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Théâtre du Petit Hébertot  (Paris)  mai 2013

Monologue dramatique de Copi dit par Claire Ruppli dans une mise en scène de Roberto Platé.

C'est une belle addition de talents qui se retrouvent sur la scène du Théâtre du Petit Hébertot.

À commencer par Claire Ruppli. Pantalon et veste blanches, elle est l'Uruguayen. La bouche trop maquillée de marron, elle arbore le sourire figé en rictus du "Joker" dans "Batman", et entre en scène avec son chien en laisse. Il s'appelle Lambetta et est interprété par un automate très mignon.

Rangé derrière, le phallus géant, peint couleur or, qui occupe le centre de la scène, il passera bientôt de vie à trépas et finira empaillé...

Car le texte débridé de Copi est propice à beaucoup de métamorphoses et de tours de passe-passe. Post-surréaliste, ami et complice d'Arrabal et de Topor, le dramaturge touche-à-tout argentin a écrit directement en français ce roman constitué de lettres envoyées au président argentin par l'Uruguayen, parti à Montevideo, capitale d'un État qui, comme la Pologne du Père Ubu, n'existe pas ou plus.

Roberto Platé, ami de Copi qui a mis en scène "L'Uruguayen" s'est amusé à concevoir un dispositif paradoxal : pendant que Claire Ruppli interprète le texte, celui-ci défile en espagnol sur un écran blanc qui occupe tout l'arrière-plan scénique. De l'écran blanc jaillissent les mots de la langue originale de Copi, mais ces mots-leurres ne sont là que pour donner la preuve de la fausse-vraie "uruguayité" de Copi.

Texte savoureux, navigant dans les eaux de l'improbable, "L'Uruguayen" contient tout l'univers grinçant de Copi. On y lit son goût pour l'excès, le grotesque, le rire énorme. Claire Ruppli restitue à bonne allure ce flot de mots contradictoires, ce tête-à-queue qui tient du cadavre exquis et de la farce triviale.

On s'amusera du clin d'oeil post-mortem que fait Copi à un siècle qu'il n'aura malheureusement pas connu, lui qui avait anticipé l'existence d'un pape argentin... Un pape un peu malmené pour ne pas écrire plus... C'est dire toute l'actualité anachronique de l'oeuvre de Copi qui ne perd pas au change d'être dite plutôt que lue.

On n'oubliera pas, évidence des évidences, de saluer le travail lumineux de Jacques Rouveyrollis et l'on ne regrettera pas d'avoir passé ce moment dans l'ailleurs uruguayen du plus français des Argentins.

Grâce à Roberto Platé et Claire Ruppli, Copi quitte définitivement le purgatoire dramaturgique. Bonne nouvelle pour ceux qui aiment la chose théâtrale.

 

Philippe Person         
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21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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