Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep Twitch
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Le Capital et son Singe
Théâtre de la Colline  (Paris)  septembre 2014

Comédie satirique d'après l'oeuvre de Karl Marx, mise en scène de Sylvain Creuzevault, avec Vincent Arot, Benoit Carré, Antoine Cegarra, Pierre Devérines, Lionel Dray, Arthur Igual, Clémence Jeanguillaume, Léo-Antonin Lutinier, Frédéric Noaille, Amandine Pudlo, Sylvain Sounier, Julien Villa et Noémie Zurletti.

Pour son retour, Karl Marx ne recule devant rien ! D'abord, il n'a aucun respect pour une salle mythique comme la grande salle de la Colline. Sans se soucier de l'intendance, qui suivra comme disent les militaires, il en revient aux bons vieux gradins populaires.

De part et d'autre de la scène qui doit géographiquement être ailleurs que l'habituelle, deux escaliers de gradins se font face et, égalité oblige, les spectateurs s'assoient où ils le veulent ou le peuvent. Une fois tout le monde mal installé, s'ensuit un long préambule rigolo un peu café-théâtre où l'acteur qui jouera bientôt Blanqui s'amuse à faire dialoguer tout seul comme un grand Sigmund Freud, Brecht et Michel Foucault.

Marx attendra donc encore un peu.. et même plus qu'un peu puisque la bonne douzaine d'acteurs qui surgit alors est composée des socialistes de toutes obédiences qui viennent de faire la Révolution de 1848. En écoutant leurs discussions animées, on constate déjà que les modérés et une partie d'eux-mêmes sont en train de passer à la moulinette la "sociale", la révolution du peuple.

Assis sur des tables pour manger des plats de lentilles avec un bon morceau de cochon, l'appétit des révolutionnaires est aiguisé et l'on suivra avec intérêt les propos de Blanqui, Raspail, Barbès... c'est-à-dire que l'on assistera à une vraie comédie de boulevards (parisiens) ! Et cela sous l'oeil de Friedrich Engels, l'alter ego de Karl.

La quinzaine d'acteurs qui participe aux débats est bien affûtée et leurs discussions se suivent avec intérêt et constituent bien une belle proposition théâtrale, perturbée par des numéros incongrus, notamment ceux d'un personnage qui visiblement récite des textes post-modernes et pas très marxistes...

Une fois installés trop confortablement dans la Révolution de 1848, le spectateur mal assis est soumis à un nouveau trauma : les acteurs changent de peau et de pays. Même si Marx n'est pas encore au rendez-vous, voilà Berlin en 1919, dans un repas de noces avec encore des socialistes (mais allemands) qui bavardent puis s'étripent au moment même où l'on enterre Rosa Luxembourg...

On restera longtemps dans cette configuration propice à bien des événements, avant que dans une dernière partie, on n'en revienne, mais pas que, aux procès des révolutionnaires futurs boulevards qui étaient les protagonistes de la première partie sont jugés par la "République" de Louis Napoléon Bonaparte.

Raconter autant de choses en 2 heures 45, c'est en soi une prouesse dont il faut féliciter Sylvain Creuzevault. Cette matière en fusion théâtrale brasse beaucoup de choses saisissantes et fournit de quoi alimenter de beaux moments de bravoure que l'on suit sans ennui.

Dans le même temps, elle pose une nouvelle fois la question de la "confusion". Raconter le monde comme une somme d'éléments hétéroclites qui se heurtent dans une dialectique chaotique, n'est-ce pas s'éviter le "vrai" travail d'un créateur, c'est-à-dire dépasser le constat pour donner à voir un peu de clarté et ne pas se contenter d'exposer le brouhaha pour se risquer à sa propre opinion ?

On pourrait d'abord reprocher à Sylvain Creuzevault de ne pas tenir sa promesse : même si à un moment quelques acteurs osent réciter quelques pages de "Das Kapital" sur la "valeur travail" qui ne les rendent pas plus limpides qu'à la lecture, on est ici dans l'adaptation de "La Lutte des classes en France en 1848" et du "Coup d'état de Louis-Napoléon", livres politiques de Marx.

On pourrait surtout lui reprocher de ne pas encore canaliser son énergie débordante et de trop vouloir en dire et en montrer. La partie "allemande" de "Le Capital et son singe" est-elle vraiment nécessaire ? Pourquoi transformer le procès des révolutionnaires en sketchs qu'achèterait sans problème Canal Plus ?

Reste une sacrée bande d'acteurs, un metteur en scène doué qui, s'il n'est pas mangé par la vaine gloire du moment, et s'il ne croit pas que ce qu'il répète en collant à la "Godard" des propos divers et variés a un sens, politique et philosophique, peut éviter l'habileté d'un grand faiseur.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 19 mai 2024 : Le plein de news avant l'été

L'été approche et avec lui la pénurie de sorties en tout genre mais d'ici là, on fait le plein !.
Pensez aussi à nous soutenir en suivant nos réseaux sociaux et nos chaines Youtube et Twitch.

Du côté de la musique :

"Amour noir" de Bad Juice
"Session" de Bruit d'Avril
"Tonight will only make me love you more" de Caesaria
"What the thunder said" de Elysian Fields
"Une vie cool" de Matt Low
MATW, Soft Michel, Sun, Sunshade, Seppuku, Servo et Dye Crap à découvrir
"The Lake" de Morgane Imbeaud
"La balade sauvage" de Nicolas Paugam
"London tropical" de Space Alligators
"Slydee" de Sylvain Daniel
"Nos chansons préférées de WHY" c'est le 30ème épisode du Morceau Caché
et toujours :
"Following the sun" de Alexis Valet
"Batist & the 73'" de Batist & The 73'
"El magnifico" de Ed Harcourt
"Big anonymous" de El Perro Del Mar
Petit coup d'oeil sur le Festival Paysage Pop #2
"Until now" de Gabriel Pierre
"A kingdom in a cul-de-sac" de Ha The Unclear
"Dysphorie" de Intrusive Thoughts
"Family affair" de Kokopeli
"La balade sauvage" de Nicolas Paugam
"Korzéam" de Thibaut Wolf
"Folk tales of today" de Two Magnets

Au théâtre :

les nouveautés :

"La contrainte" au Théâtre La Verrière de Lille
"Les possédés d'Illfurth" au Théâtre du Rond Point
"Les tournesols" au Théâtre Funambule Montmartre
"Un faux pas dans la vie d'Emma Picard" au Théâtre Essaïon

"L'affaire Rosalind Franklin" au Théâtre de la Reine Blanche
"Un mari idéal" au Théâtre Clavel
"Chère insaisissable" au Théâtre Le Lucernaire
"La loi du marcheur" au Théâtre de la Bastille
"Le jeu des ombres" au Théâtre des Bouffes du Nord
et toujours :
"Capharnaüm, poème théâtral" au Théâtre de la Cité Internationale
"Jean Baptiste, Madeleine, Armande et les autres" au Théâtre Gérard Philipe
"Majola" au Théâtre Essaïon
"Mon pote" au Théâtre de la Manufacture des Abbesses
"Tout l'or du monde" au Théâtre Clavel
"Dans ton coeur" au Théâtre du Rond Point
"Du pain et des jeux" au Théâtre 13 Bibliothèque
"Vernon Subutex" au Théâtre des 2 Rives
"37 heures" au Théâtre la Flèche
"Fantasmes" au Théâtre La Croisée des Chemins
des reprises :
"Rembrant sous l'escalier" au Théâtre Essaion
"Le chef d'oeuvre inconnu" au Théâtre Essaion
"Darius" au Théâtre Le Lucernaire
"Rimbaud cavalcades" au Théâtre Essaion
"La peur" au Théâtre La Scala

Une exposition à la Halle Saint Pierre : "L'esprit Singulier"

Du cinéma avec :

"Roqya" de Saïd Belktibia

"L'esprit Coubertin" de Jérémie Sein
et toujours :
"Le déserteur" de Dani Rosenberg
"Marilu" de Sandrine Dumas
"Que notre joie demeure" de Cheyenne-Marie Carron
"Amal" de Jawad Rhalib
"L'île" de Damien Manivel
"Le naméssime" de Xavier Bélony Mussel
"Yurt" de Nehir Tuna
"Le squelette de Madame Morales" de Rogelio A. Gonzalez

Lecture avec :

"Le temps des cerises" de Montserrat Roig
"Neuf mois" de Philippe Garnier

"De sable et d'acier" de Peter Caddick-Adams
"Je ne suis pas un héros" de Eric Ambler
"Après minuit" de Gillian McAllister

"C'était mon chef" de Christa Schroeder
"L'embrasement" de Michel Goya
"Nouvelle histoire d'Athènes" de Nicolas Simon

"Hervé le Corre, mélancolie révolutionnaire" de Yvan Robin
"Dans le battant des lames"' de Vincent Constantin
"L'heure du retour" de Christopher M. Wood
"Prendre son souffle" de Geneviève Jannelle
et toujours :
"L'origine des larmes" de Jean-Paul Dubois
"Mort d'un libraire" de Alice Slater
"Mykonos" de Olga Duhamel-Noyer
"Des gens drôles" de Lucile Commeaux, Adrien Dénouette, Quentin Mével, Guillaume Orignac & Théo Ribeton
"L'empire britanique en guerre" de Benoît Rondeau
"La république des imposteurs" de Eric Branca
"L'absence selon Camille" de Benjamin Fogel
"Sub Pop, des losers à la conquête du monde" de Jonathan Lopez
"Au nord de la frontière" de R.J. Ellory
"Anna 0" de Matthew Blake
"La sainte paix" de André Marois
"Récifs" de Romesh Gunesekera

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
twitch.com/froggysdelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=