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Théâtre Le Ranelagh  (Paris)  septembre 2015

Tragi-comédie de Edmond Rostand, mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, avec Stéphane Dauch, Charlotte Matzneff, Simon Coutret (ou Alex Disdier), Edouard Rouland, Yves Roux (ou Grégoire Bourbier), Didier Lafaye ou Antoine Guiraud, Geoffrey Callènes, Emilien Fabrizio, Nicolas Le Guyader, Mona Thanaël ou Barbara Lamballais et Petr Ruzicka (ou Survier Flores ou Aramis Monroy).

Depuis quelques années, les "Cyrano de Bergerac" semblent se succéder et se concurrencer.

Celui que propose Jean-Philippe Daguerre a deux atouts éclatants : en se concentrant sur l'essentiel du récit d'Edmond Rostand, il est mené tambour battant ; en confiant les rôles emblématiques à de jeunes comédiens, il est fidèle à la pièce.

Car bien souvent, Cyrano, comme son collègue mousquetaire d'Artagnan, est joué par des acteurs confirmés, pour ne pas dire trop confirmés. Sans doute, pour le premier acte riche en morceaux de bravoure et en tirades parfaites pour des bouches accomplies, des Cyrano sexagénaires peuvent faire illusion, mais que penser quand il s'agit de rentrer dans le jeu de la toute jeune Roxane et du jouvenceau Christian ?

Dans la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre, Stéphane Dauch est donc un Cyrano parfaitement dans le tempo. Il commence un peu "en-dedans", ne s'épuisant pas d'emblée dans la tirade des nez pour au fil des actes s'apitoyer sur son mauvais sort. Au contraire, Dauch ne joue jamais sa partition seul, ne pleure pas sur lui-même.

Dans cette version réduite, notamment de toute sa partie "Rôtisserie de Ragueneau", tous les personnages autour de Cyrano gagnent en visibilité. Outre Roxane et Christian, Le Bret, De Guiche, Ragueneau prennent leur juste place pour entourer le héros à la triste figure. On a plaisir à les sentir en complicité avec lui.

Les partis pris de Jean-Philippe Daguerre ont l'avantage de ne jamais aller contre la pièce. Il en est ainsi de la présence de Petr Ruzicka et de son violon dont les interventions, jamais insistantes ni larmoyantes, apportent une légèreté inattendue, une touche baroque qui va bien avec Cyrano le poète.

Pareillement, les acteurs disent les alexandrins sans en appuyer les effets garantis et c'est davantage par les situations que grâce aux mots d'auteur que les rires fusent, nombreux, bien amenés.

Loin de toute grandiloquence, ce Cyrano joue la modestie jusque dans l'expression de son appendice nasal, qui prend la forme pas très exagérée d'un masque de comedia dell'arte.

Se servant du Théâtre du Ranelagh comme écrin parfait, notamment pour les scène se passant au théâtre ou pour celle du balcon, la scénographie minimaliste de Vanessa Rey-Coyrehourcq s'appuie sur quelques éléments de décor signifiants, laissant les comédiens peuplés la scène dans les très subtils costumes de Corinne Rossi.

Ingénieuse dans ces dispositifs, la mise en scène de Jean-Philippe Daguerre ne donne jamais l'impression d'avoir des moyens réduits. Au contraire, avec une dizaine de comédiens, elle parvient à se donner des allures de super-production théâtrale quand elle aborde le siège d'Arras. Et puis, surtout, Stéphane Dauch et tous ses camarades ne ratent pas le final et distillent toute l'émotion et les larmes attendues.

Aux côtés de Stéphane Dauch, comédien que l'on adopte dès qu'il entre en scène, on soulignera la composition de Charlotte Matzneff, qui fait de Roxane telle qu'elle devait être, c'est-à-dire une précieuse jamais ridicule et véritablement amoureuse.

Un vrai, un beau Cyrano !

 

Philippe Person         
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# 21 février 2021 : et le chiffre du jour est 21

21 février pour cette édition et 21ème Mare Aux Grenouilles, déjà, à voir en replay dès maintenant. Pour le reste voici le beau programme de la semaine avec une sélection tous azimuts malgré le sale temps pour la culture.

Du côté de la musique :

"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah
et toujours :
"Qui naît dort plus" de Armande Ferry-Wilczek
"La beauté du jour" de Ben Lupus
"For the first time" de Black Country, New Road
"Spare ribs" de Sleaford Mods
"Vertigo days" de The Notwist
"Lumen" de Dalva
"Michel de la Barre : Suites et sonates" de Ensemble Tic Toc Choc
"Muses" de Karen Lano
"Road of the lonely ones" le Mix #12, saison 2 de Listen In Bed
Interview de Med dont nous vous présenterons le disque très bientôt
"Blue" de Rosie Balland
RosaWay et Belfour dans un petit ni vus ni connus pour parler de leurs clips

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Un grand cri d'amour" de Josiane Balasko
"Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier
"Dix ans de mariage" d'Alil Vardar
"Longwy-Texas" de Carole Thibaut
"J'ai des doutes" de François Morel
et de l'opéra revisité "La Dame Blanche" de François-Adrien Boieldieu
"La Flûte Enchantée" de Mozart
ou pas "Le Barbier de Séville" de Rossini

Expositions :

en virtuel :
"Botero, dialogue avec Picasso" à l'Hôtel de Caumont
“Calder Stories” au Centro Botín à Santander
"Le Voyage à l?époque d?Edo (1603-1868)" au Musée Cernuschi
"Ulla von Brandenburg - "Le milieu est bleu" au Palais de Tokyo
"L'Age d'or de la peinture danoise" au Petit Palais
"Claude Viallat - Sutures et Vari" à la Galerie Templon
"Sabine Weiss - Sous le soleil de la vie" à la Galerie Les Douches

Cinéma :

at home :
"L'Ombre des femmes" de Philippe Garrel
"Un amour de jeunesse" de Mia Hansen-Love
"Seule" de Mélanie Charbonneau
"Crème de menthe" de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy
"Pool" de Francis Magnin

Lecture avec :

"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
"La bombe atomique" de Jean-Marc le Page
"La fille du chasse-neige" de Fabrice Capizzano
et toujours :
"Yahya Hassan" de Yahya Hassan
"Cela aussi sera réinventé" de Christophe Carpentier
"De l'autre côté des croisades" de Gabriel Martinez-Gros
"L'instruction" de Antoine Brea
"La pierre du remords" de Arnaldur Indridason
"La sountenance" de de Anne Urbain
"Le premier homme du monde" de Raphaël Alix

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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