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Jaco Van Dormael  septembre 2015

Réalisé par Jaco Van Dormael. France/Belgique/Luxembourg. Comédie. 1h50 (Sortie le 2 septembre 2015). Avec Benoît Poelvoorde, Yolande Moreau, Catherine Deneuve, François Damiens, Pili Groyne, Marco Lorenzini, Serge Larivière, Didier De Neck, Romain Gelin et Laura Verlinden.

Autant le savoir in limine et visionner la bande-annonce, qui constitue une affriolante mise en bouche, pour prendre la mesure de "Le Tout Nouveau Testament" de Jaco Van Dormael, réalisateur belge encensé pour "Le Huitième jour" et vilipendé pour "Mr. Nobody".

En effet, elle donne le ton du film, pur produit de l'humour belge qui fait le grand écart entre la beaufitude potache et le surréalisme poétique et du cinéma belge aux antipodes du naturalisme dardennien et doit donc dissuader ceux qui n'y sont pas sensibles de céder à un masochisme qui se conclurait par une adhésion à certaines critiques qui le qualifie de "purge innommable" ou d'"orgie du pire". Car en matière de goûts et de couleurs...

Sur un scénario co-écrit avec Thomas Gunzig, il propose une fable abracadabrante qui dézingue de manière iconoclaste, et néanmoins sous une forme sulpicienne, ce qui n'est pas incompatible outre-Quiévrain, l'image et la croyance en le "Dieu est amour" véhiculé par les instances religieuses pour inféoder l'homme à l'illusoire espérance en un monde meilleur qui lui permet d'accepter et de supporter l'oppression, le malheur, et la finitude et torpiller le paradis futur : la vraie vie est ici et maintenant.

Il y substitue le cruel Dieu biblique : oui, Dieu existe et il habite Bruxelles. Et c'est, aux dires mêmes de sa fille, un beau salaud. Quant à la Sainte Famille, elle manque de panache.

Reclus dans sa tour d'ivoire, un silo d'archives qui tient lieu de bureau et un trois-pièces miteux, Dieu est le roi des beaufs. Colérique et violent, misogyne bien évidemment, et misanthrope doublé d'un tyran domestique, il terrorise et lobotomise une douce épouse, une déesse réduite à une bonne à tout faire, qui aime la broderie florale et collectionne les cartes des équipes de base-ball, renie son fils JC, l'adepte du feeling et qui est "parti en sucette pour finir cloué sur un cintre comme une chouette sur une porte" et séquestre sa fille EA.

De plus, il souffre d'un incoercible ennui que même la création de nouveaux jouets que sont les hommes ne suffit pas à écarter et, surtout, éprouve une incoercible détestation de l'autre qui le pousse à rester vissé à son ordinateur pour compléter inlassablement sa table des lois, celles de l'emmerdement universel afin de pourrir le quotidien de ses ouailles.

Et il ne ressemble guère au vénérable patriarche à la longue barbe blanche. Crasseux, alcoolique, débraillé en sous-vêtements douteux, chaussettes de tennis et tongs, il est campé de manière hénaurme par Benoît Poelvoorde au meilleur de sa forme et de son emploi de prédilection.

Pour l'amour de sa douce mère, Yolande Moreau magistrale, et se libérer de l'emprise paternelle, la fille de Dieu, interprétée par Pili Groyne, délicieuse et prometteuse, qui commence à savoir faire de petits miracles, décide de prendre la poudre d'escampette.

Telle une Alice à rebours, et grâce aux conseils de son frère, elle se trouve propulsée dans le monde avec le projet de recruter six apôtres contemporains et d'écrire un Nouveau Testament qui changerait l'ordre établi et révèlerait un nouveau Dieu (au féminin) qui est vraiment amour non sans avoir auparavant trahi son paternel en divulguant son plus précieux secrets, celui de toutes les dates de décès.

"Deathlink" fait le buzz. Changera-t-il la face du monde et le cours des destinées ? EA, poursuivie par la furie paternelle, pourra-t-elle accomplir son destin ?

Soutenu par son fidèle chef opérateur Christophe Beaucarne, Jaco Van Dormael ne s'interdit rien, au fond comme en la forme, de "la blagounette neu-neu" à coincer les zygomatiques à la crise existentielle qui fait verser une larme, oui l'émotion a aussi droit de cité, du mélo au lyrique et la caméra devient une véritable boîte à images pieuses au sens premier du terme.

Car il a de l'empathie pour tous ces personnages qui, chacun à sa façon, et tous âges et catégories sociales confondus, a "une vie de merde". Et ce n'est pas moins de six micro-drames qu'il explore avec tendresse en croyant, non sans un certain angélisme, à la toute puissance de l'amour.

A l'affiche, la fine fleur belge avec en tête le trio de choc Benoît Poelvoorde, Yolande Moreau et François Damiens, et des acteurs moins connus dans l'hexagone, Marco Lorenzini, Serge Larivière, Laura Verlinden, Didier De Neck, le jeune Romain Gelin et Johan Leysen, excellent comédien vu récemment dans "Lohengrin" qui joue le mari d'un bien inattendu apôtre, rôle dévolue à l'exception française, Catherine Deneuve, dans un rôle totalement décalé qui prouve qu'elle ne manque pas du sens de l'humour et de l'autodérision.

Rythmé par la bande son composée par la chanteuse flamande An Pierlé et "les petites musiques" de chacun des apôtres, le film déborde d'un imaginaire hilarant, loufoque et quasi mystique qui emporte tout sur son passage et auquel il est difficile de résister.

 

MM         
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