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Musée Jacquemart-André  (Paris)  Du 14 mars au 21 juuillet 2014

En symbiose avec sa vocation et ses collections dédiées à la peinture du 18ème siècle, le Musée Jacquemart-André propose au visiteur d'en (re)découvrir un des genres qui fut novateur avec l'exposition "De Watteau à Fragonard - Les Fêtes galantes".

Ce genre est celui des "fêtes galantes" définies comme des scènes de plein air se déroulant dans des décors champêtres montrant des personnages occupés à des divertissements de société.

Bien que dédaigné par l'Académie et absent des collections royales françaises de l'époque, ce genre pictural, créé par Antoine Watteau, a perduré et connu un succès sans faille pendant près d'un siècle grâce aux faveurs des particuliers et des collectionneurs privés.

Les commissaires Christoph Vogtherr, directeur de la Wallace Collection de Londres, Mary Tavener Holmes, historienne d'art spécialiste de la peinture et du dessin français du 18ème siècle et Nicolas Sainte Fare Garnot, Conservateur du Musée Jacquemart-André, ont conçu un parcours didactique qui permet d'explorer les spécificités et la novation sensible au fil du temps d'un genre qu'ils considèrent, par la peinture idéale du plaisir partagé, comme célébrant l'art de la sociabilité.

L'immersion dans les plaisirs de la vie intervient dans une atmosphère délicieuse avec la scénographie confiée à Hubert Le Gall, familier des lieux qu'il décore de couleurs poudrées, tissu tendu et incrustations sylvestres réalisés par l'Atelier Jean-Luc Tamisier, propices à la sublimation d'oeuvres qui étaient destinées à orner salons et boudoirs.

Les Fêtes galantes : du badinage au libertinage

Considéré comme mineur au regard de la hiérarchie officielle des genres picturaux ce qui permettait au peintre de s'affranchir des règles académiques, encouragé par les Lumières et apprécié de la clientèle privée, ce registre a connu un succès pérenne et permis aux émules de Watteau de l'enrichir de variations significatives.

En 1717, avec "Le pèlerinage à Cythère", Watteau invente le genre de la fête galante par hybridation de la pastorale vénitienne et de la fête champêtre flamande du 16ème siècle qu'il transpose dans des parcs et jardins imaginaires et actualise à la mode du 17ème siècle français avec notamment les costumes inspirés de ceux du théâtre.

Sans ancrage dans le réel, ces fantaisies dépourvues de message explicite et de contenu narratif s'inscrivent dans le registre d'un art pictural évocatoire qui s'adresse au seul regard, pour le "plaisir des yeux" nonobstant le pouvoir suggestif toujours subjectif de l'image.

Ainsi qu'en témoignent les dessins présentés dans une section graphique, qui ne sont pas des esquisses au sens préparatoire du terme mais des croquis de personnages, attitudes et paysages formant une "bible" dans laquelle le peintre puise pour ordonner ses compositions.

Elles s'apparentent à un exercice de style pour illustrer une vie sociale idéale avec de gracieuses figures détachées de toute contingence matérielle qui se livrent aux plaisirs d'une oisiveté frivole se déroulant dans une nature aussi luxuriante qu'idyllique.

Ce registre florissant et novateur donc "moderne" en son temps, inspirent d'autres peintres, au rang desquels Nicolas Lancret, Jean- François de Troy, Pierer-Antoine Quillard et Jean-Baptiste Pater, qui ne se contenteront pas d'exploiter un héritage - Watteau meurt prématurément en 1721, mais procèderont à trois novations significatives.

D'une part, ils font évoluer la scène de fantaisie en scène de genre contemporaine en lui imprimant une réalité tangible.

Cette évolution intervient par le biais de la contextualisation spatio-temporelle avec l'introduction d'éléments réels d'architecture ou de statuaire dans le décor, ("Fête galante avec Persan et statue" de Lancret) et sociale avec la peinture de pratiques aristocratiques comme le déjeuner de chasse ("Le dejeuner de chasse" de François Lemoyne, "Le repas au retour de chasse" de Lancret).

Par ailleurs, est introduite la figure de personnages identifiables, par référence au portrait de rôle, telles les danseuses célèbres ("Fête galante avec Melle Cochois" de Antoine Pesne).

D'autre part, ils insèrent la composante érotique qui tient à un érotisme suggéré, par exemple avec la figure de la baigneuse ("Baigneuses à une fontaine dans un paysage" de Pater), et à la peinture de situations propices au badinage amoureux et au libertinage ("Les Plaisirs du bain" de Lancret).

Enfin, apparaît l'anecdotisation avec des toiles investies d'une fonction narrative des aventures et jeux amoureux ("Rendez-vous à la fontaine ou L'alarme" de Jean-François de Troy, "La précaution inutile" de Jean-Baptiste Le Prince) qui va connaître son point d'orgue avec les deux maîtres de la peinture rococo que sont François Boucher puis son élève Jean-Honoré Fragonard.

Chez Boucher, l'érotisme est dévoilé dans des scènes plus intimistes avec moultes pastorales et bergères.

Et le propos amoureux devient explicite ("Les charmes de la vie champêtre", "L'école de l'amitié").

Avec les "flamboyants caprices" de Fragonard, il n'est plus question d'émotion intellectuelle et de jeux de société.

Mais de sensualité explicite et de jeux sexuels avec "Le jeu de la main chaude" et les esquisses de "La poursuite" et de "La surprise" lesquels constituaient avec "La fête à Saint Cloud" un vaste ensemble décoratif conçu pour être intégré dans des boiseries.

De Watteau à Fragonard, les plaisirs d'un siècle pour un art du désir.

 

En savoir plus :

Le site officiel du Musée Jacquemart-André

Crédits photos : Droits réservés
avec l'aimable autorisation du Musée Jacquemart-André


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