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Carreau du Temple  (Paris)  mai 2015

Spectacle d'après le scénario du film éponyme de Eric Rohmer conçu par le Collectif Colette, avec Carine Goron, Lucas Hérault, Marion Morvan, Blaise Pettebone, Nelly Pulicani et Maxime Taffanel.

Avant toutes choses, et avant bien des réserves, il faut remercier le Collectif Colette d'avoir eu envie de rendre hommage à Eric Rohmer, l'un des créateurs français les plus importants du siècle dernier.

Cela dit, Laurent Cogez, qui a assuré la mise en scène du spectacle "Pauline à la plage", adapté du scénario publié du film de Rohmer, s'est attelé à une tache certainement trop lourde pour ses épaules.

Même s'il est plein de bonne volonté, le travail de Laurent Cogez est bourré de contresens. On ne s'acharnera pas mais on donnera deux exemples qui aboutissent à réduire l'oeuvre de Rohmer à l'anecdote.

D'abord, dans ce film, plus encore que dans les autres "Contes et proverbes", Rohmer a soigné les différences d'âge. Pauline, le rôle titre, était jouée par Amanda Langlet, une toute jeune fille et sa cousine, Marion, par Arielle Dombasle, qui, même si son âge est un secret d'état bien gardé, avoisinait largement les 25 ans en 1982. Henri, l'aventurier baroudeur qui la fait chavirer, en a une bonne dizaine de plus.

Dans la pièce, tout le monde a grosso modo le même âge. Il est alors impossible de comprendre les enjeux moraux et psychologiques qui se cachent derrière ses différences d'âge. Si dans la subtile combinatoire amoureuse décrite ici par Rohmer, telle chose fonctionne et pas telle autre, c'est aussi à cause des rapports d'âge.

Par ailleurs, Laurent Cogez a cru nécessaire de rajouter un prologue où, Pierre, derrière ce qui est censé être sa planche à voile, à l'aide d'un feutre, explique l'histoire physique de la Terre et ses rapports avec l'amour. Utiliser ainsi Pierre, qui rate Marion parce qu'il ne sait pas parler, est un contresens qui donne à penser qu'il est du côté du verbe alors qu'au contraire, c'est là sa faille.

Evidemment, on risque aussi de trouver que les personnages truculents du film sont devenus fades, comme celui de Louisette, la marchande de bonbons qui permettait à Rosette de faire une composition inoubliable. Pareillement, si Carine Goron est d'une beauté égale à celle d'Arielle Dombasle, elle ne peut pas rivaliser en "burlesque involontaire " et son personnage s'en ressent.

On pourra objecter qu'il va y avoir forcément, hélas, beaucoup de spectateurs qui, ne connaissant par le film de Rohmer, regarderont cette version pour ce qu'elle est, hors de toute comparaison.

Dans ce cas, il n'est pas sûr qu'ils puissent tout comprendre car Rohmer, quoi que certains en pensent, n'explique pas tout par le texte. Chez lui, l'image est d'une grande importance, notamment pour l'intrigue. Or, Laurent Cogez, par exemple dans la scène cruciale où Pierre croit voir le jeune Sylvain coucher avec Louisette, fait tout passer par le dialogue, là où dans le film le spectateur savait la vérité par l'image. Il n'est pas certain qu'ici, il saisisse tout.

Une fois encore, "Pauline a la plage" tombe dans le biais rédhibitoire de l'adaptation d'un film en pièce qui consiste non pas à adapter le scénario, base du film, mais la retranscription plan par plan de celui-ci. Dans l'Avant-Scène, est reproduit ce qu'il y a l'écran, pas ce qui était écrit qu'il y aurait dans le scénario, étape d'avant-tournage.

Si c'était le scénario de "Pauline" qu'avait adapté Laurent Cogez, il aurait dû se poser d'autres questions, et surtout des "questions théâtrales", retrouvant là des libertés et non plus des contraintes, qui l'obligent à faire des choix illogiques, comme de faire parfois parler alignés ses comédiens.

C'est dommage, car, même sans plage, sans la fraîcheur d'Amanda Langlet et la candeur d'Arielle Dombasle, quand les cinq acteurs disent les mots de Rohmer, survient quelque chose. L'esprit de ce grand créateur, pas encore reconnu à sa juste postérité, les irradie au point qu'ils parviennent, presque malgré eux, à transmettre alors un peu de sa foi aigüe en la beauté du monde.

 

Philippe Person         
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# 2 octobre 2022 : La culture bien au chaud

C'est l'automne, on reste au coin du feu et on écoute de la musique, on lit des bouquins et on se connecte à la TV de Froggy's Delight pour le concert de Colin Chloé vendredi 7 octobre ! Pour les sorties culturelles, voici le programme.

Du côté de la musique :

"Ti'bal tribal" de André Minvielle
Rencontre avec Bukowski autour de leur album du même nom, "Bukowski"
"Time is color" de Cédric Hanriot
"Stravinsky, Ravel, Prokofiev : Ballets" de Jean-Baptiste Fonlupt
"Ozark" le retour de Listen In Bed pour la saison 4 en direct (ou presque) de Malte
"Viva la vengeance" de Panic! At The Disco
"Symphonie Fantastique, Hector Berlioz" de Quatuor Aeolina
quelques petites news de Shaggy Dogs, KissDoomFate, Trigger King et Mind Affect
"Emerson enigma" de Thierry Eliez
et toujours :
"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Les Enfants" au Théâtre de l'Atelier
"Pères & fils" au Théâtre des Abbesses
"Le comble de la vanité" à la Pépinière Théâtre
"Boulevard Davout" au Théâtre de la Colline
"Et pourquoi moi je devrai parler comme toi" au Théâtre de la Colline
"Black Legends, le musical" à Bobino
"Gazon maudit" au Théâtre Les Enfants du Paradis
"Jean-Paul Farré - Dessine-moi un piano" au Studio Hébertot
les reprises :
"Adieu Monsieur Haffmann" au Théâtre de la Tour Eiffel
"Le Montespan" au Théâtre du Gymnase
"François Rabelais" au Théâtre Essaion
"Racine par la racine" au Théâtre Essaion
"Los Guardiola - La Comédie du Tango" au Théâtre Essaion
"Léonard de Vinci, l'enfance d'un génie" au Studio Hébertot
"Isabelle Vitari - Bien entourée" au Grand Point Virgule
"Félix Radu - Les mots s'improsent" au Théâtre de l'Oeuvre
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Face au soleil" au Musée Marmottan Monet
"Yves Klein, l'infini du bleu" aux Carrières des Lumières aux Baux-de-Provence
les autres expositions de la rentrée :
"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle :
"Les Mystères de Barcelone" de Luis Danès
en streaming gratuit :
"A ma soeur" de Catherine Breillat
"Barbara" de Christian Petzold
"So long my son" de Wang Xiaoshuai
"Borga" de York-Fabian Raabe
"Love trilogy" de Yaron Shani
et le cinéma de Claire Denis en 3 films

Lecture avec :

"L'inconnue de Vienne" de Robert Goddard
"Mordew" de Alex Pheby
"Napalm et son coeur" de Pol Guasch
"Un bon indien est un indien mort" de Stephen Graham Jones
et toujours :
"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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