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Interview  (Paris)  mercredi 15 juillet 2015

Nous avons rencontré Pauline Drand au mois de juillet. Un mois de juillet chaud à Paris (oui, on a du mal à s'en souvenir). Les terrasses le long du Canal de l'Ourcq débordaient tandis que les pintes de bière se vidaient. Nous étions dans un appartement qui dominaient le canal, vers Jaurès. Dans l'entrée de l'appartement, une affiche rappelait que Pauline Drand avait joué un concert en appartement, avec Eskimo et Eméah, dans ce même lieu, un mois avant.

On te présente très souvent comme "la parisienne Pauline Drand". Te reconnais-tu dans ce qualificatif ?

Pauline Drand : Je me considère comme parisienne parce que c'est la ville où je vis actuellement. Mais j'ai grandi en banlieue, dans une banlieue pavillonnaire, où l'ambiance est assez différente de la vie parisienne. Quant à ma famille, elle est très ancrée en province. Même si je n'y ai pas vécu, j'ai encore des attaches en Lorraine, en campagne, dans des milieux très ruraux. Je suis venue m'installer à Paris. Je connaissais bien la ville, mais je ne me reconnais pas dans ce terme parce que je ne pense pas correspondre à l'identité parisienne pour quelqu'un qui aurait grandi à Paris. C'est un terme qui prétend à une identité qui ne me ressemble pas vraiment. Néanmoins, Paris est une ville que j'aime vraiment, qui m'inspire dans mon écriture. Mais ce n'est pas aussi univoque que cela parce mon écriture s'inspire aussi d'éléments de la nature, d'autres villes et de pays étrangers.

Ton premier EP est sorti chez Microcultures après une opération de crowdfunding réussie. Comment ce choix d'indépendance s'est-il imposé à toi ?

Pauline Drand : On a commencé à enregistrer. On s'est retrouvé seuls, avec dix morceaux enregistrés, en complète indépendance. Nous souhaitions les sortir vite, donc le crowdfunding nous a semblé la meilleure solution. Je ne suis même pas allée voir de label. Nous avions besoin d'une mise de départ pour presser le disque, réaliser la pochette et faire connaître le projet. Mais surtout, c'était un moyen de concrétiser un lien avec les gens qui me suivaient, parfois depuis trois ans, l'époque de mes premiers concerts.

Je t'ai cherché sur des plateformes sans trouver ton disque. Comment parviens-tu à exister sans le format numérique ?

Pauline Drand : Pour le numérique, j'ai choisi de sortir les titres sous Bandcamp uniquement. Cette plateforme me semble plus à taille humaine que d'autres comme Deezer ou Spotify. Celle-ci permettait de faire écouter l'album, mais aussi de commercialiser directement les morceaux, ce qui, vu la taille de mon projet, me semblait une meilleure stratégie. En plus, il y a des gens qui recherchent de nouveaux artistes par ce biais, puisque la plateforme est plutôt orientée vers des réalisations anglo-saxonnes, américaines.

Il y a deux ou trois ans, en concert, tu reprenais Françoiz Breut, "Si tu disais", ou Jacques Brel, "Ne me quitte pas". Récemment tu as adapté "Pink moon" de Nick Drake en français sous le titre de "Lune Rousse".Cela correspond-il à un changement d'influence ou d'orientation musicale ?

Pauline Drand : Ce n'est pas une évolution de mes influences. Nick Drake était là avant. J'ai découvert Françoiz Breut sur le tard. C'est Oliver Peel qui m'en a parlé, j'ai écouté cette chanson que j'ai aimée et décidé de reprendre. J'ai décidé d'adapter Nick Drake en français, car c'est un artiste qui excelle dans son art et qu'il est très délicat de reprendre à l'identique. Si on reprend Nick Drake à la façon de Nick Drake, ça ne peut être que moins bon. J'ai donc amené un peu de mon univers en composant une intro, et comme maintenant je n'écris plus qu'en français, ça me semblait intéressant d'en proposer ainsi une autre lecture. Ça s'est fait de manière spontanée, sans la prétention de faire du Nick Drake.

Dans tes chansons, le thème des couleurs est récurrent. La peinture est-elle une forme d'art qui te parle ?

Pauline Drand : Oui, tout à fait. Je suis très sensible à diverses formes d'art, et particulièrement la littérature et la peinture. J'envisage l'écriture en musique comme le travail d'une matière à la fois sonore, mais aussi visuelle pour les images qui peuvent en naître. Je pense qu'on peut manier l'écriture comme les peintres manient leur palette. Je ne cherche pas forcément à utiliser l'écriture comme une matière littéraire, mais à utiliser le matériau à ma disposition, les mots, en les façonnant, en les mettant ensemble pour créer des images. Il est vrai que je suis attirée par les métaphores poétiques, par la symbolique.

Tu parlais, tout à l'heure, de tes influences qui pouvaient provenir d'autres pays. Tu as tourné un clip au Liban. As-tu un attachement particulier à ce pays ?

Pauline Drand : Oui. Et particulièrement à la ville de Beyrouth. J'y suis allée une première fois, et je suis tombée amoureuse de la ville, de ses habitants, d'une certaine atmosphère, d'une esthétique, de mouvements artistiques. Il y a une énergie créatrice qui m'a tout de suite parlé dans cette ville. Tout se fait très vite, sans moyens parce qu'il n'y a pas de structures institutionnelles. Le clip y a été tourné très vite. Il a été tourné à Gemmayze dans les rues commerçantes, sur la Corniche au bord de mer, dans des taxis... J'ai aussi été touché par la lumière, les sons de la ville. J'y suis retourné trois fois. J'ai travaillé avec des musiciens libanais. Ça fait deux ans que je n'y suis pas allé, mais j'ai envie d'y retourner à nouveau très vite.

Duras a-t-elle eu une influence particulière sur votre écriture ?

Pauline Drand : Je suis une grande fan. Je l'ai redécouverte il y a un an. J'ai presque tout lu d'elle. Mais je ne sais pas si elle a une influence sur l'écriture des chansons du EP parce que je me suis replongée dans son oeuvre après que les textes aient été écrits. Ce que je peux dire, c'est que je me suis retrouvée dans son écriture, et aujourd'hui c'est une source d'inspiration dans sa démarche. Duras allie la sobriété de la langue à la richesse du contenu. Le contenu est profond tout en ayant une forme assez simple. Il y a beaucoup d'évocations et de descriptions de lieux dans son oeuvre. Elle se montre attirée par l'étranger, l'Orient, l'Asie... En outre, son oeuvre est traversée d'une question féminine majeure. Alors oui, aujourd'hui, Marguerite Duras est pour moi une influence majeure parce que son oeuvre forge en moi, presque malgré moi, une esthétique, une discours, un langage.

En concert, tu t'accompagnes essentiellement à la guitare. Mais on t'a aussi vu au piano. Cet instrument pourrait-il, à l'avenir, prendre une place plus importante dans tes compositions ?

Pauline Drand : Oui, je pense. En fait, j'ai commencé par étudier le piano étant petite. J'ai arrêté. Je continue à vaguement pianoter, juste assez pour composer des mélodies simples. La guitare a l'avantage d'être simple à transporter et à utiliser en concert. L'approche de la guitare est plus spontanée pour moi, la symbolique du piano est plus pesante. Mais je pense qu'à l'avenir le piano prendra plus de place dans certaines compositions. Même si je ne sais pas encore exactement de quelle manière.

Enfin quels sont tes projets à court et moyen termes ?

Pauline Drand : Il y a la réalisation de l'album à la rentrée, avec le désir de faire vivre ce disque sur scène. Il y a aussi le souhait de faire évoluer les concerts vers une forme de groupe. En fait, tous les projets suivront la sortie de l'album.

Retrouvez Pauline Drand
en Froggy's Session
pour 3 titres en cliquant ici !

 

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En savoir plus :
Le Soundcloud de Pauline Drand
Le Bandcamp de Pauline Drand
Le Facebook de Pauline Drand

Crédits photos : Thomy Keat (Toute la série sur Taste of Indie)


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Pauline Drand (15 juillet 2015)


# 16 février 2020 : Pour les amoureux de culture

La Saint Valentin est passée. Nous espérons que vous avez pioché des idées de cadeaux culturels dans notre sélection de la semaine dernière. Ceci dit il n'y a jamais assez d'occasions de faire plaisir, alors voici une nouvelle sélection qui saura vous séduire. C'est parti !

Du côté de la musique :

"Monolithe" de Octave Noire
"Origenes" de Sotomayor
"Perdida" de Stone Temples Pilots
"Endless voyage" de Sunflowers
"Brothers in ideals" de The Inspector Clouzo
"Come on in" de Thorbjorn Risager & The Black Tornado
"Bury the moon" de Asgeir
"The wall single" de Fontiac
"M. I. A." la 10ème émission de Listen in Bed à écouter en ligne
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Ghosts" de Mokado
Frustration & The Jackson pollock au Fil de Saint Etienne
et toujours :
"I become a beast" de Caesaria
"Hopetown" de Claudial Solal et Benoit Delbecq
"L'îlot" de Cyril Adda, à retrouver aussi en session
"Granados Goyescas" de Jean Philippe Colard
"On both sides of the atlantic" de Jon Bouteiller
"Lovers" de Kid Francescoli
"Ooh Hah" le mix numéro 10 de Listen in Bed
"Show no mercy" de Loki Lonestar
"Cailloux & météores" de Mira Cétii
"Simido" de Moonlight Benjamin

Au théâtre :

les nouveautés avec :
"La Collection" au Théâtre L'Etoile du Nord
"Correspondance avec la mouette" au Théâtre Les Déchargeurs
"Ni couronne ni plaque" au Théâtre de Belleville
"Dans les forêts de Sibérie" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Hedda" au Théâtre de Belleville
"Roi du silence" au Théâtre Les Déchargeurs
"Aime-moi" au Théâtre de Belleville
"Mon Olympe" au Théâtre de Belleville
"Ciel, mon Paris !" au Théâtre de Poche-Montparnasse
"Les Faucheuses" à la Comédie Nation
"Le petit résistant illustré" au Théâtre Essaion
des reprises :
"Huis Clos" au Théâtre Dejazet
"Nature morte dans un fossé" au Théâtre du Gymnase
"What is love" à la Divine Comédie
"Ah ! Félix (n'est pas le bon titre)" au Trois Baudets
et la chronique des spectacles à l'affiche en février

Expositions avec :

la dernière ligne droite pour :
"Picasso - Tableaux magiques" au Musée national Picasso
"Luca Giordano - Le triomphe de la peinture napolitaine" au Petit Palais
"Le Rêveur de la forêt" au Musée Zadline
"Du Douanier Rousseau à Séraphine - Les grands maîtres naïfs" au Musée Maillol
"Le Marché de Art sous l'Occupation 1940-1944" au Mémorial de la Shoah

Cinéma avec :

"Sortilège" de Ala Eddine Slim
Oldies but Goodies avec "Les Vertes Années" de Paulo Rocha
et la chronique des films sortis en février

Lecture avec :

"Apaiser hitler" de Tim Bouverie
"L'odysée du plastique" de Eric Loizeau
"La résurrection de Joan Ashby" de Cherise Wolas
"Les lumières de Niteroi" de Marcello Quintanilha
"Préférer l'hiver" de Aurélie Jeannin
"Ted" de Pierre Rehov et "Grand froid" de Cyril Carrère
"Undercover" de Amaryllis Fox
et toujours :
"Alt life" de Joseph Falzon & Thomas Cadène
"Ce qui est nommé reste en vie" de Claire Fercak
"Dévorer les ténèbres" de Richard Lloyd Parry
"Il est juste que les forts soient frappés" de Thibault Bérard
"L'homme qui n'est jamais mort" de Olivier Margot
"La chute" de Jacques Ravenne
"Le livre de Sarah" de Scoot McClanahan

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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