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Interview  (Paris)  jeudi 27 février 2014

Après un concert dans une petite salle à Paris, c’est encore sous le charme et la séduction de la musique de Pagan Poetry que nous rencontrons Nathalie Réaux, auteur, compositeur, interprète. Elle nous accorde quelques instants d’interview avant de rejoindre ses musiciens Johann Chauveau aux claviers, Marie Lesnik au violon et Chloé Girodon au violoncelle pour l’enregistrement de la session. En surveillant les annonces sur sa page Facebook, vous aurez les informations des prochains concerts, et nous nous assurons que vous ne regretterez pas le déplacement.

Est-ce que tu peux nous expliquer comment Pagan Poetry est né ? Est-ce que tu as toujours eu ce projet de faire de la musique ?

Nathalie Réaux : Faire de la musique a toujours été un souhait. J’ai mis beaucoup de temps à considérer que c’était réalisable. J’étais partie pour être prof de latin-grec. La musique a toujours fait partie de ma vie et après un évènement, radical, j’ai décidé de m’y consacrer pleinement. J’ai commencé professionnellement en 2000.

J’avais fait de la musique avant. J’ai étudié le saxo, petite. Je me considère davantage comme une autodidacte. Et j’ai aussi étudié le piano pendant quelques années. Je regrette d’ailleurs d’avoir arrêté. Le fait de jouer avec des musiciens issus de la musique classique m’a obligée de me pencher sur un certain langage.

Et parle nous maintenant du travail de la voix.

Nathalie Réaux : Oui la voix, c’est vraiment mon instrument. Celui que je maîtrise le mieux. Celui que j’ai le plus travaillé. Sans prendre de cours, en cherchant par moi-même les sensations. J’ai écouté tellement de choses diverses et variées, ce qu’on écoutait à la maison, c’était plutôt de la variété puis je suis venue à la musique indé par les rencontres que j’ai faites. Pour moi, la voix est vraiment un instrument qu’on peut modifier et modeler que ce soit au niveau de la puissance, ou du relief, et du souffle. J’ai exploré toute l’étendue du territoire vocal pour moi, comme pour les gens avec qui je travaille parce que je suis coach vocal en parallèle. Même les sons pas beaux. Je suis une passionnée de la matière sonore.

Et tu as voyagé pour cette recherche ?

Nathalie Réaux : Des voyages intérieurs oui. Et des gros voyages intimes parce que la voix est tellement connectée à l’émotion qu’on voyage beaucoup. Je me suis intéressée à la musique du monde. En Afrique, il y a des sons dans le nez et c’est ça qui est beau. Et il y a les voix bulgares qui sont des voix très projetées, que j’ai étudiées pendant la collaboration avec Claire Diterzi, qui a fait sur l’album Tableau de Chasse tout un travail autour des voix bulgares. J’aimerais bien voyager davantage, découvrir des esthétiques différentes par rapport aux sons.

Comment se passent les compositions des chansons ?

Nathalie Réaux : Chaque morceau a une naissance propre. Ils ne sont jamais créés de la même façon. Il y en a un qui est né à partir de la kalimba (wonderworld). La kalimba est d’origine africaine, c’est un piano à doigt, j’adore. En plus, j’ai des origines africaines de par mon arrière-grand-père qui était sénégalais. C’est un son cristallin comme une boîte à musique. C’est pour ça que j’ai écrit une berceuse pour les proches qui sont passés à côté. "Another earth" est né de l’autoharpe. Ou d’une rythmique ou d’un bout de texte. Parfois je commence par exemple par la fin du morceau ("The unseen"), je tisse autour. J’ai la sensation d’être très lente dans la création, de "maturer" longtemps et ensuite elle peut être finie en 24h comme "The Unseen". Et d’autres chansons ont mis beaucoup de temps à arriver à terme.

Et les musiciens qui t’accompagnent, est-ce que tu les as recrutés en passant des annonces ?

Nathalie Réaux : Non ça a été des rencontres. Quand j’ai rencontré Johann, je lui ai tout de suite dit que nous ferions de la musique ensemble et je l’ai contacté quatre ans après, quand je me suis sentie prête. Il jouait à ce moment dans une formation de musique baroque. Je voulais travailler avec des musiciens classiques, des cordes. Et lors de ma première résidence dans la Sarthe, Johann est venu et m’a présenté Marie, la violoniste. Et elle est aussi toujours là. Je ne crois pas au hasard mais c’est comme ça que ça s’est passé. Et concernant Chloé. Le musicien, le violoncelliste que Johann devait me faire rencontrer n’était pas disponible, enfin ça n’arrivait pas à se mettre en place. Une amie m’a parlé au même moment de son professeur de violoncelle avec qui ça marchait super bien. Je l’ai contactée. Et j’ai donc proposé à Chloé de nous rencontrer. Elle est venue voir ce que je faisais et voilà.

Tu avais l’idée dès le départ de cet ensemble piano, violon, violoncelle ?

Nathalie Réaux : Je savais que le piano était important. Et les cordes m’ont toujours fait rêver. Les grands ensembles à la Sufjan Stevens où ils sont douze sur scène, d’ailleurs c’est ce que j‘ai fait pour la sortie de l’EP. Cela m’a toujours fait fantasmer. Et ma musique a cette forme de lyrisme qui colle bien. J’en ai toujours rêvé et je ne savais pas que ça allait être possible. Aujourd’hui c’est réalisable. Et ce qu’on fait à quatre ressemble beaucoup à ce que je voulais. Je voudrais ajouter de l’électro, des machines. Le disque a été d’ailleurs plus pensé comme ça, il a une autre robe. Et j’aimerais pouvoir me produire avec des gens aux machines, percussionniste qui lance des boucles. A l’avenir. Aujourd’hui on joue en acoustique, on évite des contraintes matérielles juste impossibles et on le fait aussi parce qu’on aime cette ambiance.

Avec l’électro tu ne penses pas que ça modifierait le côté incarné tout en générosité du récital ?

Nathalie Réaux : Je ne pense pas. Parce que la générosité comme tu dis ne provient pas de l’habillage de la musique. Pour moi la source, c’est l’énergie des gens qui la jouent. Ce serait différent mais je ne pense pas qu’on perdrait cette proximité. En ce moment, je joue devant soixante personnes, donc je suis au milieu du public. C’est sûr que sur une grande scène, ce que je me souhaite, il y a une grande fosse entre les musiciens et le public mais j’espère ne jamais perdre cette connexion avec les gens. Alors j’adapterai. Parce que nous on la sent aussi, donc c’est assez magique. C’est très confortable de jouer dans ce contexte là. Ça permet d’apprivoiser. Parce que ça y est, on se connait entre nous. Les gens qui viennent nous voir ne nous connaissent pas toujours, alors eux comme nous, prenons un risque. Et pour l’instant on a des retours merveilleux, des émotions, et des mails le lendemain des concerts qui me disent des choses… Ouah… et là je sais pourquoi je fais ce métier. C’est exactement ce que j’avais envie d’offrir aux gens… et qu’ils ont reçu. Et là tu as un sentiment d’accomplissement et de justesse de soi.

Après rester dans quelque chose d’habituel, ça peut être dangereux. Pour moi, il faut amener sa musique ailleurs. Les concerts se suivent et ne se ressemblent pas. J’aime bien que ma musique ne soit pas habillée de la même façon à chaque concert.

Tu prends soin également de créer une ambiance par la lumière. Tu as ce souci de l’ensemble du spectacle ?

Nathalie Réaux : J’ai lu une phrase de Gonzales, le pianiste qui disait que respecter la musique, c’était respecter son équivalent visuel, philosophique. Et ça a résonné hyper fort à l’intérieur de moi. J’accorde du détail à ça. Je trouve que la musique, c’est un tout, c’est ce qu’on entend, et les silences, ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, ce qu’on suggère. La musique va au-delà du son.

Tu parlerais de mise en scène ?

Nathalie Réaux : Non, étonnamment, parce que je suis très instinctive, je sais que je mettrai des bougies et des guirlandes autour de la scène. Et tout ce qui se passe à l’intérieur du concert, je ne prépare pas, ni ce que je vais dire, ni comment je vais bouger. C’est une liberté dans un cadre.

Tu reprends Kate Bush ou Lhassa, le groupe se compose de femmes majoritairement. Est-ce que c’est conscient ce côté féminin ?

Nathalie Réaux : Pas vraiment. Ca s’est fait malgré moi. Je sens que j’ai un féminin très fort mais aussi un masculin très fort. Dans ma culture musicale, j’ai écouté beaucoup de musiciens homme également, autant sinon plus que de femmes. Mais tu vois ça s’est passé comme ça, avec le choix des musiciens. Ca n’aurait posé aucune difficulté que les musiciens soient des hommes ou des femmes. Je ne me pose pas la question selon cet angle là. C’est l’énergie de la personne qui m’importe. Je vois qu’en ce moment c’est le féminin qui s’exprime le plus et j’aime bien ça en fait.

Après, moi je suis une femme avec un tempérament de lead, pas très soumise, donc là aussi ça peut déranger, ce n’est pas ce qu’on attend… enfin pour des gens… on vit parfois des situations un peu cocasses.

Ton premier EP est sorti…

Nathalie Réaux : Oui en novembre 2013 et je prépare un album, plus pour début 2015.

Tu continueras à chanter en anglais ?

Nathalie Réaux : Oui pour cet album probablement parce que j’ai eu besoin de le faire pour le son, la vibration, la rondeur que je ne trouve pas pour le moment en français. Je ne me ferme pas cette porte. Tu vois, je pense à Emilie Simon qui passe de l’anglais au français.

Pagan Poetry, c’est une référence à Björk ? On te pose nécessairement la question.

Nathalie Réaux : Cela pourrait. En fait, j’ai réfléchi et je voulais que la poésie soit présente, cette élégance, la magie. Alors j’étais avec Poetry et je suis retombée sur cette chanson de Björk qui s’intitule "Pagan Poetry". Et la culture païenne est quelque chose qui me touche beaucoup, cette culture du respect des éléments, et du vivant. Je ne suis certainement pas une religieuse. Après je me suis dit : c’est chaud de reprendre le nom d’une chanson de Björk ! Après tout j’aime la musicienne, l’artiste, la femme engagée. Alors je me suis dit : de quoi tu t’excuserais de reprendre ce nom, elle le saura peut-être jamais. Voilà je me suis mis en paix avec ça et maintenant Pagan Poetry est devenu mon projet. Je ne le pense plus comme étant une référence à Björk.

Retrouvez Pagan Poetry
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !

 

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L'interview de Pagan Poetry (septembre 2015 )

En savoir plus :
Le site officiel de Pagan Poetry
Le Bandcamp de Pagan Poetry
Le Soundcloud de Pagan Poetry
Le Facebook de Pagan Poetry

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


Sandrine Gaillard         
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# 5 juillet 2020 : Un avant goût de vacances

il fait (presque) beau partout, on sort un peu de chez nous, on voit nos amis, on pense aux vacances. Chez Froggy's on continuera tout l'été à vous alimenter en culture mais ce sera peut être un peu plus calme. En attendant, voici le sommaire et bien sûr le replay de La Mare Aux Grenouilles #5 !

Du côté de la musique :

"Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.
et toujours :
"Grand prix" de Benjamin Biolay
"The Beethoven collection Vol1 : Sonatas by Clementi, Hummel, Dussek and Wolfl" de Jean-Efflam Bavouzet
"Eivind Groven Symphonies N°1 & 2" de Kristiansand Symphony Orchestra sous la direction de Peter Szilvay
"L'heure bleue" de Marianne Piketty, Le Concert Idéal
"Tu rabo Par'abanico" de Marion Cousin & Kaumwald
"Veines" de Merakhaazan
"Silas" de Silas Bassa

Au théâtre dans un fauteuil de salon avec :

des créations :
"La Putain respectueuse" par Gérard Gélas
"Dracula Asylum" par Felicien Chauveau
"L'Homme qui rit" par Gaële Boghossian
"Cage" par Jacques Bellay
"Kyste" de et par Eloïse Hallauer et Camille Soulerin
et une pépite : "Jimmy's blues" de James Baldwin par Nicolas Repac et Anouk Grinberg
du théâtre moderne :
"Vient de paraître" d'Edouard Bourdet par Jean-Paul Tribout
"La vie de Galilée" de Bertold Brecht par Eric Ruf
le répertoire classique par la Comédie français d'hier et d'aujourdhui :
"Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
"On ne badine pas avec l'amour" d'Alfred de Musset
Au Théâtre ce soir :
"Les Petits oiseaux" d'Eugène Labiche
"La Reine Blanche" de Barillet et Grédy
"Les Petites têtes" d?André Gillois
des comédies :
"L'Opération du Saint-Esprit" de Michel Heim
"Jeux de mots bêtes pour gens laids" autour de textes de Bobby Lapointe
"Pochettes Surprise" de Jacky Goupil
du côté des humoristes :
"Jean Luc Lemoine - Au naturel"
"Moustapha El Atrassi - Second degré"
du théâtre visuel avec "L'Avare" par la Compagnie Tàbola Rassa
et enfin du théâtre lyrique avec"Ercole Amante" de Francesco Cavalli par Christian Hecq et Valerie Lesort

Expositions :

les réouvertures de la semaine :
le Musée d'Art Moderne dela Ville de Paris avec les collections permanentes de "La Vie Moderne" dans sa nouvelle présentation et la salle Matisse
le Musée Rodin
le Musée national des Arts asiatiques-Guimet
le Musée Cognacq-Jay et le Musée du Louvre
et les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :
en salle "L'Envolée" de Eva Riley
at home avec :
du thriller :
"La Isla minima" de Alberto Rodriguez
"La Onzième heure" de John Lyde
de la romance :
"La revanche d'une blonde" de Robert Luketic
'"Aime-moi comme je suis" de Stephan Meyer
"Coup de foudre en cuisine" de James Hacking
du drame :
"L'ombre du doute" d'Aline Issermann
"Tout va bien on s'en va" de Claude Mouriéras
"Henri" de Yolande Moreau
Ciné-Club français des années 60 :
"L'Insoumis" d'Alain Cavalier
"Le Chien" de François Chalais
"La Voleuse" de Jean Chapot
"Les Ennemis" d'Edouard Molinaro
et des raretés :
"Le Champignon des Carpathes" de Jean-Claude Biette
"King of the White Elephant de Sunh Vasudhara

Lecture avec :

"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
"Un été norvégien" de Einar Mar Gudmundsson
et toujours :
"Be my guest" de Priya Basil
"De Gaulle sous le casque" de Henri de Wailly
"La faiblesse du maillon" de Eric Halphen
"Les jours brûlants" de Laurence Peyrin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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