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Théâtre de l'Atelier  (Paris)  novembre 2014

Pièce de Arnaud Bédouet interprétée par Jacques Weber et Philippe Dupont.

Qui d'autre que Jacques Weber pouvait (ou pourrait) interpréter Gustave Flaubert  tant est évidente la rencontre de l'auteur et de l'acteur ?

Dans "Gustave" d'Arnaud Bédouet, Jacques Weber est Gustave Flaubert par tous les plis de sa robe de chambre, par tous les pores de sa peau, par tous les mots qui sortent de sa bouche. Attention, il ne faut pas imaginer que Jacques Weber compose un personnage tonitruant comme Cyrano, brillant bretteur plein de faconde et de formules.

Si Arnaud Bédouet s'appuie sur ce que Gustave Flaubert a écrit dans sa correspondance pour le faire parler, il n'oublie pas que le papa de "Madame Bovary" n'est pas un méridional mais un Normand. Il s'emporte, il s'empourpre, mais il ne se saoule pas de sa propre prose. La phrase fait mouche, mais elle est aussi parfois pleine d'éclats de doute, bourrée d'une soudaine mélancolie qui peut frôler la tristesse.

Pour éviter que cette accumulation de phrases signifiantes ne soit indigeste et fasse perdre toute crédibilité au personnage de Gustave, en en faisant un moulin à paroles tournant sans relâche pendant une heure et demie, Bédouet a transformé son monologue en faux dialogue.

En effet, Flaubert n'est pas seul dans sa maison normande et c'est à son factotum, son homme à tout faire joué ici par Philippe Dupont, qu'il adresse son flot de citations en allant le cueillir au saut du lit. Ensommeillé, un peu groggy de subir un tel réveil, celui-ci ne dit mot, mais sa présence quasi silencieuse ôte toute l'artificialité que l'on pourrait reprocher au dispositif d'un "seul en scène" compilant les meilleures "tirades" extraites de ses innombrables lettres.

Pour éviter qu'on ait aussi l'impression que Gustave est coutumier du numéro qu'il fait à son domestique, Bédouet a situé la journée qu'il a choisie au moment où Flaubert a compris que l'épisode de sa liaison avec Louise Colet est définitivement clos. Il y a donc forcément des sentiments contradictoires qui montent en lui et un besoin véritable de se répandre pour se reprendre. Il s'agit pour lui de retrouver l'appétit.

Car ce qui caractérise Flaubert, c'est un appétit démesuré. Vivre, écrire, s'user au travail et au plaisir. Jacques Weber est vraiment l'interprète idéal pour exprimer cette soif inextinguible d'un homme hors du commun, prêt à toutes les souffrances pour trouver le mot juste et à toutes les outrances pour "tirer un bon coup".

Les Flaubertiens distingués trouveront sans doute qu'Arnaud Bédouet est resté à la surface de la correspondance du grand écrivain et que son travail a tout du "biopic" théâtral, de ce que jadis on aurait appelé une imagerie d'Épinal. Le reproche ne doit pas être totalement écarté.

Mais, si le texte reste à la surface d'une œuvre énorme, ce que Jacques Weber sait en faire permet de ressusciter l'homme et donnera à beaucoup l'envie de sortir de leurs bibliothèques l'un des chefs d'oeuvre de ce bon génie de Flaubert.

 

Philippe Person         
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