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Interview  (Festival Beauregard, Hérouville Saint-Clair)  samedi 6 juillet 2013

Derrière Bat For Lashes se cache une chanteuse, Natasha Khan. Pour ceux qui ne la connaissent pas, sa pop mélodique est à rapprocher de Florence & the Machine, voire surtout de Kate Bush. Natasha Khan, d'origine pakistanaise, fantasme par sa musique un monde irréel, imaginaire, magique dans laquelle on peut entendre des percussions, du piano, de la harpe, divers instruments à vent et d'autres sons souvent mystérieux. Un monde bien éloigné cependant de Twilight, la saga cinématographique pour laquelle elle a écrit avec Beck une des chansons du troisième volet. Le festival de Beauregard, en Normandie, a été l'occasion de discuter avec elle, dans un décor bucolique et en pleine lumière, de son troisième album, The Haunted Man et de la tournée en cours.

Après vos trois premiers albums, ressentez-vous encore le besoin de prouver quelque chose ?

Natasha Khan : Je vois ces trois albums comme une trilogie. J'y ai fait des expérimentations sonores, testé de nouvelles choses. Aujourd'hui, je suis dans un état d'esprit différent. Le prochain album prendra certainement d'autres directions. Avec The Haunted Man, j'ai atteint un des buts que je m'étais fixé en début de carrière en m'impliquant dans la production et en soignant de nombreux détails. Par réaction, le prochain sera certainement enregistré dans des conditions proches du live.

Quelles ont été les réactions face à la pochette du disque ? (NDLR : une photo en noir et blanc sur laquelle Natasha Khan pose nue, portant un homme nu sur ses épaules)

Natasha Khan : C'était intéressant parce qu'il y a eu des discussions et des débats autour de cette pochette d'album. Ce qui me fait plaisir est que la nudité est souvent perçue uniquement sous l'angle de la sexualité par les hommes. Pour cette photo, je voulais une autre dynamique entre l'homme et la femme, un rapport de force différent. L'image de la femme renvoyée dans cette photo peut être interprétée de plusieurs manières : elle peut être sexuelle ou sensuelle, mais aussi puissante par la pose ou triste par son expression. Cela renvoie à la complexité des femmes. C'est une façon d'obliger à voir la femme autrement que seulement comme un objet sexuel.

En trois albums, votre chant a évolué. Comment travaillez-vous votre voix ?

Natasha Khan : Le fait d'avoir beaucoup tourné et chanté m'a donné plus de puissance. Avant chaque concert, j'ai mon petit rituel pour me chauffer la voix. Mais c'est aussi qu'aujourd'hui je suis moins timide. J'ai pris confiance en moi. Et je sais que je vais pouvoir exprimer des émotions par ma voix.

J'ai l'impression, à l'écoute de votre troisième album, que vous avez travaillé les atmosphères avant même les chansons, ce qui donne sa cohérence au disque.

Natasha Khan : C'est amusant car c'est justement tout à fait l'inverse. Même s'il est exact que lorsque j'écris les chansons, à la maison, l'atmosphère qui m'entoure entre en ligne de compte dans la composition. Ma manière de travailler consiste d'abord à trouver une mélodie qui, même jouée au piano solo, sonne de manière agréable. Si ma première exigence est uniquement l'atmosphère, la chanson n'est généralement pas bonne. Donc lorsque je cherche une atmosphère, de mystère par exemple, je dois d'abord m'assurer que la chanson soit assez forte. Ensuite, à la fin seulement, je vais rajouter des instruments ou des effets, chercher une texture, une similarité avec d'autres morceaux que j'ai déjà composés. J'ai comme une famille de morceaux dont les atmosphères ont la même origine.

Justement, puisque certaines de vos chansons ont cet élément d'ambiance qui provient aussi de la production, comment les travaillez-vous pour la scène, d'autant plus lorsque vous les interprétez en festival ?

Natasha Khan : Souvent en festival, on n'interprète pas l'intégralité du concert. On privilégie alors l'énergie, la théâtralité, les percussions. Les chansons plus douces, nous les réservons aux salles de concert, où il y a un côté plus intime, plus proche du public. J’apprécie néanmoins les deux exercices. Mais même si en festival on peut avoir l'impression que les gens apprécient, on ne sait jamais vraiment si c'est vraiment pour notre musique.

Avant de monter sur scène, comment vous préparez-vous ?

Natasha Khan : Je m'isole, je bois un thé, j'allume des bougies, je recherche le calme. J'ai besoin de temps pour me préparer, chauffer ma voix, et me concentrer parce que j'ai cette envie de donner une bonne prestation. Pour être en pleine forme au bon moment, j'ai besoin de cette préparation stricte, très ritualisée.

 

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Bat For Lashes en concert au Festival Beauregard #5 (2013) - Samedi

En savoir plus :
Le site officiel de Bat For Lashes
Le Myspace de Bat For Lashes
Le Facebook de Bat For Lashes


Laurent Coudol         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

Du côté de la musique :

"Vie future" de La Féline
"Kino music" de Pierre Daven Keller
"Miracles" de Sarah Amsellem
Rencontre avec Orouni dans les rayons d'une librairie
et bien entendu, Orouni en session live, toujours dans une librairie, par ici
"Beethoven, 5 sonates pour piano" de Michel Dalberto
"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
"Disaster serenades" de Parlor Snakes
"A life with large opening" de Samba de la Muerte
"Les géraniums" de Marie Sigal
"Amazona" de Vanille
"Pulse" de Vincent David
Festival Levitation #7 avec The Warlocks, Frustration, Fat White Family...
Listen in bed Emission #2, Vinyles
Listen in bed Mix #2, The Sopranos
et toujours :
"Pas plus le jour que la nuit" de Alex Beaupain
"Matriochka : Romantic fantasies & Transcriptions from Russia" de Alexandra Luiceanu
"La nuit devant" de Baden Baden
"aMour(s)" de Fabien Martin
"L'arbre rouge" de Hugues Mayot
"Why me ? why not" de Liam Gallagher
"Les disques dans notre vide poche" le podcast #1 de Listen in Bed
"Drive" le premier mix de Listen in Bed
"Mademoiselle in New York" de Lucienne Renaudin Vary
"Still life : A tribute to Philip Glass" de Maud Geffray
"The flood and the fate of the fish" de Rabih Abou Khalil
Rencontre avec The Great Old Ones
"Sprayed love" de Xavier

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Fausse note" au Théâtre de la Contrescarpe
"Sabordage" au Théâtre 71 à Malakoff
"Rêves d'Occident" au Théâtre de la Cité internationale
"Donnant Donnant !" au Théâtre Athénée
"Piège pour Cendrillon" au Théâtre Michel
"La Famille Ortiz" au Théâtre Rive Gauche
"La Promesse de l'aube" au Théâtre de l'Atelier
"Yannick Jaulin - Causer d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Yannick Jaulin - Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à pas parler d'amour" au Théâtre des Bouffes du Nord
"Ciel, ma belle mère !" au Théâtre d'Edgar
"De quoi je me mêle !" au Théâtre Athénée
"On est mal Macron, on est mal" au Théâtre des Deux Anes
"Looking for Beethoven" au Théâtre Le Ranelagh
des reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre Rive-GAuche
"Anna Karénine" au Théâtre de la Contrescarpe
"Les Crapauds fous" au Théâtre de la Renaissance
"La Convivialité" au Théâtre Tristan Bernard
"Il y aura la jeunesse d'aimer" au Théâtre Le Lucernaire
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"Une leçon d'Histoire de France : de l'An mil à Jeanne d'arc" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Une leçon d'Histoire de France : de 1515 au Roi Soleil" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Vipère au poing" au Théâtre du Gymnase
et la chronique des spectacles à l'affiche en octobre

Expositions avec :

"Moderne Maharajh, un mévène des années 1930" au Musée des Arnts décoratifs
"Balzac & Granville, une fantaisie mordante" à la Maison de Balzac

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Martin Eden" de Pietro Marcello
"Little Monsters" de Nicolas
"Les Chemins de la haute ville" de Nicolas
la chronique des films de septembre
et la chronique des films à l'affiche en octobre

Lecture avec :

"L'héritage Davenall" de Robert Goddard
"L'horizon qui nous manque" de Pascal Dessaint
"La petite conformiste" de Ingrid Seyman
"La véritable histoire des douze Césars" de Virginie Girod
"Les roses de la nuit" de Arnaldur Indridason
"Pyongyang 1071" de Jacky Schwartzmann
et toujours :
"Archives des enfants perdus" de Valeria Luiselli
"De pierre et d'os" de Bérengère Cournut
"L'accident de l'A35" de Graeme Macrae Burnet
"Le mystère Sammy Went" de Christian White
"Les furtifs" de Alain Damasio
"Lost man" de Jane Harper
"Vers une nouvelle guerre scolaire" de Philippe Champy

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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