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puce Le Roi Lear
Théâtre de la Ville  (Paris)  mai 2014

Drame de Shakespeare mis en scène par Christian Schiaretti, avec Serge Merlin, 
Pauline Bayle, Andrew Bennett, Magali Bonat, Olivier Borle, Paterne Boungou, Clément Carabédian, Philippe Duclos, Philippe Dusigne, Christophe Maltot, Mathieu Petit, Clara Simpson, Philippe Sire, Julien Tiphaine, Vincent Winterhalter  et Marc Zinga.

Du bruit, de la fureur, de l'action, des morceaux de bravoure. C'est un "Roi Lear" coloré, violent, bien raconté que Christian Schiaretti propose avec Serge Merlin dans le rôle-titre.

Pas question ici d'une relecture mais d'une lecture littérale dans laquelle c'est l'interprétation de chacun des protagonistes qui donne sens à l'ensemble. Qu'on connaisse parfaitement ou pas du tout le drame de Shakespeare, on en comprend d'emblée le propos : la condamnation du pouvoir absolu.

Aveuglé par la langue de bois qu'on lui déverse pour le flatter, le roi Lear fait seul le mauvais choix pour sa succession. Anticipant Montesquieu, Shakespeare pense que tout pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument.

D'où ce tourbillon vertigineux d'obsédés par le pouvoir qu'additionne le dramaturge anglais dans ce "péplum médiéval", mais Goneril et Régane, les filles de Lear, et Edmond le bâtard de Gloucester sont également mus par d'autres passions humaines (la soif de richesse, l'amour, la jalousie) qui viennent fragiliser leur quête irrationnelle de la souveraineté.

Pourquoi tout ça ? Pourquoi toute cette agitation alors que la mort est fatalement au bout du chemin ?

En plus de trois heures et demie denses, rythmées, fluides, l’errance de Lear et la souffrance de ses rares fidèles atteint la dimension d’une épopée. On ne s’ennuiera pas un instant dans ce grand spectacle qui évite toute grandiloquence malgré un décor grandiose de Fanny Garnet.

L’action se passe en effet à l’intérieur d’un grand pan de mur circulaire en bois, évoquant le Théâtre du Globe avec des ouvertures qui peuvent se rétracter, faisant office de portes et facilitant les nombreux déplacements des protagonistes.

Dans ce cadre ingénieux, bénéficiant des lumières de Julia Grand, se meuvent avec grâce des personnages qui flamboient dans des costumes magnifiques de Thibaut Welchin. Même en haillons, Lear et ses compagnons paraissent majestueux.

Reste à souligner l’interprétation. D’abord, celle tonitruante de Serge Merlin dont la colère ne connaît pas un instant de répit. Sans âge, malingre et aérien, il ressemble avant de renoncer au pouvoir à un Florent Pagny qui parlerait comme le général de Gaulle.

Puis, abandonné de presque tous, c’est un mélange de Robinson Crusoe et de l’abbé Faria attendant son Edmond Dantès qui hurle à mort. Cette interprétation sans nuances saisit le spectateur, quelle que soit sa réticence, et s’impose avec évidence.

En contrepoint, ses partenaires peuvent jouer avec plus de distance et de légèreté. On retiendra, entre autres, la prestation de Marc Zinga, très à l’aise dans le rôle du méchant Edmond de Gloucester ainsi que celle de Vincent Winterhaller donnant une dimension altière au fidèle duc de Kent.

Tous en ont en bouche la langue de Shakespeare que la traduction d’Yves Bonnefoy pousse vers la simplicité en s’épargnant de la surcharger d’un flot de mots poétiques.

Avec cette grande fresque populaire, Christian Schiaretti sert parfaitement Shakespeare et permet de la transmettre à tous les publics qui, ainsi, auront pu découvrir ce que signifie l’expression "grand spectacle théâtral".

 

Philippe Person         
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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
"Le tumulte" de Sélim Nassib
"Un profond sommeil" de Tiffany Quay Tyson

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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