Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Trissotin ou Les Femmes savantes
Théâtre Gérard Philippe  (Saint Denis)  novembre 2015

Comédie de Molière, mise en scène de Macha Makeïeff avec Marie-Armelle Deguy, Arthur Deschamps, Karyll Elgrichi, Vanessa Fonte, Camille de La Guillonnière, Vincent Winterhalter, Arthur Igual (en alternance Philippe Fenwick), Atmen Kelif, Ivan Ludlow, Geoffroy Rondeau, Thomas Morris et Maud Wyler.

"Les Femmes savantes" revues pas Macha Makeïeff sont d'une rare drôlerie.

Installant la pièce de Molière dans une ambiance pop avec pour mot d'ordre "de la couleur et du mouvement ", elle a mis l'accent non pas sur la satire des femmes qui jouent aux encyclopédistes un bon demi-siècle avant l'Encyclopédie, mais sur le personnage de Trissotin. Elle en a fait une espèce de nouveau Tartuffe, déchirant une famille entre ceux qu'ils subjuguent et ceux qui ne voient en lui qu'un imposteur attiré par l'argent de cette famille aristocratique.

Dans cette version respectueuse du texte plus que du contexte, l'action se situe dans une période mal définie que les costumes, voire la présence d'un projecteur diapo et d'un mange-disque, désignent comme pouvant varier du cœur des années soixante aux débuts des années soixante-dix.

Certains diront qu'on est plutôt en Angleterre aux alentours du Swinging London, d'autres pencheront plutôt pour les années soixante reconstituées à partir de tenues exagérément colorées comme on en voyait dans les films de Louis de Funès tirés de pièces de théâtre comme "Oscar" ou "Hibernatus".

L'idée vient en tête parce que Philaminte, Marie-Armelle Deguy, est habillée et coiffée en "Claude Gensac", celle qui était toujours sa partenaire, alors que son mari, Chrysale, joué par le débonnaire Vincent Winterhalter rêve visiblement de charger la barque du côté de Fufu qui mit lui-même en scène l'Avare au cinéma. Il n'en a d'ailleurs pas besoin parce que sa retenue, certains diraient sa lâcheté, en fait un personnage presque flegmatique, qui a la grimace elliptique mais les cheveux en pétard.

Plus généralement, chaque personnage est "looké" par Macha Makeïeff, dont on n'ignore plus qu'elle veille personnellement, et avec toujours un très grand soin, à la conception des costumes et des décors.

Mention ainsi au beau manteau vert en cuir de Henriette jouée par Vanessa Fonte, qui par-dessus le marché est la plus à l'aise dans les vers de Molière. Egalement mention super spéciale aux tenues de Bélise, la sœur de Philaminte, parce qu'elle est jouée par Thomas Morris avec une grâce toute castafiorienne.

Les puristes trouveront sans doute que ces exemples donnent à penser que Macha Makeïeff s'empare de Molière pour le tirer du côté des Monty Python, si l'on veut rester dans le non-sens anglais. La présence redondante d'un chien et d'un toucan empaillés, sans vraie raison, en seront une autre preuve. Macha Makeïeff multiplie les effets visuels qui ne nuisent pas à Molière et l'on s'amusera ainsi des expériences "petit chimiste" menées par Philaminte, Belise et Armande.

"Trissotin ou Les Femmes savantes", c'est d'abord une bonne ambiance et un souci tout féminin de gommer le "machisme" de Molière. Car, si il est d'usage de prétendre qu'il se moque des fausses savantes, celles que peut berner un Trissotin, l'argument ne tient pas parce que Philaminte ne s'exprime jamais de manière ridicule et n'est pas dépourvue de bon sens.

Macha Makeïeff a donc équilibré les deux "équipes", les trois savantes étant plus farfelues qu'idiotes et leurs adversaires quand même parfois ras des pâquerettes, comme Henriette un tantinet futile voire "beauf".

Et même, au final, dans cette version, est esquissée la vie douloureuse d'Armande, l'aînée de Philaminte et de Chrysale, qui choisit d'être "savante", et se prépare une vie de solitude. Maud Wyler fait de ce personnage la touche émouvante de ce spectacle vraiment désopilant, aux accents parfois chantants, qui rend Molière abordable aux petits et aux grands.

 

Philippe Person         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco
• A lire aussi sur Froggy's Delight :

Pas d'autres articles sur le même sujet


# 29 novembre 2020 : Culture Globale

Ca y est vous n'avez plus d'excuse pour ne pas vous rendre dans les librairies, disquaires et autres lieux de culture chers à nos coeurs, alors FONCEZ ! si vous avez besoin d'un prétexte : On n'a jamais été aussi proche de Noël !

Du côté de la musique :

"I know that you know" de Eau Rouge
"In town" de Switch Trio
"May our chambers be full" de Emma Ruth Rundle & Thou
"The messenger" de Hélène Grimaud
"Songs" de Patrick Messina & Fabrizio Chiovetta
"Star feminine band" de Star Feminine Band
"Signs" de Vaiteani
"Stay" de Valerie June
"Grand plongeoir" de Yves Marie Bellot
"Selectorama" Le nouveau mix (S2M4) de Listen In Bed
"De là" de Clarys
et toujours :
"Sweet roller" de Al Pride
"After the great storm" et "How beauty holds the hand of sorrow" de Ane Brun
"Bisolaire" de Fredda
"Stillness" de Laetitia Shériff
"Un soir d'été" de Aurore Voilqué Trio
"Warning bell" de Daniel Trakell
"Trip" de Lambchop assortie de la nouvelle émission de Listen in Bed "Lambchop's Trip"
"Glo" de Manuel Bienvenu
"Serpentine prison" de Matt Berninger
"Je ne vous oublierai jamais" de Morgane Imbeaud
"Lockdown care bundle EP" de Nadeah
"Nashville tears" de Rumer

Au théâtre at home :
avec les captations vidéo de :
"Les Géants de la montagne" de Luigi Pirandello
"Très chère Mathilde" de Israel Horovitz
"Une des dernières soirées de carnaval" de Carlo Goldoni
"Un amour de jeunesse" de Ivan Calbérac
"La Vérité" de Florian Zeller
"Ils se sont aimés" de Pierre Palmade et Muriel Robin
"La croisière ça use" de Emmanuelle Hamett
"Cyrano m'était conté" de Sotha
et un air d'opéra avec "Miranda" d'après Shakespeare et Purcell

Expositions :

en virtuel :
"Gabrielle Chanel - Manifeste de mode" au Palais Galliera
"Cristo et Jeanne Claude" au Centre Pompidou
"Jim Dine - A day longer" à la Galerie Templon

"Kiki Smith" à la Monnaie de Paris
"Pierre Soulages" à l'espace culturel départemental Lympia à Nice
"La "Collection Emil Bührle" au Musée Maillol
"Paris Romantique 1815-1848" au Petit Palais
"Léonard de Vinci" au Musée du Louvre
"La vitrine Gallé" au Musée des Arts et Métiers
et les collections du Musée Guggenheim de New York

Cinéma :

at home en steaming gratuit :
"Caché" de Michael Haneke
"Au loin s'en vont les nuages" de Aki Kaurismaki
"Une valse dans les allées" de Thomas Stuber
"La Lune de Jupiter" de Kornel Mundruczo
"L'enfant d'en-haut" de Ursula Meier
"Le beau monde" de Julie Lopes Curval

Lecture avec :

"L'intériorité dans la peinture" de Pierre Soulages & Anne-Camille Charliat
"Coco de Paris" de France de Griessen
"Considérations sur le homard tome 2" de David Foster Wallace
"Intuitions" de Paul Cleave
"Les aveux" de John Wainwright
"Les ratés de l'aventure" de Titayna
"Un été de neige et de cendres" de Guinevere Glasfurd
et toujours :
"Lire les morts" de Jacob Ross
"La mer sans étoiles" de Erin Morgenstern
"Les filles mortes ne sont pas aussi jolies" de Elizabeth Little
"Batailles" de Isabelle Davion & Béatrice Heuser
"De Gaulle et les communistes" de Henri Christian Giraud

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
www.myspace.com/froggydelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=