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Interview  (Par mail)  mai 2013

TOOOD (That Obscure Object Of Desire) est un duo composé de Laurent Morelli aux machines et d’Astrid Karoual au chant. Tous les deux font une musique éléctro sombre et venimeuse, où se mêlent profondeur musicale, désenchantement et une certaine ironie. Leur premier EP Honestly vient tout juste de sortir sur leur propre label.

Qui est That Obscure Object Of Desire ?

Astrid Karoual : TOOOD, c'est Astrid Karoual + Laurent Morelli + la musique indépendante des années 90 + un romantisme ultra contemporain + des machines baroques + une certaine distanciation dans l'expression des sentiments. Le tout par le prisme du noir et blanc.

Comment est né le groupe ?

Laurent Morelli : J'ai rencontré Astrid en 2006 alors que j'auditionnais des chanteuses pour monter un projet de trip-hop entre Paris, Manchester et Aarhus. Les milliers de kilomètres ont eu raison de ce projet avorté mais j'ai gardé le contact avec Astrid, que j'ai sollicitée pour travailler avec moi sur la musique d'une pièce de théâtre en 2009.

Astrid Karoual : Ce projet de pièce a duré un an pendant lequel nous avons confronté nos points de vue sur l'illustration narrative. Par la suite, nous avons synthétisé tout ça en réalisant des covers très personnelles de quelques morceaux connus. Cela nous a permis d'esquisser l'identité musicale de TOOOD...

Laurent Morelli : Nous avons ensuite sculpté le son de façon à pouvoir le jouer live. Avant de commencer à travailler, nous avons choisi les machines qui pourraient nous servir d'instruments puis nous avons tracé l'écriture des morceaux le long de jams rock dans l'esprit et hip-hop/électroniques dans l'éxécution.

Quels sont vos parcours musicaux ? Vos influences ?

Astrid Karoual : En tant que chanteuse, mes "débuts" remontent à la chorale du collège, bien qu'à cette époque, je ne m'y intéressais pas plus que ça tant les morceaux qu'on nous proposait ne m'emballaient pas. Mais j'écrivais déjà pas mal de poèmes et de petites chansons très sombres et cyniques, très adolescentes en somme... Ce n'est qu'à la fin du lycée, vers 17 ans, que j'ai manifesté le besoin de m'exprimer vocalement au sein d'un groupe de rock. Je n'ai jamais pris de véritable cours de chant mais un certain sens du rythme et du mimétisme m'a amenée à faire de la scène. Très jeune, je m'inspirais de chanteuses telles PJ Harvey, Shirley Manson de Garbage ou Björk, mais aussi de figures masculines importantes pour moi comme Thom Yorke de Radiohead, Jeff Buckley, David Bowie et Jim Morrison.

C'était un jeu, j'étais plus actrice que musicienne quelque part. Ce n'est qu'à partir du moment où j'ai commencé à écrire et composer des morceaux en groupe que je me suis sentie chanteuse. Pendant une dizaine d'années, j'ai notamment leadé un groupe de pop rock qui a été la meilleure école qui soit sur de nombreux plans. Aujourd'hui mes inspirations ont évolué. Je reste fidèle au rock mais je m'ouvre désormais beaucoup plus à l'électro, au hip-hop et même à la chanson française, grâce entre autres aux nombreux DJ sets que j'ai pu faire...

Laurent Morelli : Autant que je me souvienne, j'ai toujours fait de la musique. Après j'ai eu une véritable révélation à 20 ans où j'ai couché mes premières chansons. Ensuite tout s'est progressivement développé, de guitariste songwriter je suis devenu auteur-compositeur de plusieurs formations rock. Puis j'ai commencé à faire de la musique électronique, puis de l'enregistrement, puis du mixage, puis du sound design. J'ai créé un label et commencé à organisé des concerts. TOOOD est arrivé assez récemment. Je pense que la musique qui m'a le plus influencé est celle que j'écoutais avant d'entrer dans l'adolescence, celle sur laquelle je me suis construit. La fin du grunge, le début de Radiohead et du trip-hop. Aujourd'hui j'ai plus de distance par rapport à ça. Je pense que TOOOD est en permanence influencé par les travaux que nous avons faits précédemment. Peut-être plus globalement une synthèse des mélodies des années 90 avec les rythmes et les sons des années 2000.

Comment se passe l'écriture ?

Astrid Karoual : A l'origine, Laurent travaillait principalement le son et moi le texte de mon côté mais aujourd'hui nous travaillons plus ensemble ces deux points. Une véritable fusion se fait entre le texte et les sons que nous choisissons.

Laurent Morelli : TOOOD reste un projet musical extrêmement narratif. Nous ne sommes pas guidés par une technique de composition mais plus par les histoires que nous racontons.

Votre nom est-il une référence au film de Bunuel ? Doit-on y chercher un rapport entre la narration, les thèmes (du désir / de la violence des rapports humains / de la soumission) et votre musique ?

Laurent Morelli : On nous a souvent posé cette question et je me sentais bête de ne pas avoir vu le film. Ce qui est chose faite. Je l'aime beaucoup et j'aurais beaucoup aimé lui rendre mais ce n'est pas du tout le cas...

Astrid Karoual : En effet, TOOOD doit son appellation au roman Middlesex de l'américain Jeffrey Eugenides. Le personnage principal est un hermaphrodite dont on suit l'existence et pendant son adolescence, il tombe éperdument amoureux d'une charmante créature qu'il ne désigne jamais que comme l'"obscur objet". Cette cristallisation et cette distance nous étaient particulièrement chères...

Pourquoi avoir choisi de sortir votre disque sur votre propre label ?

Laurent Morelli : C'est un permier EP, le plus important était de le sortir quoi qu'il arrive. Après je reconnais volontiers que l'on n'a démarché aucun label. Ça aurait été intéressant de le sortir au sein d'une structure plus importante... On s'y attellera probablement pour le prochain.

Quelles sont les prochaines étapes après ce premier EP ?

Astrid Karoual : Après avoir donné un showcase chez le disquaire Les Balades Sonores, nous préparons deux lives, le 11 juin à L'Espace B et le 10 juillet au Tigre Club. Nous pensons continuer les concerts jusqu'à la fin de l'année où l'on préparera la sortie de notre premier album...

Quels sont vos rapports avec la scène musicale française actuelle (Cf. votre reprise de Venus Bar de AV) ?

Astrid Karoual : Nous nous situons dans une mouvance post-nineties emmenée par des groupes comme Terminus, Scratch Massive ou encore The Do... Sur le plan plus personnel et amical, nous fréquentons surtout des formations parisiennes, à tendance pop ou électronique. Ce qui nous a amené notamment à reprendre le Venus Bar d'AV à la sauce tooodienne...

Retrouvez TOOOD
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !

 

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L'interview de That Obscure Object Of Desire (TOOOD) (samedi 4 octobre 2014)

En savoir plus :
Le site officiel de TOOOD
Le Bandcamp de TOOOD
Le Soundcloud de TOOOD
Le Facebook de TOOOD

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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# 22 septembre 2019 : Fin d'été

Fin d'été c'est le titre du nouvel album de Samir Barris, on vous en parle en ces premiers jours d'automne, tout comme les autres sorties musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques et muséales qui ont retenu notre attention cette semaine. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Corpse flower" de Mike Patton & Jean Claude Vannier
Rencontre avec Joseph Fisher autour de "Chemin Vert", assortie d'une session acoustique à découvrir ici
"Prokofiev : Visions fugitives" de Florian Noack
"The basement tapes" de Mister Moonlight
"The uncompleted works volume 1, 2 & 3" de Nantucket Nurse
"Là-Haut" de Gérald Genty
"Ilel" de Hildebrandt
"Buxton palace hotel" de Studio Electrophonique
"Vian" par Debout sur le Zinc
"Impressions d'Afrique" de Quatuor Béia & Moriba Koita
"Fin d'été" de Samir Barris
et toujours :
"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"L'Autre monde ou les Etats et Empires de la Lune" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Le Misanthrope" à l'Espace Cardin
"L'Animal imaginaire" au Théâtre de la Colline
"Data Mossoul" au Théâtre de la Colline
"Danser à la Lughnasa" au Théâtre 13/Jardin
"Le Frigo" au Théâtre de la Tempête
"A deux heures du matin" au Théâtre L'Atalante
"La Veuve Champagne" au Théâtre de la Huchette
"Le Square" au Lavoir Moderne Parisien
"Jo" au Théâtre du Gymnase
"Jean-Marie Galey - Ma Comédie française" au Lavoir Moderne Parisien
"Ah ! Félix" à l'Eglise Sainte-Eustache
"Le Voyage musical des Soeurs Papilles" à la Comédie des 3 Bornes
"Lucie Carbone - Badaboum" à la Comédie des 3 Bornes
"Casse-toi diva" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Nora Hamzawi" au Théâtre du Rond-Point
des reprises
"Letzlove - Portrait(s) Foucault" aux Plateaux Sauvages
"One night with Holly Woodlawn" aux Plateaux Sauvages
"Diva sur Divan" à la Comédie Bastille
"La Liste de mes envies" au Théâtre Lepic
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Mondrian figuratif" au Musée Marmottan-Monet
"L'Age d'or de la peinture anglaise - De Reynolds à Turner" au Musée du Luxembourg

Cinéma avec :

"Ne croyez surtout pas que je hurle" de Franck Beauvais
Oldies but Goodies avec "Marie pour mémoire" de Philippe Garrel

et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Barbarossa : 1941. La guerre absolue" de Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri
"Bête noire" de Anthony Neil Smith
"Dictionnaire égoiste de la littérature mondiale" de Charles Dantzig
"Gaeska" de Elrikur Orn Norddahl
"Les refuges" de Jérôme Loubry
"Liquide inflammable" de Robert Bryndza
et toujours :
"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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