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Théâtre Sébastopol  (Lille)  lundi 13 octobre 2014

Le jazz d’Ibrahim Maalouf est peu conventionnel : libre, il prend ses racines autant dans la musique arabe que le jazz contemporain, dans le rock progressif que dans le hard-rock. La particularité de ce trompettiste virtuose ? Jouer avec une trompette à quarts de tons (quatre pistons, donc), inventée par son père dans les années 60, susceptible de traduire les plus subtils écarts de tons de la musique arabe. Impressionnant savoir-faire, et le résultat est magnifique.

On imagine difficilement ce que la référence au hard-rock vient faire dans cette histoire. Et pourtant, si étrange que cela paraisse, cette référence, que d’aucuns jugeront interpellante, existe. A l’occasion d’un très beau morceau, "Beirut", le musicien nous raconte un épisode de son enfance au Liban, marchant seul dans les routes de Beyrouth, écoutant au casque Led Zeppelin. "Beirut" reprend les détails de cette marche mélancolique. On voit cet homme s’enfoncer dans les rues de la ville, fuyant la sécurité du foyer pour l’inconnu. La musique de Led Zeppelin représentera cet inconnu, à la fin du morceau, dans un long creshendo électrique. Ce morceau ne cache-t-il pas, sous une gaité de surface, le douloureux mystère d’un passé lointain ? Quand Maalouf se croit seul sur scène, ses mouvements en fait se libèrent de l’engourdissement. Le public est là, comme refuge. Accepter son passé en s’ouvrant progressivement au public, tel est le programme du musicien – c’est du moins ce que l’on en perçoit.

L’humour est d’ailleurs pour le trompettiste un bon point d’ancrage : entre deux morceaux, il nous raconte des anecdotes, touchantes, en prenant à partie le public, et derrière ses mots pointe une générosité. Il arrive aussi que cette générosité déborde du cadre du concert. La cohérence du début n’est pas toujours tenue. Ce sont les travers des groupes de jazz : forcer le trait sur des solos instrumentaux, certes joliment improvisés, mais préjudiciables au concert. On se laisse pourtant surprendre à les écouter, ces envolées, mais une lassitude nous vient (les clichés ont la vie dure). Un solo de guitare électrique, démonstratif, est de toute manière toujours trop long. Et la batterie enchaîne pour respecter la même logique. Où est passée la finesse du début, est-on tenté de se demander. Mais peut-on reprocher aux musiciens cette forme de générosité ? Le propos est sympathique, la démarche honnête, et la musique originale. Nous sommes en définitive reconnaissant à Ibrahim Maalouf d’avoir composé une musique si peu ordinaire.

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Ibrahim Maalouf
Le Soundcloud de Ibrahim Maalouf
Le Myspace de Ibrahim Maalouf
Le Facebook de Ibrahim Maalouf

Crédits photos : Cédric Chort (Toute la série sur Taste of Indie)


David Falkowicz         
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# 12 juillet 2020 : Un air d'été

On entre dans la saison des vacances, pour vous comme pour nos chroniqueurs. Vous nous retrouverez tout l'été quand même avec des éditions web plus légères et toujours notre Froggy's TV bien sûr avec La Mare Aux Grenouilles et plein d'autres émissions. c'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

La Mare Aux Grenouilles #6, sommaire et replay
"Noshtta" de L'Eclair
"Moderne love" de Toybloid
  "Les îles" de Benoit Menut
"Echange" de Brussels Jazz Orchestra, Claire Vaillant & Pierre Drevet
"INTENTA experimental & electronic music from Switzerland 1981-93" par divers artistes
"Jimmy Cobb" mix #19 de Listen In Bed
"Chausson le littéraire" de Musica Nigella & Takenori Nemoto
"Alessandro Scarlatti, il Martirio di Santa Teodosia" de Thibault Noally & l'Ensemble Les Accents"
et donc La Mare Aux Grenouilles numéro #5 avec la liste de ce qui a été abordé et le replay.

Au théâtre :

en salle :
"Littoral" au Théâtre de la Colline
"Karine Dubernet - Souris pas" au Point Virgule
et dans un fauteuil de salon :
des créations :
"Yvonne princesse de Bourgogne" par Jacques Vincey
"Lucrèce Borgia" par Lucie Berelowitsch
"La Dernière neige" de et par Didider Bezace
"Pinocchio" de Joël Pommerat
"Soulever la politique" de Denis Guénoun
"Je marche dans la nuit par un chemin mauvais" de et par Ahmed Madani
Au théâtre ce soir :
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"Le Tombeur" de Robert Lamoureux
"Une cloche en or" de Sim
du boulevard :
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Face à face" de Francis Joffo
du côté des humoristes :
"Bernard Mabille sur mesure"
"Christophe Alévêque est est Super Rebelle... et candidat libre !"
et finir l'Opéra :
avec du lyrique :
"Le Balcon" de Peter Eotvos par Damien Bigourdan
"Orlando furioso" de Antonio Vivaldi par Diego Fasolis
"La Flûte enchantée" de Mozart par Romeo Castellucci
et du ballet avec deux créations étonnantes : "Raymonda" de Marius Petipa et "Allegria" de Kader Atto

Expositions :

les expositions en "real life" à ne pas manquer :
"Otto Freundlich - La révélation de l’abstraction" au Musée de Montmartre
"Turner, peintures et aquarelles - Collection de la Tate" au Musée Jacquemart-André
"Harper's Bazaar, premier magazine de mode" au Musée des Arts Décoratifs
"Christan Louboutin - L'Exhibition[niste]" au Palais de la Porte Dorée
"Cézanne et les maîtres - Rêve d'Italie" au Musée Marmottan-Monet
"Coeurs - Du romantisme dans l'art contemporain" au Musée de la Vie romantique
"Les Contes étranges de N.H. Jacobsen" au Musée Bourdelle
les Collections permanentes du Musée Cernushi
"Le Monde selon Roger Ballen" à La Halle Saint Pierre
"Helena Rubinstein - La collection de Madame" et "Frapper le fer" au Musée du Quai Branly
"Monet, Renoir... Chagall - Voyages en Méditerranée" à l'Atelier des Lumières

Cinéma at home avec :
le cinéma contemporain
"A woman at war " de Benedikt Erlingsson
"Lulu" de Uwe Janson 
"L'Apotre" de Cheyenne Carron
"La tendresse" de Marion Hänsel
"Crawl" de Herve Lasgouttes
"Nesma" de Homeïda Behi
le cinéma culte des années 1920 :
"Le cuirassé Potemkine" de Sergueï Eisenstein
"Nosferatu le vampire" de Friedrich Wilhelm Murnau
"Le Cabinet du docteur Caligari" de Robert Wiene
"Les Deux Orphelines" de D.W. Griffith
et l'entre deux avec les années 1970 :
"Mado"de Claude Sautet
"La Traque" de Serge Leroy
"La femme du dimanche" de Luigi Comencini
et retour au 2ème millénaire avec de l'action :
"Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie" de Jan De Bont
"Blade Trinty" de David S. Goyer
avant de conclure en romance avec : "Un havre de paix  de Lasse Hallström

Lecture avec :

"La Chine d'en bas" de Liao Yiwu
"La nuit d'avant" de Wendy Walker
"Isabelle, l'après midi" de Douglas Kennedy
"Les ombres de la toile" de Chris Brookmyre
"Oeuvres complètes II" de Roberto Bolano
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