Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Festin de jeunesse
Studio du Regard du Cygne  (Paris)  novembre 2015

Comédie dramatique de Dominique Sels, mise en scène Sébastien Ehlinger, avec Kristel Largis Diaz et Francis Bolela.

Dominique Sels est romancière. "Festin de jeunesse" est sa première incursion dans le domaine théâtral. Elle a choisi d'y explorer le jeu des passions amoureuses.

Maud et Maxime, deux jeunes étudiants, sont dans une chambre, un soir de réveillon de la Saint-Sylvestre. Heure des bilans, heurts des sentiments, les deux amis reviennent sur cette année passée où bien des choses ont changé pour eux. Maxime a été le co-locataire de Bruno, l'amant de Maud... et en a profité pour le lui chiper.

Dès lors, Maud s'est jeté dans les bras d'un musicien célèbre, bien plus âgé qu'elle, Fergusse. Mais après un printemps prometteur, le temps de la désillusion est venue pour la jeune femme qui ne sait plus sur quel pied danser avec un homme qui la manipule, la considère comme une petite fille.

Pendant ce temps-là, Maxime a découvert le frisson vénéneux de la prostitution, rue Saint-Anne. Maud et Maxime se parlent à cœur ouvert, à cœur bienveillant. C'est un duo sans tension palpable qu'a écrit Dominique Sels, même si plane sur la discussion bien des sous-entendus.

N'assiste-t-on pas là à un marivaudage qui pourrait s'aventurer vers des terrains inédits ? Maud et Maxime passeront-ils la nuit à discuter, partiront-ils danser ou tout cela finira-t-il par une autre proposition ?

Quand on écoute "Festin de jeunesse", on est surpris par la belle langue châtiée employée par les deux étudiants dont l'une déploie la logique d'une mathématicienne et l'autre s'accroche à des propos littéraires ou philosophiques.

Dominique Sels, volontairement ou pas, s'est mis dans les pas du Jean Eustache de "La Maman et la putain", qui a remis à l'honneur le parler courtois et précieux chez les germanopratins d'après 1968. Maud et Maxime appartiennent à la même génération à quelques années près. Ils n'aiment pas l'amour pour l'amour mais pour le jeu amoureux qui le précède, lui donne la dimension du romanesque.

Bavards impénitents, surtout Maud, ils élaborent des théories amoureuses pour pouvoir aimer davantage, et sont encore loin de posséder le laconisme des raisonnements de la génération SMS actuelle.

Dans la mise en scène minimaliste qu'a conçu Sébastien Ehlinger, où les deux protagonistes se font face dans deux fauteuils rouges, la langue de Dominique Sels prend la dimension d'un dialogue bergmanien.

Les deux jeunes comédiens interprétant ces deux jeunes d'avant le sida s'emparent du texte avec avidité. Evidemment, Kristel Largis-Diaz qui incarne une Maud pleine d'éclats, souvent radieuse, parfois soucieuse, est mieux servi que Francis Bolela, qui joue un Maxime plus relanceur qu'attaquant. Car, il faut le dire, dans cette pièce aux accents autobiographiques, Dominique Sels a favorisé le rôle de Maud.

Et bien lui en a pris puisque, de ce flot très littéraire, Kristel Largis-Diaz fait son miel. Elle est constamment étonnante dans le rôle de Maud, est capable de gérer les ruptures du personnage comme seule une comédienne accomplie pourrait le faire. Ses yeux brillent, elle sautille, elle s'illumine et profite de chaque belle phrase de son auteur pour pousser un peu plus loin son jeu surprenant.

Elle est Maud totalement, viscéralement. On n'imagine pas une autre comédienne dans ce rôle qu'elle s'approprie pour longtemps et qu'elle tire vers l'émotion qui donne la chair de poule. Découverte de la soirée, on sait qu'elle n'est pas la découverte d'un soir. Francis Bolela l'aide avec une abnégation sans réserve, une abnégation qui est aussi la marque des vrais comédiens.

Les deux sont portés par ce que Dominique Sels ose leur donner à dire et par l'élan que leur assure la mise en scène de Sébastien Ehlinger. Il faut que ce quatuor s'efforce et s'échine : il a entre ses mains de quoi convaincre un public de théâtre bien plus large qu'un simple cercle d'amis.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 29 novembre 2020 : Culture Globale

Ca y est vous n'avez plus d'excuse pour ne pas vous rendre dans les librairies, disquaires et autres lieux de culture chers à nos coeurs, alors FONCEZ ! si vous avez besoin d'un prétexte : On n'a jamais été aussi proche de Noël !

Du côté de la musique :

"I know that you know" de Eau Rouge
"In town" de Switch Trio
"May our chambers be full" de Emma Ruth Rundle & Thou
"The messenger" de Hélène Grimaud
"Songs" de Patrick Messina & Fabrizio Chiovetta
"Star feminine band" de Star Feminine Band
"Signs" de Vaiteani
"Stay" de Valerie June
"Grand plongeoir" de Yves Marie Bellot
"Selectorama" Le nouveau mix (S2M4) de Listen In Bed
"De là" de Clarys
et toujours :
"Sweet roller" de Al Pride
"After the great storm" et "How beauty holds the hand of sorrow" de Ane Brun
"Bisolaire" de Fredda
"Stillness" de Laetitia Shériff
"Un soir d'été" de Aurore Voilqué Trio
"Warning bell" de Daniel Trakell
"Trip" de Lambchop assortie de la nouvelle émission de Listen in Bed "Lambchop's Trip"
"Glo" de Manuel Bienvenu
"Serpentine prison" de Matt Berninger
"Je ne vous oublierai jamais" de Morgane Imbeaud
"Lockdown care bundle EP" de Nadeah
"Nashville tears" de Rumer

Au théâtre at home :
avec les captations vidéo de :
"Les Géants de la montagne" de Luigi Pirandello
"Très chère Mathilde" de Israel Horovitz
"Une des dernières soirées de carnaval" de Carlo Goldoni
"Un amour de jeunesse" de Ivan Calbérac
"La Vérité" de Florian Zeller
"Ils se sont aimés" de Pierre Palmade et Muriel Robin
"La croisière ça use" de Emmanuelle Hamett
"Cyrano m'était conté" de Sotha
et un air d'opéra avec "Miranda" d'après Shakespeare et Purcell

Expositions :

en virtuel :
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"Cristo et Jeanne Claude" au Centre Pompidou
"Jim Dine - A day longer" à la Galerie Templon

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris
"Pierre Soulages" à l'espace culturel départemental Lympia à Nice
"La "Collection Emil Bührle" au Musée Maillol
"Paris Romantique 1815-1848" au Petit Palais
"Léonard de Vinci" au Musée du Louvre
"La vitrine Gallé" au Musée des Arts et Métiers
et les collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

at home en steaming gratuit :
"Caché" de Michael Haneke
"Au loin s'en vont les nuages" de Aki Kaurismaki
"Une valse dans les allées" de Thomas Stuber
"La Lune de Jupiter" de Kornel Mundruczo
"L'enfant d'en-haut" de Ursula Meier
"Le beau monde" de Julie Lopes Curval

Lecture avec :

"L'intériorité dans la peinture" de Pierre Soulages & Anne-Camille Charliat
"Coco de Paris" de France de Griessen
"Considérations sur le homard tome 2" de David Foster Wallace
"Intuitions" de Paul Cleave
"Les aveux" de John Wainwright
"Les ratés de l'aventure" de Titayna
"Un été de neige et de cendres" de Guinevere Glasfurd
et toujours :
"Lire les morts" de Jacob Ross
"La mer sans étoiles" de Erin Morgenstern
"Les filles mortes ne sont pas aussi jolies" de Elizabeth Little
"Batailles" de Isabelle Davion & Béatrice Heuser
"De Gaulle et les communistes" de Henri Christian Giraud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=