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Jafar Panahi  avril 2015

Réalisé par Jafar Panahi. Iran. Comédie. 1h22 (Sortie le 15 avril 2015). Avec Jafar Panahi.

A la lecture du court synopsis de "Taxi Téhéran", que résume radicalement son titre, on pouvait craindre que Jafar Panahi ne s'inscrive une nouvelle fois dans les pas de son "maître" et mentor Abbas Kiarostami.

Celui-ci avait, en effet, réalisé en 2002 un film intitulé "Ten", entièrement tourné à l'intérieur d'une voiture, dans lequel on suivait dix conversations entre la conductrice et ses différents passagers.

Dans "Taxi Téhéran", malgré la parenté de principe, l'enjeu est très différent. Il ne s'agit pas à première vue d'une fiction, mais d'un film "documentaire" dans lequel un cinéaste dissident discute dans son "taxi" avec des Iraniens pris au hasard, qui ont hélé son véhicule et se le partagent.

Apparemment, le film est une "mini" coupe sociologique de la société iranienne. Jafar Panahi filme clandestinement des gens divers exprimant des points de vue divergents, le tout permettant d'en savoir un peu plus sur un pays dit fermé.

Peu à peu, il faut être très naïf, autant que ceux qui prennent Jafar Panahi pour un Rushdie ou un Sakharov, pour croire que le film n'est pas une "auto-fiction", voire dans le cas présent une "taxi-fiction".

Même les scènes prétendument prises sur le vif, comme le moment où monte un blessé dans le véhicule, contiennent des incohérences qui laissent à penser que les personnages de la scène sont des comparses.

Et puis, c'est quand même se faire un grand honneur à soi-même que de montrer autant de personnes "anonymes" connaissant le cinéaste Jafar Panahi...

Ce film jubilatoire est ainsi un film-piège qui attirera tous les gogos anti-iraniens, prêts à hurler contre le régime de Téhéran en approuvant de leurs bonnes critiques le film "Argo" de Ben Affleck, montrant un Iran composés uniquement de barbus hystériques.

Comment dès lors, justifier toute cette "joie de vivre", cette propension persane à la dispute et à la tchatche ? Les parangons d'un Occident magnifiquement "démocratique" face à un Iran terriblement théocratique devraient bien regarder tout ce qui a d'insidieux dans le film soi-disant "volé", tourné à l'arrache et à la barbe des mollahs.

Comment peut-on obtenir autant de scènes "fluides" et compliquées dans leurs mises en place (comme la scène avec les mariés filmés par la nièce précocement cinéaste de Jafar) si le pays est si cerné par la police et les milices ?

Si un cinéaste avait voulu faire "Taxi-Paris" sans autorisations, combien de temps aurait-il tenu dans sa voiture arrêtée en discussion filmée avec quelqu'un avant que ne surgisse une voiture de policiers français ? Si l'on est objectif, aucune des scènes tournées en plein jour par Jafar dans Téhéran n'aurait été possible dans Paris.

Que Jafar Panahi, jadis chouchou du régime, soit devenu un méchant dissident, c'est possible. Mais alors, comment aurait-il pu réussir une entreprise aussi complexe derrière son apparente simplicité ? Ne "bénéficiait"-il pas d'une "protection" très renforcé qui l'aurait empêché de filmer aussi "librement" ?

À moins bien sûr, que l'on souscrive au schématisme étasunien qui pense que les Iraniens sont tous des "imbéciles" assoiffés de tchadors et de châtiments contre tous les déviants. Dès lors, on comprend mal pourquoi ils ont peur "d'être roulés dans la farine" dans les discussions sur le nucléaire.

Bref, "Taxi Téhéran" de Jafar Panahi est une œuvre paradoxale, à la facture si simple qu'elle pose des questions. Une œuvre "rigolarde", pleine de malice et de mystère (type Cluedo), totalement libre, qui enchantera les uns et les autres. D'autant plus, si les "uns" n'ont pas de sens critique et... encore d'autant plus si les "autres" doutent de la "vérité officielle", de la légende dorée de Jafar contre ces ayatollahs qui l'ont nourri si longtemps...

"Taxi Téhéran" de Jafar Panahi a bien mérité son "Ours d'or" de la bien-pensance berlinoise. Mais il ne faut pas pour cela en faire un mauvais film sous prétexte qu'il sert la guerre idéologique des pays occidentaux contre les pays émergents.

Si le gouvernement iranien était un peu plus malin, il ne chercherait pas des poux à Jafar Panahi mais, au contraire, le féliciterait d'avoir montré que le manichéisme occidental bat à plate-couture celui que l'on reproche à la République Islamique d'Iran.

 

Philippe Person         
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