Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Festival Le Cabaret Vert #9 (jeudi 22 août 2013)
Carbon - Eels - Alt-J - Deftones - ASAP Rocky - Asaf Avidan - Major Lazer  (Square Bayard, Charleville-Mézières)  du 22 au 25 août 2013

Il serait parfois bon qu'un gros point rouge ou vert ou bleu inaugure un article, particulièrement un "live report", sous lequel il y aurait écrit : "Vous êtes ici". Ici, c'est Charleville-Mézières, région Champagne-Ardennes, code postal 08105. Vous le savez, parce que vous avez fait cinq heures de route pour venir, et retenu malgré vous par cœur la trajectoire que vous proposait votre ami Mappy.

Vous arrivez un peu avant l'heure fatidique, pour récupérer votre accréditation presse-photo. Mais auparavant vous devez fendre la foule des festivaliers pressés et chargés. Comme de petits fourmis scrupuleuses qui vont écouter, non sans plaisir, d'internationales cigales chanter, les festivaliers du Cabaret vert ont ceci d'"écolo" qu'ils ressemblent tous ou presque, dans cette procession sans fin qui mène au camping et au stade Bayard, à de joyeuses petites tortues. Les autochtones restent souriants, mais quelque peu médusés – filons la métaphore animale tant qu'on y est – devant le défilé.

L'accréditation "presse-photo" récupérée, après une longue longue attente – dans la file réservée aux "médias", ce qui en dit long sur beaucoup de choses d'ailleurs –, on franchit le seuil de ce festival qui nous avait ébloui l'an dernier.

A l'entrée de l'espace "média", devant une terrasse VIP du meilleur effet, une hôtesse "communication" nous accueille : M. Cazeneuve fera une conférence de presse, à 17h30. Non pas que je n'aime pas les huiles ni les costumes-cravates mais, d'une certaine manière, cette venue n'est que la confirmation institutionnelle de l'impact économique du festival sur la ville, le département et la région. Ainsi, sans honte, on sèche.

Carbon : de l'angoisse et du gros son

Tous les photographes de concert le savent : il y a toujours un hic, à un moment donné, avec le pass. Là, facile : une case de trop est cochée sur le carré magique, impossible donc de passer la gentille vigie qui garde les crash-barrières. Rayé, pas rayé, ça s'affole, ça talky-walkyse, jusqu'à ce que le passe-droit soit accordé. A côté de moi : "Oui, enfin, Froggy's Delight, personne connaît, mais moi, le journal local, l'Ardennais, si je passe pas, c'est un comble ! Toutes les années c'est pareil !" Moi aussi madame, je suis ravie de vous rencontrer... Revenons à nos moutons, et à Carbon : l'idée est bonne, culottée, mais bonne c'est-à-dire ouvrir le festival avec un groupe... de métal, dont le chanteur crache du feu – façon de parler : crache tout court. Les influences sont multiples : Tool, Gojira, Cult of Luna, entre autres choses, et la technique est (très bien) maîtrisée. Un bon début, un beau départ.

Eels : la musique, c'est du sport.

Avouons tout : les albums de Eels qui ont le plus tourné dans mes oreilles sont sortis respectivement en 1988, 1996 et 2002. Depuis, ai-je réellement su qu'Eels continuait produire du son ? La réponse est non. Je n'ai même pas cherché à savoir. Les messieurs arrivent tous costumés : tous recouverts d'un survêtement Adidas bleu marine. Monsieur le chanteur, E, montée sur une estrade invisible au public – il est très petit – se démarche par un bandeau sur le front. On sourit : l'entourloupe aura pour effet de ne pas rendre les images particulièrement glamour. D'autant que E a vieilli, quelque peu : mais ne perd pas de sa gouaille. "Fantastic !", "Give me your hug !" lance-t-il à la foule. La voix s'est éraillée, mais n'a rien perdu de son timbre si particulier : le set est résolument électrique et décalé.

Alt-J = CTRL+MAJ+Y

Voilà le groupe que j'avais, amèrement, regretté de rater aux Eurocks cette année. L'un des avantages du Cabaret Vert, c'est qu'aucun compromis n'est à faire : on passe d'une scène à l'autre sans frustration, sans concession. Point n'est besoin de beaucoup de secondes pour que je sois conquise par le tout : atmosphère sereine, voix de velours, qualité du son, rapports entre les musiciens. J'en perds ma syntaxe : tout est excellent. Et surtout "Tesselate", leur tube, dès le deuxième morceau. Un pur petit joyau musical qui mérite clairement son succès actuel.

Deftones : la résurrection ?

J'ai ouï dire que quand ils étaient passés en 2006 aux Eurockéennes, ils avaient plutôt fait mauvaises impression. Mais on sent la foule fébrile, et les types de la sécurité, qui cette année portent de seyants... t-shirts roses, sont à cran et sur les dents. "Alors, si ça slame, tu chopes par la ceinture. Toi, tu récupères par derrière et tu sors le mec des crash. Si on se fait déborder, les gens ne sont pas bêtes, faut leur faire confiance pour qu'ils leur fassent faire demi-tour. Ca marche ?" Les cinq néophytes venus en renfort hochent la tête. Des cris : "Deftones (clap clap clap) ! Chino (clap clap clap) !". Mais soyons honnête : le public est quand même clairsemé...

Le début du set est ahurissant : Chino saute partout, micro autour du cou, devant la bouche, fil entre les dents, à droite à gauche, comme un lion enragé libéré après vingt jours de diète (hum). Peu à peu, le set se détend, se détend... Chino reprend la guitare, nous rappelle notre jeunesse - "I watched you've chaaaaaaaaaaaaaange" -, et puis voilà. Ca passe vite un set de Deftones. On n'a pas regardé notre montre, mais on a vu le public partir, les happy few rester devant, sautillant, pardon : pogotant avec plaisir. De la voix, du coffre, de l'énergie, une set list variée : on ne va quand même cracher dans la soupe. Voir un de ses groupes de référence aussi en forme, aussi heureux d'être là - "What a beautiful moment", lâche Chino, vraiment, non, on ne peut pas regretter. Alors, je condamne la première ingratitude de la soirée, soit cette phrase de deux jeunots à côté de moi : "Viens on se casse, c'est de la merde".

ASAP Rocky : non et non.

Il paraît que c'est un futur grand rappeur. Qu'il vient de Harlem, et qu'il est très fort en la matière. Il arrive avec vingt minutes de retard, on reste pour les trois premiers titres, on en a vite marre des "Make some noise !" et des petites remarques osées et transgressive sur la fumette. Ouste.

Asaf Avidan : l'humilié du soir

On décide qu'il sera le dernier de la soirée, et que l'on profitera de son set jusqu'à la fin. Je me rends compte rapidement que j'avais oublié, dans ma chronique des Eurocks 2013, de préciser combien Asaf Avidan est un excellent guitariste et un meneur hors pair. Entre ses regards complices avec ses musiciens, son corps nerveux et électrique qui tressaute sous ses bretelles, ses sourires sans raison apparente à part sans doute le plaisir d'être sur scène : on aime ou pas, mais tout cela est très sain et très honnête musicalement. Et dès la deuxième chanson, l'aveu : "Si je suis devenu musicien, c'est parce qu'une femme m'a brisé le cœur".

Mais voilà : le public semble un peu sceptique devant la variation lente de ses ambiances, de la musique du monde au blues. Mais voilà : le public, massé, n'est pas venu en soi pour l'artiste Asaf Avidan. Il est venu juste pour voir le mec qui a fait la chanson, tu sais, celle qui passe à la radio. De telle sorte que quand commence "The Reckoning song", mi acoustique, mi électrique, un frisson palpable parcourt la foule. Asaf fait chanter le refrain au public, une fois, deux fois, trois fois, on se lasse, c'est fini. Et là, qu'elle n'est pas ma stupéfaction : la moitié, oui, la moitié de la foule massée devant la grande scène part, tout simplement. Sans autre forme de procès. C'est bon, on l'a vu, le mec qui chante "One day" à la radio. L'ingratitude humaine n'a pas de limites, même en festival. Le problème, c'est que le titre terminait la première partie du set. Et qu'il a fallu à Asaf Avidan continuer...

Dans la lueur rondelette de la pleine lune, je passe devant la scène des Major Lazer, un homme est dans un bulle en plastique et marche sur le public, une fille retourne une gifle monumentale à un garçon à ma droite, un homme titube à ma gauche. Il est temps de rentrer.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Carbon Glacier de Laura Veirs
La chronique de l'album Grass Geysers Carbon Clouds de Enon
La chronique de l'album The Last Post (french edition) de Carbon / Silicon
La chronique de l'album Hombre Lobo de Eels
Articles : Festival Rock en Seine 2010 - Programmation du dimanche - Wallis Bird - The Temper Trap - Success - The Black Angels
Eels en concert au Festival Pukkelpop 2010 (vendredi 20 août 2010)
Eels en concert au Festival Rock en Seine 2010 (dimanche 29 août 2010)
Eels en concert au Festival Beauregard #3 (édition 2011) - Dimanche
La chronique de l'album An Awesome Wave de Alt-J
Alt-J en concert au Festival La Route du Rock #22 (vendredi 10 août 2012)
Alt-J en concert au Festival Beauregard #5 (2013) - Vendredi
Alt-J en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort #25 (2013) - Jeudi
Alt-J en concert au Festival Rock en Seine 2013 (vendredi 23 août 2013)
Alt-J en concert au Festival de Beauregard #7 (édition 2015) - Vendredi
La chronique de l'album Diamond Eyes de Deftones
Deftones en concert au Festival Les Eurockéennes 2006 (vendredi)
Deftones en concert à La Boule Noire (10 mai 2010)
Deftones en concert au Trianon (13 & 15 décembre 2010)
Deftones en concert au Festival Rock en Seine 2011 (dimanche 28 août 2011)
Deftones en concert à Download Festival
Deftones en concert à Download Festival #1 (édition 2016)
Deftones en concert à Hellfest Open Air Festival #13 (édition 2018)
Deftones en concert à Hellfest Open Air Festival #13 (édition 2018) - samedi 23 juin
ASAP Rocky en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort #25 (2013) - Samedi
Asaf Avidan en concert au Festival Les Nuits de l'Alligator 2010 (mardi 23)
Asaf Avidan en concert au Festival Les Vieilles Charrues 2013 - samedi
Asaf Avidan en concert au Festival Les Francos Gourmandes #4 (édition 2015) - Vendredi 12 juin
Asaf Avidan en concert au Festival de Beauregard #7 (édition 2015) - Dimanche
Asaf Avidan en concert au Festival Les Nuits Secrètes 2015 - 14ème édition
La chronique de l'album Peace is the Mission de Major Lazer
Major Lazer en concert au Festival Rock en Seine 2013 (dimanche 25 août 2013)
Major Lazer en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort #27 (édition 2015) - Samedi 4

En savoir plus :
Le site officiel du Festival Le Cabaret Vert
Le Facebook du Festival Le Cabaret Vert

Crédits photos : Sophie Hébert


Sophie Hébert         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :


# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

Froggeek's Delight :

Toute la semaine des directs jeux vidéo, talk show culturel, concerts en direct sur la FROGGY'S TV

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=