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Interview  octobre 2015

Quel est le lien entre la chanteuse de jazz et d’électro pop Jeanne Added (seule ou avec Linnake), la pop expérimentale de Laure Brisa, le rock brut à deux batteries de OK, la musique décalée du Woland Athletic Club (W.A.C.), le jazz rock des Lunatic Toys, le Maloya Réunionnais de Bann Gayar, le Magnetic Ensemble ?

Outre un goût de tous ces artistes pour une musique exigeante (dans le sens qu’elle ne concède en rien à la facilité ou à la gratuité) croisant le jazz, les musiques contemporaines, la pop, les expérimentations diverses, etc., tous se retrouvent sous la bannière de Carton Records, label se présentant comme "minimal et artisanal. Des disques en carton, une musique en béton. Des sorties atypiques pour chaque référence". Un univers pluriel donc mais toujours porté par une musique vivante et érudite, parfois un peu décalée.

C’est le cas pour la harpiste Laure Brisa, collaboratrice notamment de Seb Martel, Bastien Lallemant ou Jim Yaroudis et que l’on retrouve en solo avec Leaving Room. Un disque où se dégage une musique organique aux délicates saveurs oniriques, une pop lo-fi nébuleuse et pénétrante. Si le travail du texte est important (en français, en anglais, en espagnol), Laure Brisa y élargit grâce à son univers hybride où tourne autour de la harpe une pléiade d’instruments, notre rapport au monde dans un champ de recherche et de poésie qui se situe entre concret et abstrait.

Le groupe Lyonnais Odessey & Oracle, comme son nom l’indique, quant à lui rappelle la pop baroque (au sens figuré comme au sens propre) et psychédélique des années 60. Une pop savante finement travaillée qui fait le grand écart entre un certain classicisme (pour l’écriture et les envies d’exploration) et modernisme (pour les arrangements et l’instrumentation : recorders, violes de gambe...).

Odessey & Oracle se joue des formes comme des modes harmoniques ou contrapuntiques, surprend continuellement, passe sa musique au miroir déformant et crée une sorte de pont entre Schütz et les Zombies.

Plus brut et direct, le quartet OK offre une musique roots, à l’os, sans concession résolument folk rock blues, à l’écriture ciselée mais sachant faire évoluer des codes du genre. OK crée une sorte d'effet de balancier entre une musique sauvage (voire sale, presque noise parfois) et des mélodies vocales plus en douceur.

De son côté, (The) Magnetic Ensemble imagine une transe électro jazz comme une version presque dancefloor d’un tandem Steve Reich / Coldcut. La formation inédite emmené par le batteur Antonin Leymarie est composée d’un batteur, d’un bassiste au synthétiseur basse, de deux percussionnistes, d’un pianiste sur piano préparé et de voix (les inséparables Thomas de Pourquery et Jeanne Added et vous savez combien on aime ces deux-là) en cercle autour du public est un anneau de groove hypnotique, tribal et totalement euphorique (Dancing Alone, La Fabuleuse) où se mélangent science du rythme, efficacité mélodique et recherche sonore. Bref, autant de groupes, d’artistes à découvrir et à écouter.

Comme nous ne voulions pas faire qu’un simple catalogue des artistes présents chez carton Records, nous en avons profité pour poser quelques questions à Sébastien Brun, musicien (Linnake, Woland Athletic Club, Bann Gayar, IRèNe…) et directeur artistique de ce label, l’un des plus excitants actuellement en France.

Comment est né Carton Records ?

Sébastien Brun : Carton est né en 2009, si je ne me trompe pas.

Participant en tant que musicien à pas mal de projets en développement à cette époque (OK, Linnake le trio de Jeanne Added, IRèNE), nous avons suivi le traditionnel chemin : répétition, enregistrement démo, envoi à des labels. Nous étions dans une musique de niche, entre rock expérimental, noise ou jazz qui grince.

Plus j'envoyais nos démos aux petits labels en recevant régulièrement des réponses négatives, plus je prenais conscience de l'état de l'industrie musicale. Je ne rêvais pas que ces projets, quelque peu atypiques, cartonnent aux yeux du grand public, mais j'avais envie qu'ils soient tout de même accessibles.

Il me paraît important, vital et nécessaire, surtout en ces temps-ci, de défendre une certaine idée de la culture musicale et de ne pas se laisser happer par la surenchère médiatique et mercantile des grandes industries dites "culturelles".

Ayant quelques connaissances en illustration et en développement de sites, je me suis dit qu'il ne devait pas être si compliqué de monter une série avec nos démos. Je suis tombé sur un fabricant de pochettes en carton pas trop cher, j'ai pressé quelques centaines de disques, trouvé un nom en adéquation avec le processus artisanal, fait à la main : Carton. Un slogan un peu débile "Des disques en carton, de la musique en béton", un attaché de presse (Marc Chonier) et le tout était lancé.

Les trois groupes initiaux ayant pas mal de concerts et d’actualités à ce moment là, nous ayant été remarqués par pas mal de webzines ou dans la presse nationale assez rapidement et Carton est devenu un label presque officiel.

Quelle en serait la ligne directrice ?

Sébastien Brun : J'essaie d'avoir les oreilles assez larges mais il fallait, à mes yeux, ne pas trop s'éparpiller dans les choix des artistes avec qui je travaille. Je me suis dit que pour être cohérent avec mes différentes attirances artistiques, je pourrais faire plusieurs séries ayant chacune son esthétique.

Ce n'est jamais évident de mettre des étiquettes sur des styles, j'ai donc pris comme référence la personne qui n'a jamais trop compris ce que je faisais, ma mère, et créé 3 séries : Croix-Croix, Bâton et Rond.

Bâton : "Rock, pop, folk et les musiques que ma mère qualifierait de trop fortes, mais lui rappelant sa jeunesse".

Croix-Croix : "XP, noise et toutes les choses que ma mère n’écouterait pas du tout".

Rond : "Musiques sur lesquelles vous pourriez, étonnement, retrouver ma mère en train de se déhancher tard dans la nuit".

Comment choisis-tu les artistes qui se retrouvent dans le label ?

Sébastien Brun : J'imagine comme beaucoup de labels indés : le coup de cœur. Les premiers artistes du label sont avant tout des potes, des gens que j’apprécie et au quotidien et dans le travail. En avançant, je me suis mis à travailler avec des artistes que je connaissais moins, mais qui, dans leur démarche, me paraissaient très proches.

N'ayant vraiment pas beaucoup d'argent, voire presque pas, les artistes du label portent la majeure partie de la production et mènent le même genre de combat que moi. Nous allions nos forces pour que de beaux projets prennent vie. Je suis régulièrement étonné que certains artistes, à mes yeux, reconnus viennent toquer à ma porte. Cela fait bien plaisir.

Comment faire fonctionner un label érudit et exigeant en 2015 ?

Sébastien Brun : Avec de la sueur, de l'amour et pas mal de café. Nous sommes une micro-équipe sans bureau (pour l'instant) : je m'occupe de la direction artistique, de la communication, du site internet et de tous les trucs en retard ou que je ne comprends pas vraiment.

Marianne Larrieu s'occupe de l'administration de la structure. Marc Chonier s'occupe de presque toutes les promos presse. Nous avons quelques subventions de temps en temps pour nous remettre à flot. Mais surtout les groupes et artistes, ce sont eux qui produisent quasiment l'intégralité des productions. Ils portent à bout de bras leur musique et je les en remercie.

Nous collaborons et réfléchissons ensemble à comment faire ce que nous avons à faire. Comment toucher un public plus grand. Chacun a ses chemins et ses envies. Nous avons des outils différents mais la même visée.

J'aimerai pouvoir faire plus, avoir plus de moyens mais pour l'instantn ce n'est pas le cas, ou cela me grignoterait encore plus sur mon temps de musicien.

 

En savoir plus :
Le site officiel de Carton Records
Le Bandcamp de Carton Records
Le Soundcloud de Carton Records
Le Facebook de Carton Records


Le Noise (Jérôme Gillet)         
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Du côté de la musique :

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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