Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Quand je pense qu'on va vieillir ensemble
Théâtre des Bouffes du Nord  (Paris)  mai 2013

Création collective des Chiens de Navarre, mise en scène de Jean-Christophe Meurisse, avec Caroline Binder, Céline Fuh­rer, Robert H­tisi, Manu Laskar, Thomas Scimeca, Anne-Élodie Solin, Maxence Tual et Jean-Luc Vincent.

La Compagnie Les Chiens de Navarre investissent les Bouffes du Nord avec un nouveau spectacle déjanté et trash, "Quand je pense qu'on va vieillir ensemble". 

Avant d'être un "animal raisonnable", tel que l'exprimait Aristote, l'homme est une réserve d'énergie, un animal qui agit. Ces actions, réfléchies ou non, calmes ou violentes, sont à la source de l'évolution. Or, où en est l'espèce humaine aujourd'hui ?

A se foutre sur la gueule dans une bagnole pour avoir oublié de tourner au bon endroit, à apprendre à se comporter lors d'un entretien d’embauche pour devenir le parfait petit larbin d'un encore plus petit chef, à accepter de perdre son identité pour enfouir son moi et calmer les grands écarts émotionnels entre ambitions et réalisations quotidiennes?

Comme animal, l'Homme va chercher à perpétrer l'espèce, se reproduire, rester en vie, se nourrir et survivre. C'est pourquoi les humains, comme les chiens, se baladent à poil à quatre pattes, jouent avec leurs organes génitaux ou se reniflent le cul, qu'ils mangent, qu'ils vomissent ou qu'ils pissent. Les comédiens de la troupe des Chiens de Navarre jouent donc tout cela sur scène.

Mais l'humain se caractérise surtout comme un animal social qui établit des relations avec les autres membres de l'espèce. Pourtant lorsque la société devient de plus en plus déstructurée, et que celle-ci au lieu de protéger l'Homme peut aller jusqu'à le laisser au sol, couvert de boue, loin d'une participation au bien commun, comment trouver sa place dans le groupe ?

C'est le besoin de dominer l'autre, de lui faire perdre son libre-arbitre, qui dans une société en perte de repères, violente comme au temps des cirques romains, et de plus en plus individualiste, va déboucher sur des stratégies de dominations variées : la force, la manipulation, voire la négation de la personnalité d'autrui.

La meute des Chiens de Navarre va durant toute la durée de "Quand je pense qu'on va vieillir ensemble" montrer à quel point l'homme est toujours, aujourd'hui comme hier, un loup pour l'homme. Avec un humour féroce, ils démontent par saynètes des scènes de la vie quotidienne actuelle.

Chaque épisode, débuté dans un esprit d'unité et d'entraide dérapera sans faillir vers l'immonde, le pervers, l'humiliation, le dégueulasse : un couple d'animateurs d'une thérapie de groupe, aux méthodes proches du sectaire, rebaptisent et nient chacun des participants, un conseiller de pôle emploi préparent des chômeurs à un entretien d’embauche en les formatant jusqu'à ce qu'une histoire de mains moites et de papier toilette vienne s'insérer dans un discours trop bien huilé, une femme en voiture se fait frapper par son compagnon et monter dessus par son chien, ou encore, lors d'une séance de régression vers l'enfance, une femme redevenue une petite princesse examine avec attention son "lapinou" qui joue à l'hélicoptère avec sa queue.

Le ton est féroce mais surtout salement drôle, désabusé mais d'abord violemment ironique, constamment dans l’excès mais avant tout outrageusement truculent. La troupe a trouvé son public, de plus en plus important à chaque spectacle. Le bouche à oreille fonctionne pour ces post-punks d'un théâtre no future. 

Élevant la bêtise humaine au rang d'art, désarmant d’honnêteté, sans limites, la troupe des Chiens de Navarre est un collectif à découvrir absolument, et "Quand je pense qu'on va vieillir ensemble" une pièce à ne manquer sous aucun prétexte.

 

Laurent Coudol         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=