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puce Le Misanthrope
Théâtre de la Bastille  (Paris)  novembre 2014

Comédie de Molière, mise en scène de Thibault Perrenoud, avec Marc Arnaud, Mathieu Boisliveau, Chloé Chevalier, Caroline Gonin, Eric Jakobiak, Guillaume Motte, et Aurore Paris.

Y a-t-il une "police" du théâtre qui a pour mission de contrôler que les metteurs en scène respectent un "cahier des charges" bien précis ? C'est ce qu'on pourrait croire à la vue de la version du "Misanthrope" de la Compagnie Kobal't, mise en scène par Thibault Perrenoud.

D'abord, comme souvent cette saison, les spectateurs entourent la scène réduite à un espace rectangulaire avec quelques buffets où les acteurs pourront se fournir en eau ou en vodka, sans oublier les chamallows qu'ils n'hésiteront pas à lancer ou à recracher sur leurs camarades.

En outre, ces bouteilles ou ces chips auront une fonction "macaignienne" et pourront valdinguer quand les personnages seront colère. On précisera également que les protagonistes s'accorderont quelques privautés avec le public parmi lequel ils viendront se réfugier ou à qui ils lanceront quelques objets, un bouquet de fleurs notamment.

Doivent aussi être présentes, sous peine peut-être de ne pas répondre aux normes conventionnelles, des "platines" ou des ordinateurs qui déverseront une musique un peu postérieure à celle de Lully, en l'occurrence des chansons de Michael Jackson et de Madonna.

Enfin, et surtout, le héros devra montrer sa "quéquette", dixit Alceste qui s'acquitte lui-même et longuement de cette figure de style désormais obligatoire au théâtre : aligner des tirades sans forcément faire les liaisons ou respecter la métrique des vers mais forcément à poil.

Parsemé de ces tics d'époque, et, en prime, de quelques facéties vénielles, comme une imitation de Jacques Chirac par Marc Arnaud-Alceste, "Le Misanthrope" ne portera pourtant pas plainte pour "violences aggravées à chef-d'oeuvre".

Car, contrairement à des versions récentes, comme celle de Jean-François Sivadier, il n'y a pas une relecture abusive de la pièce. Alceste est bien un homme qui paie sa franchise et Célimène une vingtenaire encore immature, ce qui donne deux êtres passablement inadaptées à la société de cour où règne le paraître et le mensonge, dans un monde constamment sur ses gardes.

Dits par sept acteurs de grande qualité, les vers de Molière ne pourront guère se plaindre. Il en résulte que, malgré les incongruités décrites, et parfois aussi grâce à elles, le grand plus du travail de Thibault Perrenoud est de rendre très clair le texte de Molière et de permettre ainsi de comprendre facilement les enjeux de la pièce.

Rythmée, cette adaptation "bobo", où l'on voit Arsinoé cadenasser son mini-vélo, montre paradoxalement tout l'intérêt du "Misanthrope", pièce prenant pour héros des aristocrates et non des bourgeois, et décrivant elliptiquement comment la classe aristocratique vit la mise en place de l'absolutisme royal.

Il suggère aussi que "Le Misanthrope" est une grande pièce d'amour, peut-être d'un amour provisoirement impossible que le hors-champ de la pièce va transformer en définitivement impossible.

Marc Arnaud et Aurore Paris forment un couple "maudit" parfait. Ce n'est pas tous les jours que l'amour supposé purement platonique entre Alceste-Célimène est montré comme sensuel et gourmand et décrypté comme la victime d'intrigues de cour.

En espérant que les petits cochons et leurs effets faciles ne le mangeront pas, et qu'il saura canaliser son aisance au service des textes plus que du contexte, il faut féliciter Thibault Perrenoud pour son "Misanthrope". En l'agrémentant d'éléments vains de modernité, il cache pudiquement qu'il a conçu et réussi une œuvre plus classique qu'il n'y paraît.

 

Philippe Person         
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Nous avons rencontré des acteurs du monde de la culture pour évoquer leurs situations mais aussi l'avenir. Le replay intégral est à voir dès maintenant sur la TV de Froggy's Delight. Pour le reste, voici le programme de la semaine. Et surtout, restons groupés.

Du côté de la musique :

"In time Brubeck" de Duo Fines Lames
"Navegar" de Joao Selva
"Le style (avec Guillaume Long et Flavien Girard" la 8ème émission de Listen In Bed
"Dusk" de Paddy Sherlock
"Live at the Berlin philarmonie 1969" de Sarah Vaughan
Les petites découvertes de la semaine en clips avec : Hanna & Kerttu, Texas, A Certain Ratio, Johnny Mafia, Chevalrex + Thousand
et toujours :
"Caillou" de Gisèle Pape
"Sauvé" de It It Anita
"Goes too far" de Olivier Rocabois
"Morricone stories" de Stefano Di Battista
"Le fruit du bazar" de Alex Toucourt
"Bento presto" de Caribou Bâtard
"De mort viva" de Sourdure
"Mistake romance" de Tristan Melia
"Courtesy of Geoff Barrow : Unsung Heroes" le mix #18 de Listen In Bed
Des petites découvertes en clip : O' Lake, Luwten, Corentin Ollivier, Ghern et Old Caltone

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"La passion selon saint Matthieu" de Bach par Romeo Castellucci
"War sweet war" de Jean lambert-Wild
"Les Sœurs Macaluso" d'Emma Dante
"Monkey Money" de Carole Thibaut
"Une heure de tranquillité" de Florian Zeller
"Le Dernier jour du jeûne" de Simon Abkarian
"La Ronde" de Boris Charmatz

Expositions :

en virtuel :
"Le Grand Tour, voyage(s) d'artistes en Orient" au Musée des Beaux-Arts de Dijon
"La Fabrique de l'Extravagance" au Château de Chantilly
"La Police des Lumières" aux Archives nationales
"D'Alésia à Rome" au Musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye
"Pompéi, un récit oublié" Musée de la Romanité à Nîmes
et un documentaire : "Les trésors des hôtels particuliers : Du Marais aux Champs Elysées"

Cinéma :

at home :
"Où vont les chats après 9 vies ?" de Marion Duhaime
"Stuck Option" de Pierre Dugowson
"La fête est finie" de Marie Garel-Weiss
"1991" de Ricardo Trogi
"Généalogies d'un crime" de Raoul Ruiz
"L'été de Kikujiro" de Takeshi Kitano
"Le retour de la panthère rose" de Blake Edwards

Lecture avec :

"Elmet" de Fiona Mozley
"Le savoir grec" de Jacques Brunschwig, Geoffrey Ernest Richard Lloyd & Pierre Pellegrin
"Seul entouré de chiens qui mordent" de David Thomas
"Sur la route, vers ailleurs" de Benjamin Wood
et toujours :
"Biotope" de David Coulon
"Ces petits riens qui nous animent " de Claire Norton
"Dernières nouvelles de Sapiens" de Silvana Condemi & François Savatier
"Eat, and love yourself" de Sweeney Boo
"Giants : Brotherhood" de Carlos & Miguel Valderrama
"L'art du sushi" de Franckie Alarcon
"L'île sombre" de Susanna Crossman
"La rivère des disparues" de Liz Moore
"Pourquoi le nord est-il en haut ?" de Mick Ashworth

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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