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Le Splendid  (Lille)  samedi 14 décembre 2013

Tricky au Splendid de Lille ? C'était vachement bien à l'époque de nos vertes années : un trip-hop sans le vernis, une voix de rocailles sexy, mais qu'est-ce que ça peut bien donner, aujourd'hui, en concert ? Allons-y, on verra. On fut vaincus !

Le concert a lieu dans le cadre du festival Ground Zero, qui se déroule sur plusieurs semaines, en divers endroits de la métropole. Et le choix de la salle est déjà fort judicieux : un quartier un peu excentré, une ancienne salle de cinéma (qu'on se plaît à imaginer réservée à des films pour adultes), un balcon, un parquet grinçant : un cube, patiné de sueurs passées, présentes et à venir. Et ce soir justement, ça va suer.

En première partie, Blue Daisy, un rappeur anglais au flow acide, brut, seul avec un programmateur et un sweat à capuche, sous la lumière bleue virant au rouge, il est seul au monde et lui gueule généreusement sa rage. Le gars défend sa peau, il donne tout, seule note perso pour plus tard : devenir bilingue afin de comprendre un traître mot de ce qu'il raconte, c'est un peu frustrant de ne capter que les grossièretés. Mais c'est perso. D'ailleurs, les natifs ont l'air d'apprécier : Tricky soi-même se fait une petite place à côté de nous (aparté : hi ! Groupie staïle, on ose le portrait avec lui ? Non bien sûr, à voir comment il dévisage froidement deux jeunes derrière qui osent discuter un peu fort, on se dit que le premier qui bronche pendant son set va se faire dégager. La suite nous prouvera que non). Il apprécie tant Daisy Blue qu'il se dit que ce dernier pourrait être invité sur son prochain album. C'est dire, on est entre potos, même s'il y a une certaine tension : on ne va pas non plus se claquer la bise, mais il y a déjà comme une homogénéité, tonnerre d'applaudissements, place à la bête de scène.

Petit, sec, torse nu, Tricky ne se laisse pas saisir tout de suite, il commence par se faire désirer, tournant le dos au public, il laisse monter le son sur un premier titre instrumental, puis fait un peu le choriste derrière la voix superbe de la - donc - chanteuse Francesca Belmonte, soudain l'interrompt, prend son micro à elle, et va parler à un gars sur le côté de la scène… bizarre et décousu. En fait, pas du tout. Ou plutôt si : complètement. C'est du work in progress pur.

Tout au long du concert, il fait évoluer les titres, au ressenti, désigne ses musiciens du doigt comme il appuierait sur des touches, ou les nomme ("drums, keyboards, guitar", c'est pratique des prénoms pareils), agrandit ses gestes pour faire monter la pression ; il écrit devant nous. Les musiciens sont tous extrêmement à son écoute, guettant le moindre de ses gestes de direction d'orchestre, autant dans l'attente de ce qui vient que nous le sommes. Et ça laisse une fraîcheur d'inédit, et ça nous garde en haleine, permanente.

Rarement vu un concert à ce point captivant de bout en bout, sans pause aucune. Alternant titres de trip-hop hypnotiques (le sublime "Overcome"), versions vénéneuses ("Do you love me now" des Breeders) et d'autres plus agitées, la scène elle-même devient spectacle, le paroxysme étant atteint dès le cinquième titre : "Ace of Spades", une reprise de Motörhead. Débutant par de coquins "Don't be scared" adressés à une audience hésitante, il fait monter une vingtaine de personnes à ses côtés, c'est parti pour le grand raout (ses musiciens se tordant le cou pour ne pas perdre de vue ses indications, permanentes, manipulant toujours l'énergie ambiante à son plaisir) ; et tout le monde de rester suspendu jusqu'au bout du live et le dernier titre qui verra à nouveau plein de monde monter sur scène pour une euphorie finale, à la hauteur de ce qu'on vient de vivre.

Attention blasphème : Tricky, il a un peu de Gainsbourg et un peu d'Iggy Pop, en fait (non, ne frappez pas!). Tout en feulements et d'un érotisme qui touche à la sexualité, ses vibrations graves auront fait frissonner d'un enthousiasme non-stop toute la salle du Splendid aux sens aiguisés et l'alternance d'énergies des titres n'étaient pas des temps morts où reprendre son souffle, mais les pulsations de cet organisme géant que furent ce temps et ce lieu.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Blue Daisy
Le Soundcloud de Blue Daisy
Le Myspace de Blue Daisy
Le Facebook de Blue Daisy
Le site officiel de Tricky
Le Soundcloud de Tricky
Le Myspace de Tricky
Le Facebook de Tricky


Marion Gleizes         
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Classique, pop, rock, découvertes, artistes confirmés, comédies, drames, art moderne ou plus classique, romans et livres historiques, tout se cotoient encore dans cette nouvelle et riche édition de Froggy's Delight. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Contemporary" de Adélaide Ferrière
"Un moment musical chez les Schumann" de Cyrielle Golin & Antoine Mourias
Rencontre avec Cyril Adda, autour de on album "L'îlot" et de sa session live de 5 titres
"Beethoven : intégrale des sonates pour piano" de Fazil Say
"Happy mood !" de François Ripoche
"L'appel de la forêt" de Julien Gasc
"Satchidananda", nouveau et 11eme mix de Listen in Bed
"Song for" de Noé Huchard
"Amours, toujours !" de Smoking Joséphine
"Rêve d'un jour" de The Chocolatines
"The Bear and other stories" de The Fantasy Orchestra
"Saint Cloud" de Waxahatchee"
et toujours :
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"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
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Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"Transmission" au Théâtre Hébertot
"Play Loud" au Théâtre La Flèche
"Satsang !" au Théâtre La Croisée des Chemins-Belleville
"Labiche Repetita" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Le Tour du théâtre en 80 minutes" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Dieu est mort. Et moi non plus j'me sens pas trop bien !" au Théâtre Le Funambule-Montmartre
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Palais des Glaces
"Cabaret décadent - Revue Electrique n°25" au Cirque Electrique
"Les Amants de Varsovie" au Théâtre du Gymnase
les reprises :
"Dementia Praecox" au Théâtre Elizabeth Czerzuk
"Ruy Blas" au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis
"Dieu, Brando et moi" au Studio Hébertot
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

"Coeurs" au Musée de la Vie romantique
et la dernière ligne droite pour :
"Hans Hartung - La fabrique du geste" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris

Cinéma avec :

"Le Cas Richard Jewell" de Clint Eatswood
"L'Etat sauvage" de David Perrault
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Ada & Rosie" de Dorothée de Monfreid
"De rien ni de personne" de Dario Levantino
"La mémoire tyranique" de Horacio Castellanos Moya
"Santa muerte" de Ganino Iglesias
"Tout pour la patrie" de Martin Caparros
"Bon Rundstedt, le maréchal oublié" de Laurent Schang
et toujours :
"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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