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La Loge  (Paris)  novembre 2014

Création du Collectif le Foyer.

Pasolini est mort en 1975, mais, avant même que l'on fête le quarantième anniversaire de son assassinat, Pier Paolo est partout.

Bientôt, au cinéma sous les traits de Willem Dafoe pour Abel Ferrara, il occupe l'esprit du Collectif Le Foyer dans sa création "Gli eredi".

Ici, PPP n'est pas représenté. Sa présence-absence remplit un cercueil et ce sont ses mots poétiques qui sont mis en avant, tout comme le récit, clinique, insoutenable, de sa forme finale de cadavre horriblement dégoûtant.

Au passage, ceux qui verront le film d'Abel Ferrara, ne comprendront pas pourquoi le si sulfureux réalisateur de "Bad Lieutenant" a rendu si "soft" le corps mutilé, écrabouillé, supplicié du dernier hérétique italien.

Avec "Gli eredi", la vérité est rétablie et l'on sait gré à ces jeunes gens qui n'étaient pas nés quand Pasolini expirait, de suggérer que l'Italie qui survit à sa mort n'est plus la véritable Italie. C'est dans un terrain vague près d'une plage d'Ostie et non pas dans les strass de la téléréalité berlusconienne qu'est morte l'Italie.

Alors, que faire ? S'empiffrer de spaghettis en se servant du cercueil comme de table  Chanter des ritournelles crétines à la guitare ? Enterrer le drapeau italien dans quelques centimètres de terreau ? Jouer au petit couple petit-bourgeois ?

Tout est dérisoire : Pier Paolo Pasolini est mort. Il ne reste que ses survivants. Les nouveaux venus ne sont que les descendants de ces survivants et les membres du Collectif Le Foyer, entre l'outrance et la performance, l'envie de poésie et la tentation du sketch, l'intellectualisme et la nunucherie, ont le cœur qui balance.

Théâtre de recherche, "Gli eredi" assume l'ère de la déconstruction et se moque de ses propres insuffisances. Il y aura évidemment des hauts et des bas dans cette proposition fragile qu'on ne peut pas accepter comme un bloc. Il y aura également une "petite musique", celle qu'on lit sur l'habituel écran vidéo. "Gli Eredi", c'est avant tout un ton.

Lorsque l'on quitte la salle devenue une chambre mortuaire souillée, reste en soi des éclats puissants d'un spectacle toujours "provisoire". Et c'est ainsi que Pasolini ne meurt jamais...

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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