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Interview  (La Maroquinerie, Paris)  mercredi 18 février 2015

Mercredi 18 février 2015, nous avions rendez-vous à La Maroquinerie pour rencontrer Gaz Coombes, l'ancien chanteur de Supergrass, pour discuter de son nouvel album Matador. Un deuxième album très attendu et de haute volée ! Avant les balances et son concert en début de soirée, privilège de rencontrer une idole de ma jeunesse passée mais pas si lointaine. Fébrile, je me remémore toute les fois où j'ai vu son groupe, une première fois à Glastonbury en juin 1995, puis ensuite plusieurs fois à Rouen à l'Exo 7 et enfin pour le dernier concert de sa formation initiale à La Cigale. J'en discute un peu avec Gaz, il me dit qu'en effet, de l'eau a coulé sous les ponts... L'interview peut commencer...

Quand as-tu commencé à enregistrer Matador ?

Gaz Coombes : J'ai commencé à enregistrer quelques bribes vers la fin 2013. On a pas mal tourné pour l'album Here Come the Bombs mais en effet, ça a commencé fin 2013.

Peux-tu nous raconter la genèse de cet album, en commençant par nous dire pourquoi ce titre "Matador" ?

Gaz Coombes : Pour commencer, ça m'est venu un jour lors d'une session d'enregistrement, c'est extrait des paroles d'une chanson. C'est venu soudainement à mon esprit et j'ai pensé qu'en effet "Matador" serait bien pour un titre d'album. On était quelques personnes en studio et je leur ai demandé, que pensez-vous de "Matador" ? Et tout le monde a répondu "ouais, ça sonne bien !" (rires).

Est-ce que Matador représente le fait de se tenir debout devant son public et l'affronter, comme le fait le matador devant un taureau ?

Gaz Coombes : C'est une métaphore un peu vague, il n'y a rien de littéral en soi... En traversant la vie, on rencontre des obstacles, quelque chose qui se précipite vers nous, et c'est là où tu peux faire un pas de côté, et en tirer profit. Donc ouais, j'aime bien cette métaphore, ce symbole de résilience, presque.

Quel était ton humeur et tes ambitions lors de l'enregistrement de ce deuxième album ?

Gaz Coombes : Je ne sais pas, tu sais, ça s'est fait super vite. J'ai essayé d'être le plus instinctif sur ce que je faisais. Quand je commence à écrire, je ne sais jamais comment ça va se terminer, comment ça sera enregistré, si ça sera le single de l'album ou un single pour la radio. Tu écris et tu vois ce qui se passe. C'est ce que j'ai fait : aller au studio, essayer de trouver des idées et, au fur et à mesure des semaines, ces idées commencent à germer et à se mettre en place, tu te dis "ah oui, je crois que je tiens un album" et là, tu commences à te sentir bien. Je voulais surtout faire une approche simple, sobre et efficace. Etre le plus instinctif possible, au lieu d'apprendre les parties par cœur, passer des heures en studio à faire des arrangements... Vraiment, quelque chose d'instinctif.

J'ai l'impression que Matador, et par rapport à Here come the bombs, ton premier album solo, est plus ambitieux et intense, est-ce que tu confirmes ou pas ?

Gaz Coombes : Je suis la mauvaise personne pour répondre à ça, je ne sais pas comment te répondre car c'est ce que j'avais envie de faire à ce moment-là... Je conçois qu'il y a pas mal de côtés obscurs sur ce disque mais il y aussi beaucoup d'amour, de joie, de passion, de connection entre deux personnes. C'est un peu le reflet de la vie, qui n'est jamais facile, un jour ça va, la semaine suivante t'es déprimé, une autre fois t'es débordé... mais tu as toujours un but, une direction, et c'est un peu comme cet album pour moi, il y a beaucoup de sentiments différents, mais il dispose d'une cohérence globale, d'un ciment qui donne une cohérence et pas juste les grondements d'un vieux fou... Ou peut-être que c'est juste ça ! (rires)

J'aimerai connaître un peu plus de choses sur quelques titres, comment s'est déroulé l'écriture, le sujet abordé... Commençons par "The English Ruse" ?

Gaz Coombes : Cela vient d'une sorte de frustration. Sans se mettre dans un aspect politique, tu regardes les infos, et tu tombes sur de ces trucs, et tu ne sens pas de connexion avec ces gens au pouvoir, ceux qui sont sur les plateaux de télé, mais en même temps on fait partie du même genre humain, on est dans le même pétrin ensemble, même si ça ne semble pas avoir de sens parfois, cette différence tellement fondamentale sur la vision de la vie, et ce qui est important dans la vie. Ça te donne envie de partir faire ta valise et te casser dans une jungle ! Mais ce n'est pas un truc qui m'arrive tous les jours, c'est vraiment l'humeur d'un moment que j'ai essayé de retranscrire dans ce titre. Parce que bon, on est pas mal lotis au UK sinon, ce n'est pas un pays du tiers-monde... ça pourrait être bien pire, mais ça ne t'empêche pas d'avoir des moments de désillusion, parfois !

Et pour "Detroit" ?

Gaz Coombes : Cela a un rapport à une période spécifique. Il y a quelques années, en tournée aux US... C'était une tournée très longue, j'ai cru finir fou, trop de drogue, trop de tout ! J'ai passé particulièrement une mauvaise journée quand j'étais à Détroit, j'ai appelé ma copine à la maison, et elle m'a remis les idées en place par téléphone. Et c'est vraiment là-dessus qu'est le sujet de ce titre. Pas tellement la tournée qui est une sorte de circonstance, d'arrière-plan, mais cet appel téléphonique.

Et enfin pour "To the wire" ?

Gaz Coombes : Je dirais, aller de l'avant à travers des périodes difficiles, en période de deuil. Il n'y a pas de référence directe à la mort en tant que tel dans ce titre, mais j'ai pensé à la mort de ma mère, il y a onze ans maintenant. C'est une phase tellement bizarre à traverser... J'avais 27 ans à l'époque, et je pense que ça m'a détruit pendant un certain moment. C'est cette façon d'aller de l'avant que j'avais envie d'aborder, ainsi qu'une manière de lui rendre hommage également. C'est ainsi assez réconfortant vers la fin... Les premières paroles sont assez sombres, mais il y a quelque chose de positif vers la fin, de beau, cette dimension lumineuse que je voulais amener afin que ce ne soit pas trop déprimant.

Merci beaucoup Gaz !

Le concert se déroula sans anicroche, la salle était pleine comme un œuf, le groupe heureux d'être sur scène... Tout le monde retenant son souffle avec l'espoir d'entendre un titre de son ancien répertoire de Supergrass mais il n'en sera rien. Ce n'est pas grave, car il a offert un set parfait et le public était heureux.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Matador de Gaz Coombes
Gaz Coombes en concert à Main Square Festival 2012 - Dimanche
L'interview de The Hotrats (9 février 2010)

En savoir plus :
Le site officiel de Gaz Coombes
Le Soundcloud de Gaz Coombes
Le Myspace de Gaz Coombes
Le Facebook de Gaz Coombes

Crédits photos : Cédric Duchamp (Toute la série sur Taste of Indie)


Cédric Duchamp         
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# 22 septembre 2019 : Fin d'été

Fin d'été c'est le titre du nouvel album de Samir Barris, on vous en parle en ces premiers jours d'automne, tout comme les autres sorties musicales, littéraires, théâtrales, cinématographiques et muséales qui ont retenu notre attention cette semaine. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Corpse flower" de Mike Patton & Jean Claude Vannier
Rencontre avec Joseph Fisher autour de "Chemin Vert", assortie d'une session acoustique à découvrir ici
"Prokofiev : Visions fugitives" de Florian Noack
"The basement tapes" de Mister Moonlight
"The uncompleted works volume 1, 2 & 3" de Nantucket Nurse
"Là-Haut" de Gérald Genty
"Ilel" de Hildebrandt
"Buxton palace hotel" de Studio Electrophonique
"Vian" par Debout sur le Zinc
"Impressions d'Afrique" de Quatuor Béia & Moriba Koita
"Fin d'été" de Samir Barris
et toujours :
"Schlagenheim" de Black Midi
"Tokyo dreams" de Dpt Store
"Terry Riley : Sun rising" de Kronos Quartet
"Diabolique" de l'Epée
"Mer(s) : Elgar, Chausson & Joncières" de Marie-Nicole Lemieux
"Like in 1968" de Moddi
"Voodoo queen" de One Rusty Band
"Moon" de Violet Arnold

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"L'Autre monde ou les Etats et Empires de la Lune" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"Le Misanthrope" à l'Espace Cardin
"L'Animal imaginaire" au Théâtre de la Colline
"Data Mossoul" au Théâtre de la Colline
"Danser à la Lughnasa" au Théâtre 13/Jardin
"Le Frigo" au Théâtre de la Tempête
"A deux heures du matin" au Théâtre L'Atalante
"La Veuve Champagne" au Théâtre de la Huchette
"Le Square" au Lavoir Moderne Parisien
"Jo" au Théâtre du Gymnase
"Jean-Marie Galey - Ma Comédie française" au Lavoir Moderne Parisien
"Ah ! Félix" à l'Eglise Sainte-Eustache
"Le Voyage musical des Soeurs Papilles" à la Comédie des 3 Bornes
"Lucie Carbone - Badaboum" à la Comédie des 3 Bornes
"Casse-toi diva" au Théâtre La Croisée des Chemins
"Nora Hamzawi" au Théâtre du Rond-Point
des reprises
"Letzlove - Portrait(s) Foucault" aux Plateaux Sauvages
"One night with Holly Woodlawn" aux Plateaux Sauvages
"Diva sur Divan" à la Comédie Bastille
"La Liste de mes envies" au Théâtre Lepic
et la chronique des spectacles à l'affiche en septembre

Expositions avec :

"Mondrian figuratif" au Musée Marmottan-Monet
"L'Age d'or de la peinture anglaise - De Reynolds à Turner" au Musée du Luxembourg

Cinéma avec :

"Ne croyez surtout pas que je hurle" de Franck Beauvais
Oldies but Goodies avec "Marie pour mémoire" de Philippe Garrel

et la chronique des films à l'affiche en septembre

Lecture avec :

"Barbarossa : 1941. La guerre absolue" de Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri
"Bête noire" de Anthony Neil Smith
"Dictionnaire égoiste de la littérature mondiale" de Charles Dantzig
"Gaeska" de Elrikur Orn Norddahl
"Les refuges" de Jérôme Loubry
"Liquide inflammable" de Robert Bryndza
et toujours :
"Ici seulement nous sommes uniques" de Christine Avel
"Les altruistes" de Andrew Ridker
"Les yeux fumés" de Nathalie Sauvagnac
"Un autre tambour" de William Melvin Kelley
"Un mariage américain" de Tayari Jones
"Week end à New York" de Benjamin Markovits

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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