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Théâtre de la Colline  (Paris)  janvier 2015

Comédie dramatique de Guy-Patrick Sainderichin et Julie Duclos, mise en scène Julie Duclos, avec Maëlia Gentil, David Houri, Yohan Lopez, Magdalena Malin et Alix Riemer.

Si l'on regarde "Nos serments" comme un spectacle purement théâtral, on sera forcément déçu par son "histoire absolument basique", comme la revendique Julie Duclos qui l'a co-écrite et mise en scène. François est un barbu qui ne fait rien, a une voix douce peu portée à la colère, mais arrive quand même à séduire des femmes.

Pendant plus de deux heures, "Nos serments" montrera trois moments de sa vie amoureuse, marquée par une dialectique floue, hésitante, consistant à ne pas savoir s'il doit être sur le plateau ou s'il faut qu'il le quitte pour être ailleurs, un ailleurs matérialisé par cet écran vidéo que l'on connaît désormais très bien au théâtre, et qui est situé en retrait au milieu de la scène.

Prétendant s'inspirer de Jean Eustache, et de son film "La maman et la putain", "Nos serments^ est en fait plus près d'un "Plus belle la vie" qui aurait les mêmes prétentions à déconstruire qu'un film d'Arnaud Desplechin et lorgnerait sur l'univers de Philippe Garrel.

Ceux qui vont aimer devraient s'amuser du personnage de François, totalement coupé de toute réalité sociologique, qui ressemble au spectre du personnage d'Alexandre incarné par Jean-Pierre Léaud dans le film cité de Jean Eustache. Sauf qu'Alexandre était bavard, lunaire, brillant, marginal mais de son temps, alors que François est une construction d'hier plaqué sur aujourd'hui.

Ainsi si Paquita Milville, la scénographe, a placé, çà et là, dans son décor unique, beaucoup de livres pour faire intérieur d'intello, jamais quelqu'un n'a l'idée d'en ouvrir un. Pareillement, l'électrophone d'Alexandre, qui lui permettait d'écouter Fréhel et Zarah Leander, et de les commenter finement, a été remplacé par un MP3 où les musiques, toujours zappées, se succèdent presque avec indifférence.

Si la littérature et la musique ne sont plus que des éléments décoratifs, le théâtre lui même n'est pas premier comme il l'était paradoxalement dans le film d'Eustache.

Ce n'est pas faire injure à Guy-Patrick Sainderichin, le co-auteur du texte, de le qualifier de "vieux routier" en matière de scénario, lui qui a collaboré avec Godard et mis son talent à un grand nombre de séries télés. Il pousse donc naturellement "Nos serments" du côté du cinéma en utilisant, par exemple, une "voix-off" aussi explicative que dans les films de Truffaut.

Cela a pour effet de casser toute émotion théâtrale. Au lieu d'entendre Esther user de sa voix d'actrice de théâtre pour se plaindre de l'absence de François, c'est sa voix enregistrée qui le fait pour elle.

De même, les retrouvailles lelouchiennes entre François et Oliwia (avec un "w") sont l'objet d'un "court-métrage" en forme de très long plan fixe sur le fameux écran central plutôt que d'une scène théâtralisée.

"Nos serments" de Julie Duclos et Guy-Patrick Sainderichin est donc une tentative d'entre-deux arts, d'entre-deux temps aussi, qui n'est pas inintéressante mais pourra laisser de marbre ceux qui préfèrent l'évidence de l'art théâtral au théorique d'un travail qui cherche autre chose avec un matériel trop riche en références, trop pauvre en contenu et en audace.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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