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puce Festival Marsatac #17 (édition 2015)
Rone - Audion - Cotton Claw - Boys Noize - The Hacker Live  (Friche la Belle de Mai, Marseille)  25 et 26 septembre 2015

Il est 21h, on vient d’engloutir deux magnifiques sandwiches "spécial sportif" à la cantine des grandes tables, lieu de restauration à la Friche la Belle de mai pour personnel accrédité et affamé !

Nous sommes bien à Marseille et ici, aucune rentrée musicale digne de ce nom ne se célèbre sans passer par la case Marsatac, le premier gros festival de l’automne dans la capitale phocéenne. Alors avec mon coéquipier, gai luron et hyperactif, on y est parti pour vous faire un petit rapport du vendredi soir.

Pour sa 17ème édition, Marsatac s’engouffre dans la brèche de la musique électronique, et pas qu’un peu. On s’y engouffre à un tel point qu’au final, c’est bien toute la programmation des 4 scènes proposées qui est tournée vers cette école de style. Tout le site de la Friche Belle de Mai est moins éclairé que de coutume et de surcroît, dans des tons froids. Les concerts commencent à 22h pour se terminer à… 6h, et le grand toit terrasse est fermé au profit du sous-sol ouvert pour l’occasion car accueillant un club éphémère. Alors on enfile un scaphandre et on part pour une étude approfondie de la musique électronique. Respirez, ça va bien se passer.

Les pessimistes vous crieront leur déception quant à ce choix drastique d’une programmation qui ne sort pas des rails de la musique électronique. Donc oui… 4 scènes, deux jours, et que des "DJ" ou "beat maker". Mais les optimistes leur répondront que Marsatac suit sa devise de festival "innovant et en mutation perpétuelle", et qu’il assume fièrement et à voix haute sa liberté.

Et "Musique électronique" est un terme de style qui en englobe tellement d’autre ! Ainsi, les 25 et 26 septembre, on a pu faire un joli tour des nombreuses branches que cet arbre, maintenant adulte, nous propose. Et on rappellera que l’électro justement, si on doit lui trouver d’autres armes pour convaincre, c’est une famille qui est bien loin de se contenter d’une scène, d’un "concert traditionnel". L’électro, c’est aussi et surtout le lieu où on la déguste, ces lieux qui l’ont vu naître, et ces lieux qu’on imagine pour la diffuser demain ! Ainsi, quel meilleur site que la Friche Belle de Mai… ce n’est pas une église mais bien une cathédrale capable d’accueillir tous ces pèlerins nocturnes pour célébrer leur religion !

La soirée commence avec sur la scène principale Rone. Producteur projeté depuis quelques années sur le devant de la scène électro française. C’est beauuuuu, onirique et pleins de notes. On plane et on se rend compte que ce condensé de nappe, cette tendance musicalité parfois presque naïve dans tous les bons sens du terme, colle assez bien avec cette légère ressemblance à Harry Potter. Rone est un artiste honnête, un doux rêveur que l’on est bien curieux de voir évoluer !

De ce beau voyage électronique aux pays des gentils synthétiseurs, on enchaîne avec une électro certes moins musicale mais plus mature : Audion aka Matthew Dear. Après 7 albums et un wagon de remix dans son CV, il nous a proposé un set brut, claquant et hypnotisant malgré sa seule présence sur scène.

Car il faut avouer qu’un performeur électro n’est pas sexy à regarder. Quitte à regarder quelqu’un derrière sa table pendant une heure, autant se taper une émission de cuisine et apprendre enfin à faire ce putain de poulet basquaise. Il faut aussi reconnaître la mutation scénographique que nos festivals traversent. Ce manque cruel d’activité scénique à regarder est d’autant plus de place faite à la vidéo et autres outils scénographiques. Ceci, Matthew Dear l’a bien compris et propose un live visuel très réussi, minutieux et hypnotisant. On vous aurait bien montré des photos mais le monsieur en question n’est pas d’accord. Bref, tout est bien produit et bien léché. On monte donc d’un cran et on commence sérieusement à se dandiner en se demandant si on n'a pas oublié de prendre quelque chose.

Entre temps, nos chers festivaliers auront pu profiter de Cotton Claw à l’étage inférieur, sur la scène du cabaret aléatoire. Un quatuor de beat maker qui mise donc sur la performance, dans un monde où faire un concert d’électro peut aussi se résumer à appuyer sur un seul et même bouton… toutes les vingt minutes. Entre abstract hip-hop et house feutrée, on aime y danser et les regarder fabriquer !

On a aussi eu droit à un bon live atypique du "collectif arbuste". Sur le parvis de la cartonnerie, entourée de bars et de hot dogs, se dresse une installation : une cage enfermant quatre musiciens, plein de fumée, plein de lumière, et une électro percussive aux sonorités métalliques. Le show est réussi et le public qui l’entoure de tous côtés est ravie. On réalise qu’on vient de voir un groupe de musique taper sur autre chose que des ordi.

Bon allez ! Il est minuit passé de presque une heure, les Cendrillons du haut de leurs vingt printemps sont bien entamées, il est donc l’heure pour Marsatac d’abattre ses atouts. Nous voilà donc devant Boys Noize sur la scène La Cartonnerie. Et bien on pensait le savoir mais cela fait toujours un peu bizarre quand on nous le rappelle… Boize Noize est vrai un rouleau compresseur ! Un écran à LED de presque 16 mètres de large, de long rise and drop millimétrés et dévastateurs, une techno toujours progressive et rarement répétitive, un son très bien masterisé… Et boum ! Avant tu dandinais, maintenant tu es en train de sauter ! Alexander Ridha, de son vrai nom, en enfonçant généreusement le clou planté un peu plus tôt par Audion, a carrément cassé le mur et on se demande bien ce qu’on pourrait encore trouver derrière. Les trolls auront beau dire ce qu’ils veulent, on a vu presque 5000 personnes sauter !

Mon coéquipier n’en finit plus donc… de sauter et on décide de descendre au Club éphémère, la troisième scène du festival, avant que je ne le récupère dans les projecteurs. On descend, on suit la belle installation aérienne "L.I.N.E.", dix fils blancs qui traversent le site, transperçant son architecture industriel carrée. Merci le collectif LabRat car il y a tout de même 1,5 km d’installation !

On rentre dans de gros couloirs et on a presque l’impression d’avoir perdu sa bagnole dans un vieux parking. Là, on arrive sur la troisième scène : le Club Ephémère. On rattrape notre retard et on transpire encore un peu sous un plafond mobile équipé de néons… sympa.

Après avoir empêché mon ailier d’attraper un des néons en faisant un câlin à l’un des poteaux de la salle, nous décidons qu’il est grand temps de remonter à la surface... ah merde, c’est déjà The Hacker Live qui démarre sur la scène principale. Tant pis pour le live de Vessel au Cabaret Aléatoire. Je vese une petite larme pour ce set qui, de source sûre, était industriel et dark à souhait !

On se retrouve donc devant le live du collaborateur connu de Miss Kittin : Michel Amato aka The Hacker. On le savait expérimenté, nous n’avons pas été déçus. Point trop n’en faut car sans être minimal, The Hacker laisse respirer ses sons et nous hypnotise par une techno répétitive. On savait aussi : "Une techno sombre et puissante". Tout en restant très.. très fort, le son était plutôt bien réglé, ca pousse ! On peut même dire, et je peux rarement la placer : "ça secoue les cages à miel !" Sans vous la faire à la marseillaise, j’avais même les cheveux qui vibraient tant les basses étaient à un niveau élevé à… 15 mètres du nez de scène. Pour la première fois du festival, je sors mes bouchons.

Pour finir, avouons qu’en déambulant sur ce site labyrinthique, on palpe presque Berlin. Décidément, cette 17ème édition est très dark et on est bien dans un lieu de culte dédié à la techno.

On décroche à trois heures du mat, laissant derrière nous encore 3h de boum boum car cette année, Marsatac ferme à 6h du mat. Ceci dit, après cette belle soirée, la blague d’un ami me revient soudain à l’esprit : "Qu’est-ce que dit un cluber quand il n’a plus de drogue à gober ?" Le cluber : "C’est quoi cette musique de merde ?"

On remercie l’équipe du festival, les 164 bénévoles, les 34 artistes, les 1,5 km de d’installation aérienne et tous les autres, pour cette belle édition au travers d’un empire technoïde et on vous dit à l’année prochaine !

 

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En savoir plus :
Le site officiel du Festival Marsatac
Le Facebook du Festival Marsatac

Crédits photos : Maamo


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# 17 novembre 2019 : 4 ans déjà

13 novembre 2015. inoubliable nuit de terreur dont on commémorait les 4 ans cette semaine. Un 13 novembre 2019 avec plein de concerts à Paris et un pincement au coeur pour beaucoup d'entre nous. Mais la vie continue, et elle doit continuer d'être culturelle et festive.

Du côté de la musique :

"L'année du loup" de Alma Forrer
"Lucarne" de Cassagrande
"Air India" de David Sztanke
"Immanent fire" de Emily Jane White
"Bach, Liszt, Wido : Organ works at La Madeleine" de Jae Hyuck Cho
"What's in it for me ?" le Mix numéro 4 de Listen In Bed
"Femme idéale" de Ludiane Pivoine
et toujours :
"We were young when you left home" de Tim Linghaus
"Glam shots" de Rich Deluxe
"Imago" de Manuel Etienne
"Women" la 4ème émission de notre podcast radiophonique Listen In Bed
"Silent scream" de Holy Bones
"Stregata / stregato" de Gilia Girasole & Ray Borneo
"Révolution" de David Kadouch
"Jusqu'ici tout va bien" de Bazar Bellamy
Lysysrata, It It anita et The Eternal Youth au Normandy

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"On s'en va" au Théâtre national de Chaillotl
"Les guêpes de l'été nous piquent encore en novembre - L'Affaire de la rue de Lourcine" au Théâtre de la Tempête
"Pièce" au Théâtre des Abbesses
"La Vie est belle" au Théâtre 13/Jardin
"Adieu Ferdinand ! Le Casino de Namur II" au Théâtre du Rond-Point
"Adieu Ferdinand ! - La Baleine et le Camp naturiste" au Théâtre du Rond-Point
"Bartleby" au Théâtre Essaion
"Un Vers de Cid" au Théâtre Essaion
"Julien Cottereau - aaAhh Bibi" au Théâtre Le Lucernaire
"Pour ceux qui parlent tout seuls" au Théâtre Darius Milhaud
des reprises :
"Et si on ne se mentait plus ?" à la Scène Parisienne
"Berlin 33" au Théâtre L'Atalante
"La Magie lente" au Théâtre de la Reine Blanche
"Je ne me souviens pas" au Théâtre Les Déchargeurs
"La Magie de l'argent" au Théâtre Aleph
"La vie devant soi" au Théâtre de Sartrouville
"G.R.AI.N. - Histoire de fous" à la Manufacture des Abbesses
"Evita - Le destin fou d'Evita Peron" au Théâtre de Poche-Montparnasse
et la chronique des spectacles à l'affiche en novembre

Expositions avec :

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris

Cinéma avec :

les sorties de la semaine :
"Les Eblouis" de Sarah Suco
la chronique des films à l'affiche en octobre
et la chronique des films à l'affiche en novembre

Lecture avec :

"L'affaire Lord Spenser" de Flynn Berry
"La curée d'après le roman d'Emile Zola" de Cédric Simon & Eric Stainer
"Les faire taire" de Ronan Farrow
"Mondes en guerre tome 2, l'âge classique" de Hervé Drévillon
"Résistante" de Jacqueline Fleury Marié
"Une histoire de France tome 1, La dalle rouge" de Michel Onfray, Thomas Kotlarek & JEF
et toujours :
"Profession romancier" de Haruki Murakami
"Feel good" de Thomas Gunzig
"Histoire mondiale de la guerre froide (1890-1991)" de Odd Arne Westad
"L'avenir de la planète commence dans notre assiette" de Jonathan Safran Foer
"L'écho du temps" de Kevin Powers
"Psychotique" de Jacques Mathis & Sylvain Dorange
"Une famille presque normale" de M T Edvardsson

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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