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Théâtre 13/Seine  (Paris)  mars 2014

Comédie dramatique écrite et mise en scène par John Arnold, avec John Arnold, Aurélia Arto (ou Estelle Chabrolin), Philippe Bérodot, Bruno Boulzaguet, Jean-Claude Bourbault, Samuel Churin, Evelyne Fagnen (ou Myriam Azencot), Antoine Formica, Jocelyn Lagarrigue (ou Joffrey Roggeman), Marion Malenfant, Olivier Peigné, Fabienne Périneau et Maryse Poulhe.

Sans y mettre aucune connotation péjorative, on dira tout de suite que "Norma Jeane" est un "biopic théâtral", un grand livre d'images d'Épinal américaines, qui joue et se joue des types et des stéréotypes véhiculés par le cinématographe.

Pour parvenir à ce bombardement de saynètes, John Arnold aura lu "Blonde" de Joyce Carol Oates, livre monstre qui a pour sujet un monstre sacré. Si l'on est mal attentionné, on pourra dire que la fiche "Wikipédia" de Marilyn Monroe aurait suffi puisque le spectacle de John Arnold reprend les "stations" de la vie de la fausse blonde la plus adulée du monde.

Des "stations" christiques désormais plus connues que celles conduisant JC au Golgotha : mère folle, famille adoptive avec pervers polymorphe, calendrier pou GI's, Hollywood nouvelle Babylone, les hommes préfèrent les Blondes, Joe di Maggio, Arthur Miller, l'Actor's Studio, les Kennedy, Happy Birthday Mr President, Edgar Hoover et le FBI, les cachets de Nembutal...

Dans ce maelström pour journaux people, John Arnold, avec son physique d'acteur finlandais pour chef d'oeuvre d'Aki Kaurismaki, a eu la tentation d'un spectacle à la "Lola Montès". La scène se résume presque au rond d'une piste de cirque, mais avec un Monsieur Loyal épisodique et sans fouet, qui use parfois d'un micro avec la tentation d'être un bonimenteur médiatique.

Marilyn-Norma-Marion Malenfant s'y retrouve souvent allongée pour y naître ou y mourir. Il faut dire que John Arnold a sous la main une actrice - on osera l'écrire - bien supérieure à son modèle, à la fois crédible en petite Norma Jeane avec son tigrou et en MM sexy et glamoureuse.

On félicitera Arnold de l'exposer sous toutes les coutures et Marion d'avoir accepté d'offrir son corps dans toute la pudeur de son impudeur. Qu'on se souvienne de la construction erratique de Marilyn en star blondissime et l'on appréciera la belle plastique nature de cette autre MM.

Marion Malenfant - hurlez fans nécrophiles ! - meilleure actrice que l'original, doit sans cesse se souvenir qu'elle incarne une pathétique petite fille à peine vivante, à peine actrice, posant mal la seule question qui lui importait : "Y a-t-il quelqu'un qui m'aime vraiment ce soir ? ".

La force du spectacle de John Arnold, c'est d'avoir sous ses ordres une troupe d'acteurs polyvalents, heureux de jouer plusieurs rôles, heureux de redonner de la chair à une icône frelatée, dérisoire, émouvante, la dernière victime de l'usine à rêves avant que la télé ne condamne les studios.

Évidemment, on est de temps à autre dans une saynète obligée qui casse un peu le rythme de cette plongée dans la tête de Monroe. On aurait aimé pouvoir zapper les Kennedy, ses cochons déguisés en garçons de bain, se dispenser de l'anniversaire présidentiel, d'autant qu'Arnold a pris l'initiative de ne pas jouer des "poupou pidou" et ne parle pas du N°5 de Chanel.

Mais on ne condamnera pas John Arnold pour les épisodes qu'il a choisis ou ceux qu'il a supprimés. Il fallait de toute façon opérer des choix ou se résigner à une soirée très longue. Le portrait de Marilyne Monroe qu'il donne, via Joyce Carol Oates, paraît sans contresens.

Méditation sur la vaine gloire d'une femme qui ne cherchait qu'un brave gars pour réchauffer son froid cœur d'artichaut, "Norma Jeane" est un beau morceau de bravoure qui résume sans cruauté un destin brisé. Peut-être que Marilyn Monroe là où elle se trouve ou ne se trouve pas, préférerait qu'on l'oublie.

Mais John Arnold, ses acteurs tous excellents et ses spectateurs tous conquis ont tranché : le show must go on...

 

Philippe Person         
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