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Richard Ayoade  août 2014

Réalisé par Richard Ayoade. Grande Bretagne. Comédie dramatique. 1h33 (Sortie le 13 août 2014). Avec Jesse Eisenberg, Mia Wasikowska, Wallace Shawn, Noah Taylor, Yasmin Paige, Cathy Moriarty, Phyllis Somerville et James Fox.

Libre adaptation d'un roman éponyme de Dostoievski, débarrassée de surcroît de toute connotation anecdotique ou pittoresque notamment quant à son ancrage dans la Russie du 19ème siècle, "The Double" relate l'étrange aventure survenue à un jeune homme timide, inhibé, terne, maladroit et timoré.

La première scène est à cet égard révélatrice : assis dans un wagon vide, il obtempère quand un voyageur, qui tient un journal dont un gros titre est "collapse", lui demande de se lever car il occupe "sa"place.

De plus, souffrant de dysphorie. Il est angoissé par sa transparence sociale et sa non-existence (il se ressent comme Pinocchio avant son humanisation). Modeste employé souvent moqué et injustement traité, amoureux transi de la jeune fille affectée au service de la photocopie qui occupe un studio en face du sien, il mène une vie solitaire, dépourvue tant de reconnaissance que d'amour (sa mère qui végète dans un hospice le méprise).

Sa vie est soudainement bouleversée par l'arrivée d'un jeune homme, son homonyme inversé, qu'il perçoit comme son sosie et son double en miroir même si les autres ne perçoivent qu'une simple ressemblance. Physique identique mais caractère opposé, celui-ci se montre sûr de lui, entreprenant et charismatique et correspond àla personne qu'il aimerait être.

Dans un premier temps, cet intrus gémellaire est providentiel car il lui apporte son aide. Ensuite, intervient un revirement radical de situation où, changeant de comportement, il devient usurpateur.

Si par son titre "The Double" annonce clairement la thématique, son traitement par Richard Ayoade est singulière dans la mesure où le parti pris du réalisateur britannique est justement de n'avoir pas pris parti pour un des genres qu'elle nourrit, le romantisme noir et le fantastique en passant par la psychose.

En effet, placé sous le signe de la déréalisation et immergé dans un univers à l'ancrage spatio-temporel singulier - bureaucratisme soviétique mâtiné "brocante" à la Jean-Pierre Jeunet, ère pré-informatique des années 1950 et cités-dortoirs concentrationnaires - qui contribue à l'instauration d'une inquiétante étrangeté propice tant au suspense qu'à la déstabilisation, le film composé d'un mélange de registres se déroule, comme le parcours d'un funambule, sur le fil du rasoir en laissant toujours ouvert le champ des possibles laissé à l'appréciation du spectateur et ce jusqu'au dénouement qui est loin d'être conclusif.

Dans sa déclinaison syncrétique déjà foisonnante de la thématique du double, dualité janusienne exacerbée, manifestation onirique ou hallucination autoscopique, qui oscille entre film noir, tragi-comédie loufoque et cauchemar teinté d'humour noir à la Topor, Richard Ayoade injecte d'autres thématiques telles, entre autres, celle du regard (l'anti-héros est un voyeur qui épie sa bien-aimée) et de la représentation de la réalité dans son acception surréaliste de trahison des images (le dessin qui reproduit au féminin le tableau "La reproduction interdite" de Magritte).

La partition, riche et complexe, se déroule dans un monde rendu glauque par le filmage sous filtre jaune, de nuit dans la semi-obscurité, de jour sous l'éclairage artificiel des néons blafards d'une entreprise-bunker souterraine, et un univers sonore constitué de sons bizarres et anachroniques.Les effets spéciaux et effets visuels ne visant ni le spectaculaire ni le démonstratif et le montage émérite renforcent l'incertitude.

Par ailleurs, elle bénéficie d'une excellente bande-son composée par Andrew Hewitt ponctuée de chansons, au caractère insolite en l'espèce, puisées parmi les hits de la pop japonaise et le pop rock scandinave des années 1960 saupoudrée de rock psychedelic coréen des années 1970.

A l'affiche, deux acteurs de la jeune génération hollywoodienne qui monte : Mia Wasikowska, visage de blonde hitchkockienne, pour un personnage séduit dans son rôle d'ange introverti pouvant se révéler cruelle et Jesse Eisenberg prête son physique d'adolescent au personnage central et campe de manière crédible tant le névrosé vulnérable et fuyant que son double arrogant.

Remarqué pour son premier opus "Submarine", Richard Ayoade signe un deuxième film de genre très personnel qui le place au rang des réalisateurs à suivre.

 

MM         
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# 13 octobre 2019 : On Manque de Mains D'oeuvres

Alors que la mairie de Saint Ouen a décidé de la fermeture de la salle mythique Mains d'Oeuvres, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour la culture. Alors on continue de notre côté avec beaucoup de musique, la fin de la session de Orouni, des tas de livres, du théâtre pour tous les goûts, des expos et plein d'autres choses (mais rien sur Dupont de Ligonnès). C'est parti.

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"Ship of women / Somewhere in a nightmare" de Olivier Rocabois
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