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Edward Berger  avril 2015

Réalisé par Edward Berger. Allemagne. Drame. 1h43 (Sortie le 8 avril 2015). Avec Ivo Pietzcker, Georg Arms, Luise Heyer, Nele Mueller-Stöfen, Vincent Redetzki, Jacob Matschenz, Sebastian Stielkeet Odine Johne.

Le cinéma allemand parle rarement d'enfants. Il est à l'image d'une société sans enfants, une société qui, en définitive, n'aime pas les enfants.

Dans "Jack" d'Edward Berger, si l'on excepte le personnel du foyer d'accueil qui fait métier de s'occuper des enfants, tous les autres personnages s'en désintéressent ou ne leur montrent aucune affection.

Jack est un cousin germain d'Antoine Doisnel, un cousin lointain et moderne des petits nordistes de "l'Enfance nue". Comme Doisnel, il aime sa mère et sa mère ne lui rend guère cet amour, comme les orphelins de Pialat, il pourrait être entraîner à la violence si la malchance se mêlait à sa vie pourrie.

Mais, à la différence de ces "cousins français", Jack n'est pas seul face aux adultes : il est en plus en charge de son petit frère, Manuel. C'est donc un "enfant courage" qu'Edward Berger suit d'une caméra attentive, minutieuse et prête à l'aider pour trouver les bons chemins de la survie, voire de la vie. Des chemins où l'amour maternel n'est peut-être pas au rendez-vous mais où la fraternité a un sens.

Presque constamment à l'écran, Ivo Pietzsker compose avec aisance un Jack débrouillard, décidé, jamais vraiment parcouru par l'idée de renoncer, conservant malgré toutes les épreuves qu'il traverse le rêve de revivre un jour avec sa mère et son petit frère.

Projet bien irréaliste qui va se heurter à l'inconséquence de sa mère qu'Edward Berger ne juge pas et qu'il met sur le compte de son extrême jeunesse. Faire des enfants dans cette société où ils ne sont pas rois, cela induit d'être sans cervelle ou marginale, en tout cas pas vraiment guidée par la construction d'un foyer familial.

En contrepartie, s'il est là malgré tout, l'enfant, à l'image de Jack, ne peut qu'être tenace, solide... et exigeant face à des adultes démissionnaires ou indifférents.

"Jack" d'Edward Berger est un film qui fonctionne bien, grâce à la vitalité de ces deux jeunes héros laissés à eux-mêmes. Sans trop en dire sur le film, on remerciera aussi le réalisateur de n'avoir pas céder aux sirènes du mélodrame et de n'avoir pas précipiter Jack et Manuel dans des périls trop grands ni angoissants.

De toute façon, avec son récit parcours d'un jeune combattant, Edward Berger tient un bon scénario et signe un film efficace, émouvant et toujours tenu. Sans être d'une ambition excessive, il peut se comparer aux œuvres citées de François Truffaut et de Maurice Pialat.

"Jack" d'Edward Berger est un film sensible qui pourra être vu avec intérêt par un public de collégiens, voire d'enfants fréquentant encore l'école élémentaire. Ils devraient être conquis par l'énergie déployée par Jack et Manuel pour se construire dans un univers bien défavorable.

Plus largement, tout le monde n'aura de cesse de leur donner un coup de main "symbolique" dans leur quête de ce tout petit bonheur digne de leur grand cœur.

 

 

Philippe Person         
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"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
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"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
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"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
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"Tango" de Pascal Contet
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