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Théâtre de l'Atelier  (Paris)  septembre 2014

Monologue dramatique de Bernard-Henri Lévy dit par Jacques Weber dans une mise en scène de Dino Mustafic.

Un instant emporté par l'écho des applaudissements qui saluent la tirade finale de Jacques Weber qui ose ici endosser l'habit du monstre sacré qui sait élever le niveau de son jeu, même si le terrain est miné et que la partie se joue dans le noir, le critique retombe vite sur terre.

Et se pose la sempiternelle question qui revient comme le sparadrap du capitaine Haddock quand il s'agit de parler de Bernard-Henri Lévy : est-il possible de dépasser le manichéisme absolu, c'est-à dire le choix binaire entre la dithyrambe et l'insulte ?

Faut-il saluer le luxe de la chambre de l' "Hôtel Europe" ou quitter à la cloche-de-bois Sarajevo et le théâtre de l'Atelier sans payer sa note ?

Evidemment, reste une troisième solution, celle de celui qui en sait plus que ses contempteurs ou ses adorateurs parce que lui, lit, voit, écoute ce que depuis bien des années M.Lévy dit, écrit, filme ou met en scène.

Et donc, pas question de traiter par-dessus le caleçon de Jacques Weber ce texte dense à la Thomas Bernhard, bourré certes de naïvetés mais aussi parfois de fulgurances, qui aurait mérité sans doute d'être plus sec et moins explicatif, plus mystérieux dans ses humeurs et ses nostalgies et moins géopolitique pour les nuls, mais qui contient quelque chose dont on ne fait jamais compliment à Bernard-Henri Lévy : un vrai sens de l’auto dérision.

Quand il avait été abattu en plein vol par les snippers de la critique cinématographique pour ce parfait film d'écrivains qu'était "Le jour et la nuit", il avait commis un de ses meilleurs livres, "Comédie", une espèce de fantaisie sollersienne où, malgré les blessures narcissiques qui venaient de l'atteindre, il savait rire de tout avec les quelques-uns qui le voulaient encore bien.

On peut déjà écrire qu' "Hôtel Europe" appartient à cette veine qu'il devrait cultiver plus souvent.

Car Bernard-Henri Lévy peut être amusant, et pas au énième degré. Il a compris, sans toutefois avoir l'aplomb de monter sur scène pour l'interpréter lui-même, que son personnage, celui qu'il a créé pour les médias ou que les médias ont créé pour lui (l'Histoire tranchera), pouvait faire rire du rire du bouffon.

Voilà donc sa créature, "BHL" coincé dans un hôtel de Sarajevo en train d'écrire un impossible discours pour "fêter" les vingt ans de la guerre en Bosnie, avec pour compagnon un ordinateur dont le spectateur voit la projection vidéo de son fond d'écran google.

De souvenirs en colères, d'éructations contingentes contre les barbes et les quenelles en réflexions lévinasso-husserliennes, le philosophe, qui n'oublie pas de faire repasser une chemise blanche, quitte le champ du raisonnable, conçoit un gouvernement rêvé comme dans la chanson de Gérard Lenorman, "Si j'étais président", et s'aventure aux prédictions les plus apocalyptiques pour une Europe qui attend Grouchy et qui aura Groucho.

Pour donner à ce "fourbi" halluciné post-célinien son éclat, Jacques Weber, qui se débat dans une mise en scène de Dino Mustafic qui aurait pu lui éviter de prendre son bain quotidien, devient tour à tour Philippe Sollers, Guy Bedos ou Michel Galabru, avant d'exploser tel qu'en lui-même dans ce final déjà culte.

Œuvre qui va cliver, "Hôtel Europe", que Bernard-Henri Lévy pourrait avantageusement amincir, doit peut-être être lue avant d'être vue.

 

Philippe Person         
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Cet été indien qui s'annonce n'est pas désagréable et apporte un peu de joie dans cette année bien triste. Plus modestement, voici notre sélection culturelle de la semaine pour vous réjouir, espérons-le, avec évidemment le traditionnel replay de la Mare Aux Grenouilles #10 toute fraiche

Du côté de la musique :

"Transience of life" de Elysian Fields
"Cerna vez" de Thomas Bel
"Bandit bandit" de Bandit Bandit
"Twins" de Collectif La Boutique
"Run run run (hommage à Lou Reed" de Emily Loizeau
Emily Loizeau en concert au CentQuatre
"Papillon blanc" de Gabriel Tur
"Dix chansons naturelles et sauvages" de Hugo Chastanet
"Both sides" le spectacle de Jeanne Added au CentQuatre
et toujours :
"Comme un ours" de Alexis HK
"Love songs" de Inflatable Dead Horse
"Charango" de Lisza
"Woman Soldier" de Morgane Ji
"Beethoven : Waldstrein & Hammerklavier" de Théo Fouchenneret

Au théâtre :

les nouveautés :
"Bananas (and the kings)" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le Nez" au Théâtre 13/Jardin
"Un conte de Noël" au Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis
"Un Ennemi du peuple" au Théâtre de Belleville
les reprises :
"Edmond" au Théâtre du Palais Royal
"Une Ombre dans la nuit" au Théâtre du Guichet-Montparnasse

"Derniers coups de ciseaux" au Théâtre des Mathurins
"Noire" au Théâtre du Rond-Point
"Mon dîner avec Winston" au Théâtre du Rond Point
"Elisabeth Buffet - Obsolescence programmée" au Grand Point Virgule

"Alexandra Pizzagali - C'est dans la tête" au Théâtre du Marais
"Olivia Moore - Egoïste" à la Comédie de Paris
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

"Yves Klein, l'infini du bleu" à l'Atelier des lumières
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma :

en salle :
"Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait" d'Emmanuel Mouret
"Adolescentes" de Sébastien Lifshitz
at home :
"Vers un destin insolite sur les flots bleus de l'ete" de Lina Wertmüller
"Volt" de Tarek Ehlail
"Les Héritiers" de Marie-Castille Mention-Schaar
"Les Guichets du Louvre" de Michel Mitrani
"Chambre 666" de Wim Wenders
et des curiosités:
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