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Jacques Audiard  août 2015

Réalisé par Jacques Audiard. France. Drame. 1h54 (Sortie le 26 août 2015). Avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby, Vincent Rottiers, Marc Zinga, Franck Falise et Tarik Lamli.

En voyant "Dheepan" de Jacques Audiard, en anticipant son succès critique, en se remémorant qu'il est "palmedoré" comme disait Godard du pire film de David Lynch, on est pris d'un terrible découragement initial...

Comment ce cinéma qui montre la banlieue avec les mêmes clichés que ceux qu'on voit tous les soirs dans les JT de TF1, ce cinéma qui, quoi qu'il dise de lui-même, est plus proche des idées du Front national que du Front de gauche, va-t-il être vanté et "aimé" par ces gens "sympathiques", selon l'expression d'Emmanuel Todd, qui ont défilé en toute bonne conscience pour Charlie en janvier ?

Dès le départ, ça ne sent pas bon : dans le camp sri-lankais, un homme, une femme et une enfant qui ne se connaissent pas font cause commune pour "fabriquer" une famille de réfugiés "crédible"... Et le stratagème réussit : la triplette se retrouve en France avec un statut de réfugiés politiques...

Jacques Audiard et ses deux co-scénaristes Noé Debré et Thomas Bidegain ont de la chance : personne, hélas, ne va leur demander si cette vision de la "famille de réfugiés" type n'est pas celle développée par certains démagogues...

Pareillement, quelqu'un leur dira-t-il que "leur" banlieue surchargée de dealers, dans laquelle Dheepan, le « brave sri-lankais", devient gardien d'immeuble, ressemble à un fantasme d'électeur travaillé par les médias ?

Fallait-il, par ailleurs, pour en rajouter, montrer Dheepan en train de balayer inlassablement le "local" des dealers et retirer quotidiennement une bonne "tonne" de canettes et de paquets de chips, au-delà de toute vraisemblance sur les mauvaises habitudes alimentaires des petits trafiquants ?

Si l'on suit Jacques Audiard depuis longtemps, on sait que le mot "vraisemblance" n'est pas dans son vocabulaire. Il suffit de se rappeler d' "Un prophète" où le jeune héros sans diplôme allait en prison et y apprenait tout seul le corse, la comptabilité, la science des organisations, sans oublier de devenir un spécialiste de Machiavel et du Coran.

Personne, à l'époque, n'y avait vu problème et nulle doute, une fois encore, que tout ce qui cloche dans ce cinéma roboratif, sera présenté comme une volonté de décoller du "réalisme cinématographique". On pourra pourtant objecter qu'ici, il y a des images subliminales.

Curieusement, bien que Dheepan soit un "tigre tamoul", ce sont des images au ralenti de tête d'éléphant (d'Asie) qui viennent parfois troubler sans raison logique son quotidien de plombier réparateur. Car Dheepan, que l'on suit "s'assimilant" contrairement à toute cette "racaille" qui lui lance de l'électro-ménager des toits de leurs immeubles vandalisés, apprend le français, pendant que sa "fille" peut même passer dans une "classe normale".

Mais Audiard ne croit plus au "modèle social" français et a scénariquement d'autres projets pour Dheepan... Et d'abord, de réveiller le "Tigre" qui dormait en lui. Ce sera l'occasion d'une scène du "Justicier en banlieue", digne des plus ineptes films de Charles Bronson, où Dheepan flinguera tout ce qui écoute du rap dans les escaliers du HLM...

Restera alors à toute la fausse famille, devenue une vraie en France, à partir vers le paradis britannique, pour un final qui devrait faire rire, mais le rire n'est pas le propre des fans de Jacques Audiard, qui, lui, a laissé la carte de la gaudriole à son papa Michel.

Bien sûr, il faudrait aussi parler de la forme de ce film, qui, à l'instar des précédents chefs-d'oeuvre de Jacques Audiard, pose problème : se souvient-on d'un plan, d'un seul plan d'un de ses films, même si on leur a accordé cinq étoiles ? Ce sera pareil pour celui-ci, malgré qu'il soit "palmedoré" par les frères Coen qui ont dû se régaler de ce cinéma bourré d'effets gratuits et d'afféteries filmiques qui pourraient rivaliser avec les leurs, leur génie fraternel en moins...

"Dheepan" de Jacques Audiard est donc bien parti pour remporter la majorité des suffrages. En dire du mal, c'est malheureusement déjà en dire du bien. Qu'on n'oublie pas que, le jour où il sort, sortira aussi "Les secrets des autres" de Patrick Wang.

 

Philippe Person         
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Du côté de la musique :

"Collapsed in Sunbeams" de Arlo Parks
"Ma folie" de Bast Ferry
"Paradise" de Da Capo
"It's OK" de Fantomes
"L'effet waouh des zones côtières" de Institut
"Something joyful" de Jonathan Orland Quartet
"Haydn : Stabat mater, Symphonies N° 84 & 86" de Le Concert de la Loge & Julien Chauvin
"No black violins" le mix 15 de Listen In Bed à écouter à volonté
"Liberté" de Sego Len
"Où tout a commencé" de Tristesse Club
et toujours :
"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones

Au théâtre dans son salon :

"Le Gros, la Vache et le Mainate" de Pierre Guillois
"Intrigue et Amour" de Yves Beaunesne
"13 à table" de Marc-Gilbert Sauvageon
"Thé à la menthe ou t'es citron" de Patrick Haudecoeur
"J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne" de Jean-Luc Lagarce
"Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?" de Carole Thibaut
"Eric-Antoine Montreux tout !" au Festival de Montreux

Expositions :

en virtuel :
"Vasarely - Le partage des formes" au Centre Pompidou
"Picasso poète" au Musée national Picasso
"Jean" à la Cité des sciences et de l'industrie
"Comme un parfum d'aventure" au Mac Lyon
"Omar Ba - Anomalies" à la Galerie Templon
"Les aventuriers des mers" à l'Institut du Monde Arabe

Cinéma :

at home :
"Exotica" d'Atom Egoyan
"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Biens Aimés" de Christophe Honoré
"Dans les champs de bataille" de Danielle Arbid
"Eastern Plays de Kamen Kalev
"Mon frère s'appelle Robert et c'est un idiot" de Philip Gröning

Lecture avec :

"Que ma mort soit une fête" de Cristian Alarcon
"Normal people" de Sally Rooney
"Middlewest" de Skottie Young & Jorge Corona
"L'hôtel de verre" de Emily St.John Mandel
"De Staline à Hitler" de Robert Coulondre
et toujours :
"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel

Du côté des jeux vidéos :

Les jeux de l'année selon Boris Mirroir de Doom à Minoria !
"DevilZ, Survival" sur PC

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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