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Eléor  (Cinq 7 / Wagram)  mars 2015

Pas facile d’écrire sur Dominique A. Je ne sais pas comment me placer, soit du point de vue de son public d’origine, lecteur des Inrocks le mensuel, l’hebdo ça n’existe pas, défenseur farouche de l’indépendance et de la musique qui va avec, comme du bon vieux temps de Bernard Lenoir, soit je me place du côté du grand public qui aime varier entre Télépoche et Télé 7 Jours et pour qui Vivement Dimanche n’est qu’une émission de Michel Drucker, rien de plus. Ou je peux faire le fan de base pour qui le recul ne sert à rien sauf quand tu es en voiture.

Pour les "indés", c’est facile : Dominique A, c’était mieux avant, maintenant c’est mainstream, commercial, de la variété, vous vous rendez compte il a écrit pour Calogero, c’est quoi la prochaine étape, écrire pour une pétasse de la Nouvelle Star Ac ? Vendu ! (Oui, parfois les "indés" sont un peu vulgaires et s’emportent facilement, excusez-les).

Pour le grand public, c’est facile : Dominique A, heu... C’est qui ? Il n’existe pas, juste le mec qui a écrit pour Etienne Daho. Et comme le dirait Nathalie André, directrice des variétés et des divertissements de France 2 : "Quand Dominique A fera, enfin, un album grand public, il passera peut-être en prime. Que voulez-vous, il ne vend pas". (1)

Pour le fan, c’est facile : Dominique A c’est "LE" chanteur français, il a remplacé Bashung qui a remplacé Gainsbourg dans le rôle de statue du commandeur de la variété exigeante et de qualité, en plus il a chanté avec Vincent Delerm. C’est le plus grand, le plus beau, le plus fort, tu écoutes ses disques et ça résout tous les problèmes, retour définitif et durable de l'être aimé sous vingt-quatre heures, satisfaction garantie.

Vous l’aurez compris, parce que vous êtes malin, Dominique A a une place à part dans la nouvelle scène française (celle de 1990, pas celle de 1970 ou de 2010), considéré par certains, le public Télérationcuptibles, comme LE grand chanteur de notre époque, méprisé par les purs, ignoré par les autres. Comme je ne sais pas quel camp choisir, je vais faire comme je fais d’habitude, et vous parler de mon point de vue, à mon petit niveau, je sais que c’est un peu égocentrique, mais comme je le dis souvent : "Je m’aime beaucoup et j’adore m’auto-citer".

Dominique A fêtait hier ses vingt ans de carrière et sort aujourd’hui son dixième album (si l’on ne compte pas Un disque sourd). Vu de loin, quand on regarde un peu sa discographie, on a parfois l’impression que chaque disque déconstruit ce que le précédent venait de construire, comme si tout restait sans suite, comme s’il fallait toujours changer, ne pas être dans la redite et même si on perd le nouveau public qui était venu avec ce qui plaisait. Remué, ces guitares faussement saturées, ces retrouvailles surestimées qui déconstruit La Mémoire Neuve, et ces chansons modestes mais ainsi parfois souvent parfaites... L’Horizon au son simple et froid comme un négatif de Tout sera comme avant, et de sa prétention d’arrangements, de clés, comme un retraité à Miami qui se fait avoir par des jeunes qui disent : "Laisse, je vais te l'arranger moi ton disque, j’ai des caisses de cordes". Vers les lueurs, disque de groupe avec un quintet à vent, en opposition à La Musique / La Matière qui avait été enregistré seul dans la cuisine (et ce n’est pas une vanne).

Pour Eléor, l’opposition est moins flagrante, on reste dans le même état d’esprit que Vers les lueurs, les cordes ont remplacé les vents, les chansons sont peut-être moins évidentes, il faut aller à elles mais une fois le chemin fait, cela en vaut la peine. Dominique A nous propose un long voyage du Groenland à la Nouvelle-Zélande, en passant par le Canada. L’écriture des textes n’a jamais été aussi brillante. Il raconte des histoires qu’il met en musique, avec toujours ses petites thèmes de prédilection : la mer, le vent, les yeux, les histoires de parents / enfants, de femmes, etc. Nous ne sommes vraiment pas dans de la chanson abstraite, ou réaliste, nous sommes certes dans du concret, des lieux, une cuisine, une boutique, une tour, un village, avec des personnages, elle, la femme, lui, ton père, eux, tous ces gens qui attendaient, moi et pourtant malgré toutes ces indications, chacun peut faire sa version de l’histoire, s’approprier la chanson, il signe des récits jamais avare en détails mais pourtant il ne donne pas toutes les clés et c’est à celui qui écoute de comprendre. En fait, non pas de comprendre mais d’imaginer ce dont il est question, chacun est libre de son interprétation.

Dominique A est un des rares chanteurs à multiplier les sources d’inspiration, cela peut venir de sa biographie (comme tout le monde) mais aussi d’un livre qu’il a lu, d’une histoire qu’on lui a racontée, d’une scène qu’il a vue, ou de rien de spécial, cela donne une multiplicité des points de vue. Chaque chanson semble avoir son propre univers. Musicalement, alors que dans Tout sera comme avant les cordes écrasaient les chansons, ici les cordes magnifient les compositions légères et aériennes, "Nouvelles Vagues", "Central Otago" ou "Passer nous voir" sont dans la pure tradition dominicanienne. Le disque a un son, un "format" et un arrangement très pop, celui qui justement fait râler les puristes, et les fait accuser Dominique A des pires compromissions et de sombrer dans la variétoche. En fait, il n’y a pas de mal à faire des chansons efficaces, et il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir la qualité et le soin apporté aux arrangements, aux compositions et aux textes, pour ne prendre comme exemple que "Au revoir mon amour", c’est l’une des plus belles chansons non pas d’amour mais sur l’amour, les impossibles, les imaginaires, avec une basse ronde des cordes qui soulignent sans appuyer, bref une réussite. Et il y a douze chansons comme ça. Comment on dit déjà ? Ah oui : Variété exigeante et de qualité. Et variété, c’est tout sauf un gros mot.

(1) Lire "Musique à la télé : c'est la même chanson", Sophie Delassein, 7 février 2015, L'obs

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Dominique A
Le site Comment certains vivent
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# 18 août 2019 : Au rythme des vacances

Petite édition toute en légèreté mais avec quelques belles choses à découvrir notamment pas mal de livres de la rentrée littéraire et une session du Flegmatic pour vous rafraichir les idées. C'est parti pour le sommaire.

Du côté de la musique :

"Time for a change" de Pokett
"Tone of musette" de Le Balluche de la Saugrenue
"Symi" de Symi
Une autre interview de Inspector Clouzo à Terre de sons, après notre rencontre avec The Inspector Clouzo lors de leur passage à Foreztival
et toujours :
"Onda" de Jambinai
"Fire" de Part Time Friends
"Simon Chouf & le Hardcordes trio" de Simon Chouf
"EP n°1" de The Reed Conservation Society

Au théâtre :

une nouveauté :
"What is love" au Théâtre de la Contrescarpe
des reprises
"La Chute" au Théâtre de la Reine Blanche
"Le corps de mon père" au Théâtre Essaion
"Louise Weber dite La Goulue" au Théâtre Essaion
et la chronique des spectacles à l'affiche en août

Expositions avec :

"Champs d'amours - 100 ans de cinéma arc-en-ciel" à l'Hôtel de Ville
et dernière ligne droite pour "Helena Rubinstein - L'Aventure de la Beauté" au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme

Cinéma avec :

"Roubaix, une lumière" de Arnaud Desplechin
"Thalasso" de Guillaume Nicloux
et Oldies but Goodies avec "Paris est toujours Paris" de Luciano Emmer en version restaurée

Lecture avec :

"Cavalier seul" de Fred & Nat Gévart
"Ce qu'elles disent" de Miriam Toews
"Cent millions d'années et un jour" de Jean Baptiste Andrea
"Chaque fidélité" de Marco Missiroli
"Où bat le coeur du monde" de Philippe Hayat
et toujours :
"Koba" de Robert Littell
"Back up" de Paul Colize
"La grande escapade" de Jean Philippe Blondel
"Un peu de nuit en plein jour " Erik L'Homme
"Une bête au paradis" de Cécile Coulon
"Une joie féroce" de Sorj Chalandon

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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