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Daniele Luchetti  mai 2014

Réalisé par Daniele Luchetti. Italie/France. Drame. 1h40 (Sortie 28 mai 2014). Avec Kim Rossi Stuart, Micaela Ramazzotti et Martina Friederike Gedeck.

En parlant de son film précédent, "La Nostra Vita", on s'était interrogé sur le parcours de Daniele Luchetti, en regrettant qu'il ait perdu un peu de son originalité, mais on avait conclu que son relatif repositionnement était à mettre sur le compte de la difficulté à être cinéaste de l'autre côté des Alpes.

"Ton absence" ouvre peut-être une nouvelle voie au cinéma de Daniele Luchetti qui, à la cinquantaine, s'inscrit nettement dans l'autobiographie et semble fouiller dans ses souvenirs d'enfance. Il se replonge dans ces années 1970, où la liberté sexuelle est mise en application, où les avant-garde sont encore dans la naïveté de l'utopie et pas mues par une logique strictement commerciale, et où un jeune garçon peut s'adonner au super-8 avec sa petite caméra Canon ou Kodak.

Évidemment ce jeune garçon qui hume la vie d'après 1968 et en perçoit les conséquences sur ses parents, lui ressemble beaucoup.

Sans avoir besoin de donner des gages politiques et sociologiques, il décrit comment l'air du temps du "tout est possible" pouvait pénétrer dans une famille "éclairée" de la bonne bourgeoisie italienne.

Hymne aux années heureuses d'avant les années de plomb et de leur continuité berlusconienne, "Ton absence" décrit comment une époque rétroagit sur un couple.

Ce temps où l'on pouvait - voire où l'on devait - douter, tâtonner, vivre des expériences, a pour conséquence que deux êtres qui s'aiment se quittent au moment où ils deviennent enfin eux-mêmes.

Le père du jeune Dario-Daniele est un artiste-peintre, du temps où les peintres n'étaient pas encore des "plasticiens", qui suit les voies conformistes de l'anticonformisme anti-bourgeois, avant d'enfin trouver sa voie après beaucoup d'errements.

Sa mère, elle, découvre, notamment par une bisexualité imprévue, qu'elle peut être autre chose que la compagne d'un artiste. Et pendant ce temps-là, Dario-Daniele acquiert un point de vue en fixant l'un et l'autre sur ses petits films super 8.

On sent un sacré plaisir chez Luchetti à filmer le jeune Samuel Garofado qui joue Dario, c'est-à-dire lui-même, l'oeil posé sur sa petite caméra. Un plaisir aussi à donner à ce qu'il filme des couleurs estivales, celles de vacances paradoxales puisqu'elles aboutissent à la séparation de ses parents.

C'est avec sa fraîcheur de jeune filmeur qu'il semble analyser ce couple en délitement. Pour lui, là-dessus les choses n'ont pas changé. Enfant à la caméra super-8 ou cinéaste confirmé adepte du 35 mm, il pense que la séparation de ses parents n'avait pas lieu d'être et qu'ils ont été les jouets de cette "parenthèse enchantée" qui s'est vite refermée, celle où l'on croyait qu'il ne fallait pas hésiter à se jeter sans mode d'emploi dans tous les possibles...

Riche de beaux personnages, comme celui d'Helke (Martina Friederike Gedeck) toute en sensualité pour amener Serena, la mère du héros, vers les plaisirs saphiques, "Ton absence" fonctionne grâce à un très beau couple d'acteurs formé par Kim Rossi Stuart et Micaela Ramazzotti. Luchetti a trouvé en eux des parents de cinéma qui donnent envie d'en savoir plus sur leurs modèles réels.

Film jamais passéiste, "Ton absence" de Daniele Luchetti diffuse des années 1970 un parfum frais et plein de douce nostalgie. On conseillera au réalisateur de poursuivre dans cette veine autobiographique où il sait inviter en ami le spectateur qui n'aura jamais le sentiment d'être un intrus dans cette cellule familiale qui, envers et contre tout, déborde d'amour.

 

Philippe Person         
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