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Théâtre 14  (Paris)  janvier 2016

Comédie de Bernard Shaw, mise en scène de Ned Grujic avec Lorie Pester, Sonia Vollereaux, Benjamin Egner, Jean-Marie Lecoq, Philippe Colin, Claire Mirande, Emmanuel Suarez et Cécile Beaudoux.

De "My Fair Lady" à "Pretty Woman", le cinéma a souvent emprunté avec profit l'argument de "Pygmalion" de Geroge Bernard Shaw, lui-même inspiré par "Cendrillon" et la mythologie grecque.

C'est donc tout naturellement que Ned Grujic et son adaptateur complice Stéphane Laporte ont déplacé l'époque où se situait l'intrigue de sa pièce. A l'avant première guerre mondiale, ils ont préféré l'après seconde guerre mondiale avec le parti pris d'évoquer l'âge d'or hollywoodien, celui du technicolor et du cinémascope.

Voilà donc le professeur Higgins, spécialiste des dialectes les plus divers, à commencer par le "cockney" londonien, au service d'Hollywood et sa chère mère mondaine, ancienne rivale de Gloria Swanson aux temps du muet.

Quant à Élizabeth Doolittle, la moderne Cendrillon, elle vend des bonbons devant l'Astoria, le plus chic cinéma londonien. Cette transposition permet à Ned Grujic de déployer son habituel talent pour créer un univers visuel parfaitement raccord avec le sujet traité.

Ici, tout prend les teintes des premiers films en couleur dans lesquels costumes et décors ne visaient pas forcément le réalisme, mais amplifiaient l'effet onirique du technicolor.

Dans son décor, Danièle Rozier n'hésite pas le fond orange et les canapés jaune vif, alors que Virginie Houdinière ose des costumes unis très purs, comme cette belle robe verte où rayonne Eliza. Quant aux lumières d'Antonio De Carvalho, elles retrouvent souvent cette ambiance particulière qui faisaient le charme des films très colorés de Vincente Minnelli ou de Douglas Sirk.

Pour renforcer cette soirée en "scope", chaque décor est pourvu d'un cadre qui peut se transformer en écran cinéma où l'on verra des vraies et des fausses images d'archives. Ainsi, dans les actualités britanniques traitant de la première londonienne de "Vacances romaines" on aura à a la fois la présence de la jeune Audrey Hepburn et celle du professeur Higgins et d'Éliza métamorphosée elle aussi en quasi princesse.

Toujours de bon goût, et sans incidence sur la pièce dont le déroulé est scrupuleusement respecté, les trouvailles de Ned Grujic enchantent. On se souviendra de cette double danse, à la fois en noir et blanc sur l'écran et sur scène en couleurs cinématographiques, qui montre que Lorie Pester est efficace dans les deux supports.

Il ne faudra d'ailleurs pas beaucoup de temps pour comprendre qu'avec "Pygmalion", elle prouve qu'elle est une comédienne à part entière. La petite vendeuse mal embouchée devient une belle jeune femme et Lorie n'est plus une chanteuse adolescente, mais une artiste accomplie toute à sa joie de découvrir le monde du théâtre.

Il faut dire qu'elle a des partenaires d'une qualité exceptionnelle, à commencer par Sonia Vollereaux, qu'on est heureux de retrouver en Mrs Higgins, Jean-Marie Lecocq, qui donne toute sa truculence au personnage du père d'Éliza, et Benjamin Egner qui réussit à faire du Professeur Higgins un goujat élégant.

Philipe Colin, Claire Mirande, Emmanuel Suarez et Cécile Beaudoux complètent avec entrain cette distribution brillante qui, à l'instar de son metteur en scène, n'a qu'un but : servir l'oeuvre de George Bernard Shaw.

Si Ned Grujic a la modestie de ne pas chercher à revisiter "Pygmalion", il a la grande ambition de proposer un divertissement de qualité à un public pas forcément très féru en matière théâtrale. Il y réussit totalement et contribuera sûrement à le faire revenir voir d'autres spectacles vivants. Quant à son "Pygmalion", on lui prédit un beau succès mérité.

 

Philippe Person         
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Pas encore de vaccin, pas encore d'espoir de voir réouvrir les lieux culturels mais toujours notre sélection pour agiter vos sens et continuer de soutenir les artistes qui en ont bien besoin. Et n'oubliez pas, tous les jours un programme différent sur la TV de Froggy's Delight.

Du côté de la musique :

"Bareback" de Acquin
"Tu m'apprends" de Andréel
"Let my people go" de Archie Shepp & Jason Moran
"Roden crater / Basquiat's black kingdom / Laurel canyon" de Arman Méliès
"Monument ordinaire" de Mansfield TYA
"Glowing in the dark" de Django Django
"My shits" de Dye Crap
"Medicine at midnight" de Foo Fighters
"In a silent way" le mix #14 de cette saison 2 de Listen In Bed
"Alors quoi" de Meril Wubslin
"Old western star" de Nico Chona & the Freshtones
et toujours :
"Freeze where U R" de Brisa Roché et Fred Fortuny
"Richard Strauss : An Eisamer Quelle - A une source solitaire" de Christophe Sturzenegger
"Encounter" de Beyries
"I, the bastard" de Wassailer
"Debbie et moi" de Thomas Cousin
"Only Smith and Burrows is good enough" de Smith & Burrows
"Tango" de Pascal Contet
"If you know, you know" le mix #13 de Listen in Bed à écouter
"Paysages" de Raphaële Lannadère
"Les molécules fidèles" de Emmanuel Tugny & John Greaves
"Dynah" de Dynah

Au théâtre au salon :

avec les captations vidéo de :
"Fanny et Alexandre" d'Ingmar Bergman
"La Fuite !" de Mikhaïl Boulgakov
"King Kong Théorie" de Virginie Despentes
"Les Topor #2 - Prix de l'inattendu" au Théâtre du Rond-Point
"Chantons, faisons tapage" de Thomas Jolly et Laurent Campellone
"Darling chérie" de Marc Camoletti
"J'aime beaucop ce que vous faîtes" de Carole Greep
"Bonne année à toi même" de Pauline Daumale
"Chers" de Kaori Ito

Expositions :

en virtuel :
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"Plein air - De Corot à Monet" au Musée des Impessionnismes à Giverny
"Figure d'artiste" au Musée du Louvre
"Matisse - Comme un roman" au Centre Pompidou
"Le dessin sans réserve" au Musée des Arts Décoratifs
"Jardins d'Orient - De l'Alhambra au Taj Mahal' à l'Institut du Monde Arabe
"Ivan Navarro - Planetarium" à la Galerie Templon

Cinéma :

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"L'Amant d'un jour" de Philippe Garrel
"Les Brigades du Tigre" de Jérôme Cornuau
"There will be blood" de Paul Thomas Anderson
"Beyond the Sea" de Kevin Spacey
"Mishima, une vie en quatre chapitres" de Paul Schrader

Lecture avec :

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"88" de Pierre Rehov
"Blanc autour" de Wilfrid Lupano & Stéphane Fert
"Dictionnaire des mafias et du crime organisé" de Philippe di Folco
"Le rapport Brazza" de Vincent Bailly & Tristan Thil
"Les amants d'Hérouville - un histoire vraie" de Romain Ronzeau, Thomas Cadène & Yann le Quellec
"Monstres anglais" de James Scudamore
"Vers le soleil" de Julien Sandrel
et toujours :
"Aucune terre n'est promise" de Lavie Tidhar
"Histoire de l'armée italienne" de Hubert Heyriès
"L'inconnu de la poste" de Florence Aubenas
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