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Manufacture des Abbesses  (Paris)  avril 2015

Comédie dramatique de Lee Blessing, mis en scène de Joël Coté, avec Christiane Devaux, Hélène Gounot, Adèle Nicolas, Emaé Berlet, Eliane Bernard, Amélie Amilhau, Flavie Alaux et Iliana Boubekeur.

Si "Independence" de Lee Blessing est une pièce souvent jouée depuis sa création en 1984, c'est sans doute parce qu'en dessinant le portrait d'une mère et de ses trois filles, elle saisit mieux qu'une autre une certaine vérité de l'Amérique profonde.

C'est en effet au cœur de l'Iowa que se retrouve pour la première fois depuis quatre ans un quatuor féminin bien singulier. L'aînée des trois filles, celle qui revient, est une universitaire homosexuelle.

Elle répond à l'appel de sa cadette qui prétend que leur mère "a voulu la tuer" parce qu'elle est enceinte, elle, la presque déjà vieille fille soumise jusqu'à maintenant à cette mère tyrannique au passé psychiatrique. Pour compléter le tableau, il y a la troisième sœur, plus délurée, enceinte à quinze ans d'un enfant qu'elle a abandonné à sa naissance.

Le paradoxe de cette pièce faussement très américaine est d'aligner les stéréotypes dans un contexte au contraire très peu statistique, celui d'un monde sans hommes, d'un monde où l'homme n'a jamais été présent, ni pour la mère ni pour les filles. Ainsi, par la grâce d'un jeu de mot qui fonctionne en anglais comme en français, à Independence, les femmes sont "indépendantes".

Mais elles le paient au prix fort : celui d'une espèce de dépendance qui les lie entre elles. Si la situation change, par exemple, si la mère est réellement devenue ou, plutôt, redevenue folle, que va-t-il se passer ? Mettant leurs cœurs à nu, multipliant les rancoeurs, divulguant des non-dits, précisant des faits, les quatre membres de cette famille féminine exposent des vérités qui s'enchevêtrent et créent un climat fortement tendu.

Lee Blessing a réussi son coup : le spectateur, même le moins réceptif à ce théâtre calibré pour que les acteurs se glissent aisément dans leurs personnages schématiques, sera captivé et impatient de connaître comment les choses vont tourner.

Au milieu des années 1990, "Independence" avait été mise en scène par Béatrice Agenin, qui jouait aussi l'une des sœurs, avec Dominique Blanchar dans le rôle de la mère. Curieusement, la version d'alors, avec des moyens importants, paraissait céder au "côté très américain" du sujet et ne permettait pas de s'établir ou de se rétablir d'elle-même la vérité des choses.

Dans sa mise en scène, Joël Coté hume les êtres, leur laisse la chance et le temps de convaincre les spectateurs. Si, sans leur faire injure, les comédiennes sur le plateau n'ont pas la science du théâtre qu'avait Dominique Blanchar, elles ont une sincérité sans rouerie qui convient à une œuvre plus puissante qu'il n'y paraît. Une œuvre qui ne nécessite pas de pathos ni d'effets de manche.

En retrouvant la légèreté de l'anecdote, Joël Coté, servie par de belles figures d'actrices, respecte peut-être davantage le contexte de la pièce de Lee Blessing. Ni comédie, ni drame, elle constitue une plongée à l'instant "T dans la communauté américaine de base, la famille.

Évidemment, une famille bien spéciale et parfaite pour que l'on puisse vivre en direct, une belle tranche de 90 minutes de théâtre à l'anglo-saxonne, c'est-à-dire sans ennui et avec de l'analyse psychologique à tous les étages.

Il faut donc se rendre au plus vite à "Independence" voir une pièce éponyme qui, en trente ans, est devenue un vrai classique.

 

Philippe Person         
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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
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