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Miguel Gomes     (décembre 2013) 

Réalisé par Miguel Gomes. Portugal/France/Allemagne/Italie. Drame. 27 minutes (Sortie 4 décembre 2013).

L'année dernière, presque jour pour jour, "Tabou" de Miguel Gomes était au tableau d'honneur de Froggy's Delight.

Trois jours après, lors de la sortie du film en salles, le verdict unanime de la presse écrite correspondait à celui du site : tout le monde soulignait que "Tabou" filmé superbement dans un noir et blanc d'anthologie, en se jouant de tous les codes narratifs, était un objet cinématographique somptueusement baroque.

Évidemment, les retours d'un public souvent habitué à des narrations plus ordinairement linéaires n'avaient pas toujours été à la hauteur des dithyrambes. Il est à craindre que les 27 minutes de "Redemption" ne laisseront pas indifférents et diviseront à leur tour.

Ici, pas question d'un récit, pas question d'une fiction. "Redemption" est un collage, un télescopage d'images qui traversent le siècle passé, où l'on verra parmi beaucoup d'autres choses, naître un poulain, des pompiers à la manoeuvre sauter du haut d'immeubles, un dictateur bien connu pendu par les pieds, des éléphants au cirque ou en liberté, des foules en liesse et des défilés bien organisés, des enfants joyeux jouant aux cowboys et aux indiens ou faisant de la luge, des chatons tout mignons, des cérémonies africaines et des mariages allemands...

Et sur ces images tournées dans le sage noir et blanc des bandes d'actualité ou imprimées sur ces films de famille aux couleurs si caractéristiques du super huit des années cinquante ou soixante, on entendra successivement quatre voix off en quatre langues différents. D'abord, celle d'un enfant portugais, suivi d'un jeune homme italien, d'un adulte français et d'une femme allemande...

On aurait envie de révéler la surprise qui attend le spectateur quand il lira le générique de fin et découvrira à quels personnages célèbres correspondaient ces voix délivrant un petit morceau de leur intime... On aurait d'autant plus envie de dévoiler le pot-aux-roses, qu'un fois connues, on brûle de revoir le film qui prend un tout autre sens et justifie alors complètement son titre...

Car "Redemption" poursuit par d'autres moyens le cinéma rempli de pièges et de chausse-trapes que pratique Miguel Gomes depuis trois films.

Si on admet qu'il devient peu à peu une espèce de Jorge Luis Borges du septième art, et que l'on s'amuse de ses espiègleries, on vivra encore une fois un grand moment de cinéma pur. On trouvera également que sa vision du monde est plus qu'ironique et que, derrière une nostalgie apparemment bonne enfant, il y a une acidité, une cruauté oblique qui s'en prend aux fondements de la société occidentale et ne respecte pas grand-chose, pas même les grands leaders de la belle Union européenne...

Bénéficiant d'une sortie seul comme un grand, "Redemption" de Miguel Gomes mériterait d'être vu deux fois de suite afin qu'on puisse en goûter toutes les subtilités. C'est sans doute un film qui acquiert sa vraie dimension dans la re-vision.

Miguel Gomes est déjà dans le cinéma d'après le déluge numérique : "Redemption" est conçu autant pour un grand écran que pour un visionnage avec arrêts et retours en arrière et en avant en DVD.

N'hésitez pas à tenter le coup : au pire, vous perdez 27 petites minutes de votre longue vie ; au mieux, vous devenez complice d'un cinéaste qui n'est pas prêt de lâcher prise...

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
et toujours :
"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah

Au théâtre au salon :

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"La Fuite !" de Mikhaïl Boulgakov
"King Kong Théorie" de Virginie Despentes
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"Chantons, faisons tapage" de Thomas Jolly et Laurent Campellone
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"J'aime beaucop ce que vous faîtes" de Carole Greep
"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
"Chers" de Kaori Ito

Expositions :

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"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des Impessionnismes à Giverny
"Figure d'artiste" au Musée du Louvre
"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
"Le dessin sans réserve" au Musée des Arts Décoratifs
"Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal' à l'Institut du Monde Arabe
"Ivan Navarro - Planetarium" à la Galerie Templon

Cinéma :

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"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Brigades du Tigre" de Jérôme Cornuau
"There will be blood" de Paul Thomas Anderson
"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
"Mishima, une vie en quatre chapitres" de Paul Schrader

Lecture avec :

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"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano

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