à s'égayer le cerveau

On attaque la troisième semaine de confinement. On ne va pas baisser les bras, et nous vous proposons encore un joli contenu histoire de s'oxygéner le cerveau comme on peut. C'est parti.

Du côté de la musique :
"44" de François Puyalto
"Yene mircha" de Hailu Mergia
"Le silence et l'eau" de Jean-Baptiste Soulard
"Gigaton" de Pearl Jam
"Metal band" de Bernard Minet
"Connection loss" de Caesaria
"The black days session #1" de Daniel Roméo
"Sixième sens" de Faut Qu'ça Guinche
Péroké, Coco Bans, Al Qasar, quelques clips pour lutter contre l'ennui du confinement
"Alterations" de Robin McKelle
"Love of life" de Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann
"No return" de We are Birds
et toujours :
"La course" de Bon Voyage Organisation
"Où ça en est ?" de Ceylon
"Blossom" de Coralie Royer
"Brothers of string" de Duplessy & the Violins of the World
"Atomised single" de Gogo penguin
"Onkalo" de Julie Campiche Quartet
"Single carry me home" de Kokoroko
"The pain, the blood and the sword" de Lion's Law
"Five for five" de Michael Fine
"Mon étrangère" de Valentin Vander

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

en diffusion sur le net :
une comédie contemporaine avec la captation de la création originelle de "Art"
du boulevard avec :
le streaming de "Fleur de cactus"
le streaming de "Jo"
un classique revisité avec la captation de "Peer Gynt"
une évocation de l'univers de Lewis Caroll avec la captation de "Lewis versus Alice"
dans la rubrique "Au Théâtre ce soir" :
"Peau de vache"
avec Sophie Desmarets
et "La Puce à l'oreille" avec Louis de Funès
une gourmandise pour fan addict avec Fabrice Luchini en vidéo dans "Le point sur Robert"
et des spectales à voir ou a revoir en DVD :
"Le Paradoxe amoureux"
"Dieu habite Dusseldorf"
"ABC D'airs"

Expositions :

en toute tranquillité mais musicales avec sur le Musée de la Sacem :
"L'Opérette" de son Age d'or à la Belle Epoque au regain d'engouement avec sa réactivation par des compagnies contemporaines tels "Azor" et "La Grande duchesse de Gerolstein"
et celle dédiée à son roi "Jacques Offenbach"
au Musée de la Monnaie de Paris :
la visite virtuelle des collections permanentes et la visite de sa dernière exposition en date "Kiki Smith"
et passer les frontières avec la visite virtuelle des collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

Ciné-Club at home avec :
"Blue Velvet" de David Lynch
"Casanova" de Federico Fellini
"Les 39 marches" d'Alfred Hitchock
le téléfilm "Paris Best" de Philippe Lioret
et des films récents sortis en DVD :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
"Alice et le maire" de Nicolas Pariser
"Noura" de Hinde Boujemaa

Lecture avec :

"Banditi" de Antoine Albertini
"Champ de tir" de Linwood Barclay
"Chasseurs et collectionneurs" de Matt Suddain
"Les cents derniers jours d'Hitler" de Jean Lopez
"Les plumes du pouvoir" de Michaël Moreau
"Nefertari dream" de Xavier-Marie Bonnot
et toujours :
"Confession téméraire" de Anita Pittoni
"L'âne mort" de Chawki Amari
"L'archipel des larmes" de Camilla Grebe
"Riposte" de David Albertyn
"Temps noirs" de Thomas Mullen
"Toute la violence des hommes" de Paul Colize
"Une île sur la Volga" de Iwan Lépingle

Froggeek's Delight :

"Shadow, le cloud computing", retour d'expérience de l'utisation d'un PC dans les nuages
Une sélection de jeux pour moins vous ennuyer pendant le confinement et plus tard
"Call of Cthulhu" sur Switch, PS4, Xbox One et PC
"Call of Duty Modern warfare" sur PS4, XboxOne, PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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