Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep Twitch
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce L'Ecole des Femmes
Théâtre de la Tempête  (Vincennes)  septembre 2013

Comédie de Molière, mise en scène de Philippe Adrien, avec Raphaël Almosni, Vladimir Ant, Gilles Comode, Pierre Diot, Joanna Jiannoux, Valentine Galey, Pierre Lefebvre et Patrick Paroux.

L'argument de "L'Ecole des femmes" de Molière simplement résumé est connu : un barbon amoureux d'un tendron qui est sa pupille et qui s'occupe de mitonner l'éducation de celle-ci pour en faire l'épouse aussi ignorante qu'irréprochable qu'il se destine, se voit damer le pion par un jouvenceau.

Et la morale souvent tirée de cet opus considéré comme une farce est, outre la punition méritée du tyran domestique doublé d'un oppresseur antiféministe, le triomphe de l'ordre des choses, de la nature, de l'amour et de la liberté.

Mais Mais c'est sous un autre angle de vue qu'il faut appréhender la lecture de Philippe Adrien dont, par ailleurs, la mise en scène pointilliste ne manquera pas de déconcerter par ses partis pris qui concourent au mélange des styles et des genres : le vaudeville avec Chrysale, l'ami bon vivant (Pierre Diot), la farce paysanne avec les serviteurs idiots et serviles (Gilles Comode et Joanna Jianoux) et "politique" avec le retour du père devenu amish (Vladimir Ant) et la commedia dell'arte avec le numéro de clown de Raphaël Almosni dans le rôle du notaire.

En effet, comme quasiment chaque scène a sa tonalité, de la farce au vaudeville en passant par le pathétique, avec une dominante au comique résolument appuyé, c'est en s'écartant de l'ensemble que se distinguent les vrais enjeux de la partition à travers les caractères tels qu'ils sont portés par les comédiens.

Ce que donne à voir Philippe Adrien, et Molière quoi qu'en pensent ceux qui le qualifie de chantre de la condition féminine, ce n'est pas la défaite d’une tyrannie masculine mais la victoire de la duplicité féminine qui serait consubstantielle à sa nature.

Et ce n'est pas tant le triomphe de l'Amour avec une majuscule - Agnès a déjà les yeux dessillés quant à son blondin Horace, benêt énamouré aux airs de ravis de la crèche (Pierre Lefebvre) quand elle crie "Me laissez-vous, Horace, emmener de la sorte ?" face celui-ci liquéfié ("Je ne sais où j’en suis, tant ma douleur est forte") - que la défaite pathétique d'une passion amoureuse.

Celle de Arnolphe, superbement campé par Patrick Paroux, cousin germain de Dandin par son rêve d'ascension sociale, paysan devenu propriétaire foncier ayant accédé au rang de petit bourgeois et qui se pique d'une particule, a un bien auquel il tient plus que tout, son honneur, et donc une terreur, celle du cocuage.

Aussi entend-il élever sa propre épouse prise au berceau en la maintenant recluse à l'écart du monde et de ses tentations dans une maison qui ressemble au couvent dans lesquels sont élevées les jeunes filles de bonne famille.

Le décor de Jean Haas est à cet égard signifiant : fenêtre en ogive, chambre monacale, ouverture sur un potager planté de choux qui s'apparente à un cloître. Mais une tête naturalisée de cerf placée au dessus-d'une porte loin d'être apotropaïque annonce l'inéluctable qui attend le bonhomme, et, s'il transforme sa maison en couvent avec une succession de portes cadenassées, il oublie d'occulter les fenêtres.

Et le premier galant qui passe a tôt fait de lui ravir la belle qui n'a pas besoin d'être savante pour reconnaître et préférer le jeune beau au vieux.

Dans le rôle d'Agnès souvent réduit à la candeur de la réplique "Le petit chat est mort", Valentine Galey, la révélation du spectacle, donne au personnage une dimension inattendue, presque machiavélique tant est radicale son affirmation de soi qui n'est peut-être pas uniquement due à l'effet de l’amour, ce "grand maître" qui "rend agile à tout l’âme la plus pesante et donne de l’esprit à la plus innocente".

 

MM         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 07 juillet 2024 : La culture, pour toujours

Les grenouilles prennent la route d'Avignon et nous vous livrerons nos chroniques quasiment au jour le jour exceptionnelement ! En attendant, voici le programme de la semaine. Pensez aussi à nous suivre sur nos réseaux sociaux.

Du côté de la musique :

"Les chants de l'aurore" de Alcest
quelques clips à découvrir : Dropdead Chaos, MATW, For the Hackers, Elias Dris, CXK
Festival Chauffer la Noirceur #32, nous y serons avec Gogol Bordello, Glauque, Mike Love et quelques autres
"Shame" de Venice Bliss
et toujours :
"Locust land" de Bill MacKay
"Flash-back" de de Laurène Heistroffer Durantel
"Hommage à Nadia Boulanger" de Lola Descours
"All things shining" de Oh Hiroshima
"Deutche theatre Berlin trilogy" de PC Nackt et Nico van Wersch
"Le seum" de Resto Basket
"Times" de Seppuku
des festivals à venir : U Rock Party #3, Cooksound #13, La Guinguette Sonore #7
quelques clips : BEBLY - Lofofora - Chien Méchant - Wendy Pot - Cloud House - JMF Band
on termine la saison du Morceau Caché par "Émission 33 - Alt-J, The Dream, analyse par Alt-J"

Au théâtre :

Spéciale Avignon :
"Normal" à La Scala Provence
"Le poids des fourmis" au Théâtre La Manufacture
"Les enchanteurs" au Théâtre des Gémeaux
"Cyborg Experiments #1" au Théâtre La Factory
"Cet amour qui manque à tout amour" au Théâtre Chapau Rouge
"Rêveries" au Présence Pasteur, salle Jacques Fornier
"160 000 enfants" au Théâtre des Lilas
"Anne Chrsitine et Philippe" au Tiers lieu La Respelid'/Carmel
"Blanc de blanc" au Théâtre Transversal
"Classement sans suite" au Théâtre La Luna
et également toutes les chroniques par théâtre :
Le récapitulatif des tous les spectacles d'Avignon chroniqués chez Froggy

Cinéma avec :

Saravah" de Pierre Barouh
"La récréation de juillet" de Pablo Cotten et Joseph Rozé

"El profesor" de Marie Alché & Benjamin Naishtat

"Six pieds sur terre" de Hakim Bensalah
"Nouveau monde" de Vincent Capello
et toujours :
"La Gardav" de Thomas et Dimitri Lemoine
"Heroico" de Davis Zonana
"Roqya" de Saïd Belktibia
"L'esprit Coubertin" de Jérémie Sein

Expos avec "Résistance" de l'artiste Ukrainien Pinhas Fishel, Pavillon Davioud

Lecture avec :

Nos polars de l'été :
"7m2" de Jussi Adler Olsen
"La meute" de Olivier Bal
"Les effacées" de Bernard Minier
"Norferville" de Franck Thilliez
et toujours :
"Délivrées" de Delilah S. Dawson
"Un autre eden" de James Lee Burke
"Joli mois de mai" de Alan Parks
"Se perdre ou disparaitre" de Kimi Cunningham Grant
"Vic Chestnutt, le calme et la fureur" de Thierry Jourdain
"La cité des mers" de Kate Mosse
"Merci la résistance !" par un Collectif d'auteurs
"Mon homme marié" de Madeleine Gray
"Rien de spécial" de Nicole Flattery
"Le temps des cerises" de Montserrat Roig
"Neuf mois" de Philippe Garnier
"De sable et d'acier" de Peter Caddick-Adams
"Je ne suis pas un héros" de Eric Ambler
"Après minuit" de Gillian McAllister

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
twitch.com/froggysdelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=