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Patrick Wang  novembre 2014

Réalisé par Patrick Wang. Etats-Unis. Drame. 2h49 (Sortie le 19 novembre 2014). Avec Sebastian Banes, Patrick Wang, Trevor St. John, Lisa Altomare, Susan Kellermann, Conan McCarty, Harriett D. Foy et Georgie DeNoto.

Frank Capra, Douglas Sirk, John Cassavetes...

Tout de suite, il faut mettre de côté ces noms qui viennent à l'esprit en voyant "In the family" pour ne pas écraser le film sous des références dont il soutient pourtant la comparaison.

Car, au risque de faire peur au spectateur facilement effarouché, ce film qui a la sérénité d'un film accompli, d'un film réalisé par un cinéaste ayant déjà une œuvre derrière lui, ne craint pas les longues scènes théâtralisées et sait ne pas se retenir pour créer des tensions qui se dénouent dans un déluge d'émotions qui nécessitent plus d'un mouchoir.

Pour son premier film, Patrick Wang n'a pas cherché la facilité. Il a construit une intrigue autour d'un problème qui fait polémique dans les sociétés occidentales, celui des enfants élevés par des couples homosexuels.

Pour rendre la situation encore plus inextricable, il a usé d'un stratagème diabolique : l'un des papas du petit Chip meurt dans un accident de la circulation... et, pas de chance, c'est le père biologique de l'enfant. Comme il n'avait pas officialisé sa relation avec son partenaire par un quelconque acte juridique, celui-ci se voit "reprendre" l'enfant par la famille de son amant mort. Il décide donc, alors que ses chances légales d'y parvenir sont pratiquement nulles, de récupérer son "fils".

Et, pour couronner le dispositif, ce jeune homme en plein désarroi, Joey Williams, est un asiatique, un petit chinois adopté enfant par une famille américaine du Tennessee...

Avec un tel scénario, il est fatal que Patrick Wang alias Joey Williams ait besoin de presque trois heures pour essayer d'obtenir gain de cause.

La grande qualité de Patrick Wang est d'avoir su éviter tout manichéisme. Les parents et la soeur de Cody croient bien faire en voulant donner une "vraie" famille à Chip. Avant le drame, ils n'avaient aucune animosité pour le compagnon de leur fils et l'acceptaient dans leur cercle familial. Simplement, la situation a changé et peu à peu un mur d'incompréhension s'érige entre tous les personnages.

Patrick Wang évite aussi un autre écueil : si le personnage qu'il joue est perdu par la disparition de son ami et par la lutte qui l'oppose à sa famille pour la garde de Chip, il n'est pas tout seul. Autour de lui, il y a toute une petite communauté de collègues de travail, de voisins ou de voisines, de parents d'élèves qui viennent le soutenir.

Et tout se passe, certains pourront le reprocher, dans une espèce de petit monde américain provincial où la solidarité prime sur l'égoïsme. C'est le côté Capra d'" In the family" de Patrick Wang : l'Amérique qui y est décrite a ses mauvais côtés, mais elle en a aussi de très bons, conditionnés avant tout par des valeurs chrétiennes qui ne sont pas que des mots ou des attitudes... et qui ne mettent pas sur le tapis la question "gay" dans une histoire d'amour filial.

Mais Wang n'en reste pas à la fausse naïveté tendance Capra et son récit prend une tournure plus "sirkienne", proche de ses grands films des années cinquante ceux qui montraient des gens qui devaient combattre la bien-pensance pour vivre ce que la vie les obligeait à vivre.

C'est l'enjeu de la dernière heure du film où, là aussi, il y a une surprise de taille : Patrick Wang n'a pas l'intention de résoudre la question posée au tribunal, avec "Je jure de dire la vérité..." ou "Je proteste votre honneur". Non, Wang préfère une très longue et passionnante séance de "conciliation", avec pour maître d'oeuvre un acteur formidable, Brian Murray, qui conseille Joey.

Ici la parole des uns et des autres vaut mieux que la justice et elle coule comme les larmes sur les joues des spectateurs tétanisés par ce déluge de mots, par ce lyrisme abrupt des faits et des actes. On pourrait presque écrire qu'on est dans du Cassavetes qui ne serait par interprété par des accros à la méthode Actor's Studio.

"In the family" de Patrick Wang saisit soudain par la force qu'il a su insuffler au traitement de son sujet.

Sans s'en rendre compte, peu à peu, celui qui aura été emporté par le film comprendra qu'il est face à quelque chose de très rare : une émotion existentielle qui a eu la modestie de se cacher derrière une émotion cinématographique.

Certains oseront parler de "chef-d'oeuvre", d'autres iront plus loin encore et risqueront "moment de grâce".


 

Philippe Person         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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