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Théâtre de l'Atelier  (Paris)  septembre 2015

Comédie dramatique de Brian Friel, mise en scène de Didier long, avec Léna Bréban, Lou de Lâage, Claire Nebout, Florence Thomassin, Lola Naymark, Philippe Nahon, Bruno Wolkowitch et Alexandre Zambeaux.

Pièce d'impressions, pièce d'émotions, "Danser à la Lughnasa" est considérée comme le chef d'oeuvre de Brian Friel, auteur irlandais contemporain.

Montée en Belgique dans une traduction de Jean-Marie Besset, adaptée au cinéma sous le titre "Les Moissons d'Irlande" avec Meryl Streep dans le rôle de Kate l'institutrice, elle n'avait jamais eu les honneurs d'un grand théâtre parisien.

Et pourtant cette plongée au cœur de l'Irlande de 1936, dans une maison isolée où s'activent les cinq sœurs Mundy, toutes en ébullition en cette période de fin de moissons qui annonce le grand bal annuel de la Lughnasa, est propice à un vrai beau moment de théâtre.

Brian Friel décrit ici une communauté familiale à l'image de son pays. Pauvres, fières, poursuivies par le malheur mais prêtes à l'oublier pour une danse ou pour l'espérance d'un amour enfin heureux, les cinq sœurs Mundy ont la solidarité chevillée à leurs âmes écorchées. Aucune n'est mariée, aucune n'a d'avenir, même pas Kate l'institutrice qui tient à bout de bras cette fratrie.

Dans un coin du décor unique imaginé par Didier Long et Bernard Fau, caché à la vue des spectateurs, il y a un berceau ou un parc dans lequel repose Michael, le fils de l'une des sœurs, Chris, que son amoureux Gerry, fantasque et velléitaire, n'a pas épousé. C'est lui, devenu un vieil homme qui raconte l'histoire de la famille Mundy et qui répond aux autres personnages comme s'il était leur contemporain.

Ce va-et-vient entre un passé vécu et un présent qui n'en est que le récit imprégné de tristesse instaure un climat de douce mélancolie.

Dans l'excellente traduction d'Alain Delahaye, le texte de Brian Friel révèle toutes ses subtilités et permet à tous les comédiens d'avoir quelque chose à défendre. Aucun des personnages n'est inutile. Tous forment vraiment une chorale irlandaise qui ne se perd pas dans le folklore qu'on aurait pu craindre.

Ainsi la musique composée par François Peyrony ne cherche pas à être à tout prix un resucée des musiques irlandaises attendues. Sa légèreté est à l'image du travail de Didier Long qui n'a pas voulu multiplier les morceaux de bravoure.

Chacun des comédiens sait apporter sa touche sans pousser trop loin son personnage et ce n'est pas peu dire que la distribution est brillante. Philippe Nahon, en Mickaël, impose à son physique massif, la fragilité d'un homme qui se souvient d'un temps révolu.

Bruno Wolkowitch, le seul garçon de la famille Mundy, touche dans ce rôle de missionnaire revenu d'Ouganda avec l'esprit d'un enfant. Alexandre Zambeaux, en père prodigue de Mickaël qui part pour les Brigades internationales, joue les fougueux pour être moins pitoyable dans ses mensonges.

Quant au quintet des sœurs Mundy, qui occupe le plus souvent la scène, dans une belle chorégraphie de travaux domestiques, il est composé de cinq merveilleuses actrices.

Léna Bréban et Lola Naymark, promises au pire des destins, donnent le change pendant que leurs aînées Claire Nebout et Florence Thomassin déploient une vitalité excessive pour que le désespoir des ventres vides et des cœurs secs les emportent toutes dans le tourbillon du malheur. Reste Lou de Laâge, rayonnante en fille-mère, heureuse d'avoir eu la chance de connaître ce "bonheur".

"Danser à la Lughnasa" est une pièce qui travaille peu à peu le spectateur, une pièce puissante dans laquelle Brian Friel a su éviter les poncifs sur l'Irlande éternelle. On est loin des catholiques querelleurs et buveurs qui font le charme des films de John Ford. Par petites touches, il a créé une vraie famille irlandaise, une de ces familles pléthoriques qui vivait dans des conditions précaires, mais où l'amour faisait office de lien entre tous et toutes.

Didier Long a su rendre ce qu'a imaginé Brian Friel. Ce qu'il propose avec "Danser à la Lughnasa" est un moment de théâtre qui pourrait bien rester inoubliable pour ceux qui ne rateront pas cette grande pièce à la fois populaire et contemporaine.

 

Philippe Person         
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