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Catherine Breillat    (février 2014) 

Réalisé par Catherine Breillat. France. Drame. 1h44 (Sortie 12 février 2014). Avec Isabelle Huppert, Kool Shen, Laurence Ursino, Christophe Sermet

Une fois encore, Catherine Breillat s'autorise à jouer à cache cache entre fiction et auto-fiction, autobiographie clinique et récit fantasmé.

Dans ce film fragile où elle tresse le portrait de Maud, une cinéaste diminuée physiquement qui a fait jadis des films sulfureux et met beaucoup de sa vie dans ses films, difficile de ne pas voir le reflet de sa propre histoire et la description pas à pas de ses mésaventures avec un personnage peu recommandable.

Même si elle affirme que "Maud, ce n'est pas moi", tout prouve le contraire, à commencer par la prestation époustouflante d'Isabelle Huppert qui s'est totalement inspirée de Catherine pour composer Maud.

Victime d'un AVC, Maud s'intéresse à un personnage médiatique, un escroc dit flamboyant, qui, par son seul charisme a extorqué de grosses sommes à des personnes célèbres. Fascinée, attirée voire aimantée par ce Viko, elle lui propose de faire un film avec elle et se jette alors dans la gueule d'un loup sans pitié, d'un scorpion qui ne peut que piquer.

Est-elle une victime consentante, une manipulatrice qui s'autodétruit consciemment dans une relation glauque où elle peut utiliser sa maladie pour une nouvelle fois construire quelque chose de très pervers ? Ou bien, est-elle une dupe victime d'un sacré menteur, qui profite de son état pour lui faire cracher chèque sur chèque ?

Faut-il faire une lecture littérale du titre, une lecture juridique (une femme diminuée physiquement et intellectuellement est victime d'un abus de faiblesse) ? Ou une lecture plus conforme à l'oeuvre de Catherine Breillat (Maud abuse de sa faiblesse pour se prouver qu'elle peut encore être paradoxalement quelqu'un qui domine un soi-disant dominateur) ?

Derrière un récit linéaire, presque clinique, dans lequel Isabelle Huppert compose une espèce de Nosferatu hémiplégique et s'implique totalement pour créer un personnage dont l'esprit est prisonnier d'un corps qui l'entrave, se fabrique un film lui aussi malade et double.

Est-on devant un objet mal ficelé, où tout s'échappe dans une construction digne d'une mauvaise télé-réalité, ou, au contraire, vit-on une expérience unique, celle d'une cinéaste diminuée qui transcende son mal en semant elle-même le doute sur ses capacités à pouvoir tenir les rênes d'un film ?

Alors qu'Huppert, à l'instar de Breillat, paraît parfaitement ambigüe, Kool Shen, pour son premier grand rôle, incarne son personnage avec une autorité réelle, sans se poser de questions. On a l'impression qu'il laisse sa vis-à-vis se perdre elle-même dans des calculs qu'il ne comprend pas, ou qui ne l'intéresse pas. A-t-il même un sentiment pour celle qui lui signe des chèques ?

En tout cas, l'alter ego de Joey Starr est un vrai partenaire pour Isabelle Huppert qui semble épater par sa performance instinctive et par tout le potentiel qu'on pressent en lui, et que le cinéma français devrait vite révéler.

Avec toutes les interrogations qu'il suscite, "Abus de faiblesse" de Catherine Breillat est un film pas commun, qu'on peut voir comme un film où Huppert en fait trop et Breillat pas assez, mais qu'on peut voir aussi comme un nouveau film expérimental d'une cinéaste qui, envers et contre tout ce qui l'accable, continue sa route.

Dans "Abus de faiblesse", elle offre, à qui aura la bienveillance d'accepter d'en être le témoin, le spectacle d'une vraie déchéance et l'incertitude d'une possible renaissance.

 

Philippe Person         
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Lecture avec :

"Disparue à cette adresse" de Linwood Barclay
"Metropolis" de Ben Wilson
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"Archives de la joie" et "Le vent léger" de Jean-François Beauchemin
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