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Jean-Stéphane Bron  février 2014

Réalisé par Jean-Stéphane Bron. France/Suisse. Documentaire. 1h40(Sortie 19 février 2014).

Après son très réussi "Cleveland contre Wall Street", Jean-Stéphane Bron revient dans sa chère Suisse pour évoquer une autre conséquence de la mondialisation : la montée en puissance de personnages charismatiques, dits populistes, qui cristallisent autour d'eux une forte réaction nationaliste.

Leader du "Parti du peuple suisse", Christian Blocher incarne pour la Suisse, cette tentation d'un repli sur des valeurs anciennes ancrées dans une tradition identitaire.

Bien entendu, on sait que le cinéaste n'est pas en empathie avec son personnage et qu'il le filme avec l'idée de le "démasquer", de montrer que ce partisan d'une Suisse plus blanche et germanique que cosmopolite joue un double jeu de Tartufe et que cet industriel parti de rien fait de bonnes affaires avec ses amis chinois et se sert de cette main d'oeuvre bon marché qu'il dénonce auprès de ses compatriotes.

Bref, le face à face est posé : Jean-Stéphae Bron est là pour "se faire" Blocher, avec peut-être ce reste d'arrogance de l'intellectuel face à quelqu'un qui joue à tout, sauf à penser ; Christian Blocher, qui sait tout cela et qui ouvre en grande largeur les portes de son intimité au cinéaste, est là pour embobiner le "gauchiste", pour créer chez lui un effet "syndrome de Stockholm".

Tout l'enjeu du film est donc de savoir si chacun va rester sur ses positions, dans un jeu de chat et de souris où, selon ses propres convictions, le spectateur déterminera qui est le chat qui s'est amusé avec la souris.

Certains verront donc Blocher comme un "fasciste" ou tout au moins un "proto-fasciste" dont les idées néfastes déferlent dans toutes les "démocraties" occidentales. Ils seront confortés par le récent référendum sur l'arrêt de l'immigration qui porte la patte de Blocher.

D'autres considéreront le politicien Blocher comme un vrai homme de conviction, habité par un rêve de monde meilleur, beaucoup moins cynique et plus honnête dans sa rhétorique que ses collègues de "gauche" qui délivrent un message progressiste et appliquent des politiques conservatrices.

En tout cas, Jean-Stéphane Bron aura su montrer la complexité du personnage. Comme Yves Jeuland le faisait dans "Le Président" avec Georges Frêche, il dessine un homme complexe et comprend, malgré ses préjugés et ses présupposés, qu'il est devant une intelligence supérieure.

Cette constatation crée chez Bron une interrogation, qu'il ne résout pas, car elle tient peut-être de la sociologie ou de la psychanalyse : pourquoi Blocher s'est-il bâti ce personnage clivant, suscitant des sentiments exacerbés qui finissent par lui nuire, plutôt que de jouer sur le registre habituel du consensus où il aurait sans doute triomphé de tous ses adversaires.

Documentaire brillant, foisonnant, passionnant, "L'Expérience Blocher" de Jean-Stéphane Bron fait parfois penser à "Citizen Kane" quand Christian Blocher est filmé se promenant seul dans son "Xanadu" ou quand on le surprend assis, prostré au milieu de son royaume tel un vieux saurien hiératique dont seule une paupière bougerait. Mais Bron n'a pas instrumenté son personnage : ces images qui paraissent sortis d'une fiction de Welles sont bien celles d'un vrai pouvoir, qui fait à la fois peur et pitié.

Intense réflexion sur le politique, "L'Expérience Blocher" de Jean-Stéphane Bron devrait convaincre ceux qui veulent changer les choses qu'il y a quand même quelque chose de pourri dans ce système représentatif qui fabrique tous ces tigres de papier assurant sa vaine pérennité.



 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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